Elle a la larme peinte sur la joue, comme Yodelice. Mais son répertoire est tout autre. On la compare autant à Frida Hyvönen, Regina Spektor ou Kate Bush. On pourrait même ajouter Tori Amos, puisque cette belle est au piano et manipule avec une telle maîtrise sa jolie voix. Quant à la langue maternelle, le russe, celle de son pays, le lituanien, et l’anglais, il s’agit d’éléments suffisant à inscrire son répertoire bien au-delà des comparaisons restrictives. Elle le prouve largement au fil de ces seize titres musicalement osés. L’agilité des doigts exerce une sautillante ligne claire sur laquelle Alina Orlova laisse courir une spontanéité inventive et contagieuse. Cette dernière, déterminée par l’envie de s’échapper du répertoire classique obligé, constituant en grande partie sa formation musicale, détourne des chemins ordinaires ses chansons magiques. Il faut un peu de temps pour laisser l’oreille se faire à ses sonorités et mélanges audacieux. Mais la séduction opère vite. Il y a quelque chose de précieux dans le grain de voix qui évoque celui de la chanteuse de El Pero Del Mar : cette vibration aux limites de la fragilité émotive, gracieuse. Est-ce une particularité propre aux chanteuses venues du nord ? Le froid et l’austérité que cela évoque d’emblée ? Imagination faussée, sans doute, puisqu’un feu brûle au cœur de ces chansons qui instillent au fil des écoutes un venin merveilleux, une pure beauté dont on ne peut soudain plus se défaire. Magnifique et intense !

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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