Un disque abordé avec suspicion. Qu’est-ce que Pierpoljak va nous faire cette fois ? Dès l’entrée, un bel hommage à Aimé Césaire disparu récemment, intervention de Dédé Saint Prix à la flûte créole comprise. Le reggae habituel tend ici à ressembler à de la chanson. Une légèreté due à une dominante acoustique qui se vérifiera sur l’ensemble des titres. L’enregistrement made in France change du côté roots recherché par le passé. Cependant, Pierpoljak gagne ainsi d’évidence une couleur qui lui appartient bel et bien. Le principal thème abordé est celui de la solitude sentimentale, le couple séparé, l’enfant balloté entre père et mère (« Jahid »), les espoirs indispensables (« Awa »). Il reste critique à sa façon (« Nick la menace », « Smith & Wesson ») et finit avec le titre éponyme, « Légendaire sérénade », contant la joie et l’amour retrouvés. On peut reprocher à l’artiste d’être un peu trop premier degré dans son écriture qui apparait souvent comme une poésie adolescente, mais les rimes vont avec le grain de voix particulier, moins forcé cette fois, qui reste la signature évidente du chanteur. Et puis il y a « J’me comprends tout seul », avec ses citations références (Renan Luce, Guizmo, Tiken Jah…) qui peut faire très bonne impression en radio. La modestie de l’ensemble est plutôt inattendue et bienvenue. Ecoute très agréable.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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