FATALS BRETONS

 

Quand la musique a toujours fait partie de votre vie parce qu’elle a un pouvoir salvateur. Parce qu’elle apporte autre chose que la mornitude. Parce qu’elle suffit à donner du baume au cœur et qu’elle sait transmettre le plaisir. Parce qu’elle n’est surtout pas sectaire, ni raciste, ni suffisante – quoique, et là nous deviendrons critique ! La musique est un bonheur qui vient de l’intérieur. Alors on lui donne tout, coûte que coûte. On ne compte plus les jours et on déteste l’ambition ambitieuse. On s’accroche d’abord à sa passion. Parce que la passion est exempte de tout contrat social pervers. C’est un peu-beaucoup dans cet esprit que Pierre, alias Edouard Nenez, a décidé un beau jour de s’inscrire et, progressivement, d’embarquer tout un petit monde dans l’aventure. Quoi de mieux qu’une rencontre pour qu’il nous conte les aléas –non caricaturaux -, d’un groupe de rock en France, au XXIème siècle !

 

Extendedplayer : Bonjour Pierre. Puisque le groupe connait un nouveau « line-up » depuis peu, peux-tu faire un retour sur l’histoire d’Edouard Nenez, des origines à nos jours ?

 

Edouard « Pierre » Nenez : Au départ c’était un duo avec un guitariste et un chanteur. Le tout en acoustique. C’est à l’occasion du festival Les Aventuriers que le duo s’est constitué (à l’époque Pierre produisait des cassettes sur lesquelles il compilait des titres dans un délire très personnel, mixant punk et new-wave – ndlr). Ensuite il y a eu une boite à rythmes. Puis un bassiste, et un clavier, avec Thierry (AE) qui a réalisé notre premier album. Il joue maintenant avec Charles de Goal. Les musiciens ont eu envie, à un moment donné, de partir vers d’autres horizons.

 

Extendedplayer : C’est à ce moment que se constitue la nouvelle équipe ?

 

Edouard Nenez : Oui. Moi je ne voulais pas me retrouver tout seul pour faire de la musique. Donc j’ai passé des annonces sur Audiofanzine. On a eu un premier guitariste qui est resté avec nous pendant un an et demi-deux ans. Il nous a dit : « les groupes c’est comme les femmes, jamais plus de deux ans. » Il ne nous l’a dit qu’à la fin. Mais je crois que c’était quelqu’un qui n’était pas très à l’aise avec nous. Il était très brillant comme guitariste et ce que l’on faisait était peut-être un peu limité pour lui. Et puis, d’un côté politique, il n’était quand même pas d’extrême gauche, quoi ! (rires) Du coup j’ai recruté un autre guitariste. Et entre-temps est venu un deuxième bassiste, puis un clavier. Mais pour ce dernier c’était différent. Il s’est imposé. Un jour j’ai reçu un coup de téléphone : « Il parait que vous cherchez un clavier, alors ne cherchez plus, vous l’avez trouvé. C’est moi ! » En fait il jouait déjà dans un groupe, et c’est un de ses potes qui lui a dit qu’Edouard Nenez et les Princes de Bretagne cherchaient un clavier. Il nous connaissait de nom. Je pense qu’il ne nous avait jamais vus sur scène, mais nous faisions une musique qu’il aimait bien. Quand il est arrivé, il connaissait les morceaux par cœur, il faisait les chœurs, il chantait tout. Il nous connaissait sur disque et connaissait toutes les chansons. Cela fait super plaisir quand un musicien arrive, qu’il connait tous les morceaux et qu’il est super enthousiaste. C’est vrai que la fin avec les autres musiciens était un peu longue et laborieuse. Ils n’avaient plus envie. Nous n’arrivions plus à composer.


Extendedplayer : Et le batteur par contre n’a pas changé ?

 

Edouard Nenez : C’est l’ancien batteur de Mococa, un groupe basque. Il avait fait d’autres trucs avant. S’il s’en va, le groupe s’arrête, je pense. On s’entend super bien. De toute façon j’ai décidé d’arrêter le groupe quand j’aurai cinquante ans, c’est bientôt. C’est sérieux. En 2012, Edouard Nenez et les Princes de Bretagne s’arrêtera.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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