« Si nous venions à perdre le contrôle… » Romain Humeau se demande « combien de temps encore comme ça ? ». Eiffel se veut témoin d’une époque perturbée et perdue. Témoin, mais aussi acteur, passeur d’hymnes (déjà avec « A tout moment la rue »), et, évidemment, porteur d’espoir. Il y a cette force vive. Elle transparait, respire et transpire, dans la tension musicale. Romain est un arrangeur né.  Il y a toujours ce fil tendu sur lequel s’exposent toutes les lignes instrumentales. Cette fois, il y a aussi, encore plus présents, des « trafics » sonores grouillant partout parmi cet ensemble de titres. Un moyen fort donnant une consistance plus prégnante aux sujets portés. Pour pousser le bouchon au-delà de ces manières propres au quatuor, deux duos bien sentis figurent au programme. Tout d’abord « Chaos Of Myself » avec Phoebe Killdeer, longue digression sauvage, avec une coda à la « Hey Jude » version 2012. Le bordel social a des répercussions sur l’individu. Le chanteur ne s’en exclut pas et expulse sa colère par ces mises en scène sonores. Cela juste avant un sublime « Foule Monstre », à l’image des solitudes qui se côtoient par milliers, géant paradoxe dans lequel chacun tente de trouver un écho à ses rêves. La question de la liberté, des frères ennemis, d’une récurrence tragique et morbide en autant de titres en résonance. Arrive alors le second duo, « Lust for Power », couplets partagés avec Bertrand Cantat et refrains emportés en chœurs massifs, taillés dans le vif de la révolte. Utilise-t-on encore le terme engagé pour de telles chansons ? Ce ne doit pas être la volonté spécifique du groupe. Plus qu’un message, ce serait plutôt l’énonciation d’un constat comme une provocation jetée à la face d’une immobilité imbécile ambiante. Les paroles de Romain Humeau disposent de leur propre poésie, qu’accompagne à souhait mélodies et sifflets (« Foule Monstre » – encore -, « Puerta Del Angel », et, dans une certaine mesure « Venus From Passiflore », développant des ambiances dissonantes reposant sur des couches de mellotron).

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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