pochette La beauté de l'idée domComme un gamin qui rêve, l’attente impatiente de l’album de Dominik Nicolas, compositeur de tous les hits d’Indochine jusqu’au huitième album, commençait à peser. Surtout après un premier lâcher de single (« Underground ») confirmant la couleur d’une musique tant désirée. Au tout début des années 80, un son de guitare dominant s’est imposé, ouvrant les portes d’une nouvelle ère musicale. Plus new-wave que punk, mais surtout une ouverture vers d’ingénieuses associations modernes entres cordes et synthés. Une qualité sonore autre, à même de conserver le feeling propre au rock’n roll et ses rythmiques endiablées, avivant de puissantes et contemporaines pulsions émotionnelles. De la simplicité d’une « Dizzidence Politik » aux variations singulières de « Salômbo », un potentiel magique qu’aucun autre groupe français n’a su maîtriser avec autant de dextérité. « La Beauté De L’Idée » n’a rien perdu de cette fraîcheur, sans pour autant donner une impression de retour en arrière. Nous sommes bien en 2015. Le titre de l’album est en adéquation avec son contenu. S’il arrive de penser croiser Jacno et Daho au travers de ces lignes mélodiques, notamment le grain de voix, la signature de Dominik est permanente (partie instrumentale de « La Balançoire » pour exemple). La légèreté est induite. Une légèreté à prendre comme l’un des atouts principaux d’un style unique. « Sous Quelle Etoile Suis-Je Né », reprise d’une chanson de Michel Polnareff, s’intègre sans façon dans le track-listing, à mettre en parallèle avec le troisième titre, « Le Soleil Est Comme Toi » pour leur traitement, du coup, encore plus en résonnance avec les eighties, une chanson choisie peut-être pas seulement pour son charme, mais aussi pour certaines phrases bien précises. Un peu plus loin, « Légers Comme L’Air » démontre cette capacité à fusionner et transcender avec excitation des sons qui auront marqué des époques repérables, jusqu’à aujourd’hui, pour aller vers une osmose intemporelle (« Envie d’air, sur la terre »). Les guitares de Dominik ont la vie très belle, et sont si bien emballées, que la séduction ne peut qu’opérer. « Mon Rêve », adaptation du poème « Mon rêve familier », de Paul Verlaine, et son refrain : « Amour impossible, illusions perdues », est la ballade symbiotique de l’album. Un titre qui devrait faire des ravages, encore plus auprès de ceux qui apprécient particulièrement le slow. Finalement, comme tous les disques que l’on apprécie fort, l’écoute vaudra beaucoup mieux que la lecture de ces quelques mots. Mais il devient tellement rare aujourd’hui  de conserver autant de plaisir d’un bout à l’autre d’un album, que l’envie d’en dire le plus grand bien est trop forte. Encore plus lorsque le guitariste a été, à un moment donné, aussi impactant sur l’évolution musicale d’une génération ! Et qu’il reste, après plusieurs décennies, toujours aussi excitant dans ses propositions…

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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