De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

 

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Waouh, conseil pour écouter cet album la première fois : mettre le casque sur ses oreilles, monter le son, apprécier ce petit riff de guitare acoustique, et… surprise. Nous n’en dirons pas plus. C’est toujours délicat de chroniquer ce genre d’album. Ou plutôt « ce genre d’artiste ». Quand on est issu d’une émission de télé-réalité, l’équipe d’Extended Player reste méfiante. Mais bon, on se risque à l’écoute. Toute « création » mérite un minimum de respect. S’il est vrai que Soan – qui de toute façon est très à l’aise dans son monde et assure -, a tendance à rappeler les univers d’un Mano Solo et autres Têtes Raides, voire même la rage d’un Noir Désir, il en impose. En réalité, Soan vient de franchir un grand pas. Il vient de vivre la rémission, revenu d’une vie d’excès et écœuré par l’univers parisien du show-biz. « Retourné vivre » près de Narbonne, c’est d’un pied nouveau qu’il se lâche, avant tout pour la musique, toute la gloire dans l’impatience des guitares. La hargne ou la poésie. Car il ne veut rien s’interdire : « de la musique comme lorsque j’avais quatorze ans ». C’est cette humeur sincère qui transpire d’un bout à l’autre de ces quatre saisons, composées chacune de quatre chansons – trois pour le printemps. Et comme c’est l’été qui vient en dernier, on se dit que le cap maintenu conservera tout ce qu’il y a de plus positif. Envie de dire que l’on a sous la main un vrai disque de rock (« Fakir », « Quand Je Serai »), vrai disque de rock car, au-delà de ces impulsions énergétiques, tremblent d’émotionnelles ballades comme « Un Verre Sur Deux ». Ce serait d’ailleurs plutôt du Brel que du Mano qu’il y a dans sa voix, avec ce trémolo à la Gaëtan Roussel, chant plein, rocailleux sans artifice, réellement habité : « Elles sont cruelles nos rengaines, elles sentent le combat perdu ». Et même « Adonaïe » qui tranche carrément dans le rap, ne dénote pas. Très réussi. C’est un disque surprise, avec ses trois duos où Soan partage le chant, ou les chœurs enflammés (« Petit cadeau »), avec Djazia Satour, l’ex-chanteuse de MIG. Des guitares sixties qui font la fête (« Collocation »), pour ajouter une touche supplémentaire de cette fameuse six cordes à l’honneur. Rien qu’à les entendre sur « A côté » par exemple, on est obligé de ressentir la partie de plaisir qui semble avoir dominé l’enregistrement de cet album. Et puis, pour couronner le tout, la quatrième chanson qu’il manquait au printemps arrive, cachée après quelques minutes de silence. L’hommage de Soan à la plus sombre des actualités, avec son « Je suis Charlie » : « Même Lénine voulait chanter Lennon Il manque le la de la Gibson » et l’inverse un peu plus loin. Franchement pas déçu. Bien au contraire.

 

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