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« Elle a dompté un loup qui la suit comme un chien », puis, « Ils ont tué le loup,  elle porte sa peau », « Senga » ouvre symboliquement et avec classe cet album d’Agnès Gayraud, La Féline. Un nom de groupe (solo) qui n’est pas sans rappeler une fameuse pochette noire, celle des créateurs d’ « Always The Sun », The Stranglers, même s’il n’y a pas franchement de rapport directement lisible. Pourtant, les guitares claires et les rythmiques, dès le départ, posent une ambiance qui tiendra de bout en bout, sur toute la longueur du disque, une ambiance particulière qui pourrait revendiquer une âme baignée dans une new-wave dont les aspérités rock issues du punk se seraient apaisées dans un « Midnight Summer Dream ». La présence très justement dosée de paravents synthétiques stylés offre un  écrin de velours rayonnant aux compositions (« Trophée ») alors que la compositrice n’hésite pas à glisser des incursions vitales et contemporaines de cuivres très free (« Le Royaume »). « Triomphe » est un album qui ouvre la porte au ravissement de la découverte, en se laissant guider dans les paysages par le pouvoir des détails sonores, un trésor de richesses constitué de toutes ces petites astuces ornementales que figurent des arrangements, sachant tout autant s’imposer avec discrétion, tendresse ou affirmation. Quelque part rôdent deux fantômes, celui de Diterzi pour certains phrasés et harmonies vocales, mais aussi celui d’Agnès Obel, pour ces constructions faussement fragiles, mais d’une brillante et admirable fluidité. Pas envie d’en dire plus tellement la musique parle d’elle-même, avec cet autre qualité qu’est la compréhension, puisque cet album, chanté en français, a largement de quoi prendre l’auditeur par le rêve, et le mener vers d’autres horizons, mystiques, sensuels et infinis.

 

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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