Pochette Adrian Clarck

Mince ! Avec le passage au numérique, nous sommes de moins en moins habitué à l’écoute par le biais de support physique. Voilà un cd qui commence mal. Il saute… Retirons le du lecteur et essayons à nouveau. Idem. Laissons tourner… « Imagine all the people… » Il ne saute pas le chant. C’est une version volontairement orchestrée de la sorte. C’est pourtant le second album du trio Adrian Clarck que nous avons entre les mains. Un trio composé de Damien Argentieri, prioritairement à l’orgue Hammond (Nord C2 pour les connaisseurs puristes qui accepteront la modernisation) ou au Fender Rhodes, de Sandrine Conry au chant, et de David Pouradier Duteil, celui qui fait parler sa batterie. Celui-là, on le retrouve aux côtés de Robyn Bennet, voire avec Malicorne, donc sur des répertoires très variés. Alors notons qu’il n’y a pas d’Adrian Clarck dans ce trio. Remarquons surtout cette aptitude très déterminée à imposer une couleur dominée par ce fameux son Hammond. C’est lui qui va présider, subtilement associé au chant très libre et puissant de Sandrine, une suite de titres mêlant reprises et compositions originales. Ce qui était déjà le cas sur le premier album. Avec « Imagine », on comprend bien que les musiciens ne font aucun cas du copié-collé qui aurait été très maladroit. L’idée est de se lâcher créativement sur la proposition de base. Dans « Softly », ça part dans une sorte de free-jazz très appuyé, mais en conservant toutefois l’aspect cool impliqué par le thème. Ça peut délirer dans les arrangements et invités souriants (intro de « Hop Scotch »), surprendre en reprenant Björk sans fausse note (« Bachelorette »), en se la jouant chanson française (« Parce Que »), en sensualisant un thème très rock (« What You Got Is Alright »), en se la coulant super douce – enfin surtout dans la première partie et à la fin (« Away By Your Side »), ou en transformant un « Ol’ Man River » en une sorte de marche militaire avant d’en faire un  gospel. Adrian Clarck n’en fait qu’à sa tête sur ce territoire que lui seul explore. C’est tout ce qui fait son charme et sa splendeur. Un haut niveau qui mérite une belle reconnaissance. Plus que conseillé à tout amateur de jazz « ouvert ». Pour vous en convaincre, mettez le casque à fond sur vos oreilles et enclenchez la piste 10 : « Stayin’ Alive », dans une version finalement pas très Bee Gees. « Peace Is Coming Down » !

 

 

 

 

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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