Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Un mois après les concerts de Die Antwoord, de La Fonky Family, House of Pain, Birdy Nam Nam, Soulwax ou encore Vald, n’est-il pas nécessessaire de se replonger dans la nostalgie de ces deux jours musicaux interminables et mémorables ?

De notre côté, on a commencé avec le concert de PRINCESS NOKIA. Ce fut un beau combo de Niak et de féminité: flow, twerk, grand écart et rap incisif se sont enchaînés face à un public complètement sous le charme.

 

S’ensuivit le show de Demi Portion. Comme à son habitude et malgré sa courte intervention, ce rappeur sètois a su toucher sa cible. Ses couplets emplis d’humilité et de sincérité ont fait l’unanimité. Lors d’interludes, l’artiste a pris le temps de remercier les bénévoles du festival, son public, ses deux acolytes et son Dj. Dj Rolex nous a d’ailleurs accordé un splendide solo, accompagné uniquement de sa MPC. Après cette prestation scénique, on constate encore une fois que Demi Portion, pourtant appelé “petit bonhomme”, est un grand homme, un rappeur passionné qui mérite vraiment son succès. Rares sont les artistes comme lui qui restent simples et intègres. La seule chose que l’on peut reprocher à l’artiste, fut cette impression d’être tenu par le temps. Demi Portion n’arrêtait pas de regarder sa montre, précisant le peu de minutes qui lui restaient avant de devoir quitter la scène. Pour cause, seul 30 minutes de concert lui ont été attribuées. (Pour en savoir plus sur le concert de Demi Portion, voici un article à ce sujet).

House of Pain a été notre prochaine étape. On aurait pu croire que l’on assistait à un concert de métal tellement les artistes envoyaient de l’énergie au public: batteurs et musiciens s’épuisaient afin d’offrir une prestation énervée.

 

 

Puis, ce fut le tour du groupe tant attendu : La Fonky Family. Une apparition sur scène peu probable puisque le groupe n’existe plus en tant que tel. Le public semblait venir de toute la France pour assister à 1h30 de concert. Plus de 7000 personnes étaient sur place, chantant les refrains du groupe mythique, allant même jusqu’à reprendre l’intégralité d’un des couplets du rat Luciano. Une vidéo a permis d’agrémenter le show, allant jusqu’à l’explosion visuelle en fin de concert. La surprise fut, comme lors du concert réalisé en hommage à Pone un an auparavant, la venue d’artistes marseillais sur les deux derniers morceaux : K-Rhym le Roi, 3e Oeil et Faf Larage. Mais si la prestation en tant que telle était mémorable, la qualité sonore de la salle a nettement dégradé la qualité du concert. Un point hautement regrettable quand on sait ce que représente un tel concert pour toute une génération.

 

 

Le Pionnier De La Soul a pris la Suite de la FF. C’est face à un public déjà bien fatigué des précédents shows, mais particulièrement attentif, que ces rois américains ont scindé leurs premières rimes. Le coffre vocal du rappeur a su, sans effort, dynamiser la salle: les classiques du groupe générant un franc succès.

 

Ensuite, nous avons fait un léger tour au concert de Birdy Nam Nam, qui présentait pour la seconde fois à Marseille son album “Dance or die”. Électrique et déjanté, sont les deux mots qui semblent résumer leur show.

Puis ce fut le tour d’Alltta, le groupe que nous attendions le plus. Pour cette édition, ce concert fut sans doute notre préféré. Ce qui reste totalement personnel puisque la différence en terme d’ambiances et d’artistes présentés était de taille. (Pour en savoir plus sur le concert d’Alltta et sur ce groupe, l’article est disponible via ce lien).

Le deuxième jour du festival débuta avec Guirri Mafia, collectif de rap marseillais. Il n’y a pas foule mais les quartiers soutiennent, donc c’est “le feu”. Malgré du playback qui aurait pu être évité, on ne peut pas nier que l’énergie et la qualité était présentes.

 

Puis, changement d’ambiance avec du show, du vrai. L’animation lors de Die Antwoord est surprenante et démesurée: ambiance à l’américaine, scène et estrade immense avec étages, décors et projectiles, fumée, costumes improbables, danse, visuels “Drugs & Sex” plutôt psychédéliques, le tout alternant avec des solos de chants, de quoi marquer les esprits pour plusieurs jours !

Little Simz, quant-à-elle, fait dans la simplicité et la performance: flow fast et solo de guitare, du HipHop efficace!

 

La suite de la soirée fut malheureusement un peu décevante : Vald semble avoir misé plus sur son décor que sur sa prestation scénique et, Tommy Cash, qui a su, par son clip “Winaloto”, montrer son excentricité, parait quelque-peu banal sur scène. Il est accompagné uniquement de lui-même alors que l’on s’attendait à un peu plus d’originalité. S’ensuivit l’annulation du concert de $UICIDE BOY$, que nous attendions avec impatience. Cela a marqué pour nous la fin de l’événement, et le retour au bercail.

D’une façon plus générale, Extended Player a décidé de laisser la magie de Marsatac s’estomper pour analyser à froid cet événement. Après avoir recueilli les avis multiples et divergents du public et des professionnels, que peut-on conclure de cette édition 2017, de ce nouveau lieu et de cette nouvelle date? Effectivement, comme nous l’avions écrit précédemment (article disponible ici), 2017 annonçait un changement drastique pour cette nouvelle édition.

 

Nouveau lieu :

Marsatac au parc Chanot, cela fait jaser. Cela n’a ni la même classe, ni la même symbolique que lorsque cela se produit à La Friche ou Au Dock des Suds. Pour parler symbolique, voici un article qui a fait parler de lui, suscitant quelques polémiques….. Mais si l’on s’en tient uniquement à la qualité du festival, cela a tout de même de lourdes conséquences. Le Parc Chanot est un lieu assez grand et adapté pour recevoir du public, mais ce n’est pas pour autant un espace prévu pour se transformer en plusieurs salles de concerts. Et, autant dire que tout le monde l’a ressenti. L’acoustique n’était pas au rendez-vous. Selon les salles et l’endroit où l’on se situait, on n’assistait pas au même concert. Les morceaux pouvaient passer de l’inaudible à un son totalement acceptable. C’est d’ailleurs pour cette raison que les avis sur l’événement divergent autant. Certains étaient aux anges alors que d’autres ont préféré revendre leur place pour le second jour plutôt que de subir une nouvelle fois ces défauts sonores. Au-delà du son, l’environnement et l’aménagement de l’espace était moindre comparé à l’année passée. Les corridors de la Friche emplis d’effets sonores et lumineux, reprenant la thématique du loup, n’ont pas connu d’équivalent en corrélation avec le nouveau thème: le Rouge. Bien que certaines salles étaient dotés de jeux de lumière plutôt remarquables, cette édition aura mis un point d’honneur sur certains éléments plutôt que sur la totalité du lieu. Marsatac a donc perdu un peu de sa magie.

En revanche, le point positif était l’Espace! Au Parc Chanot: On respire et on s’oriente facilement. Chaque bâtiment était visible depuis la cour centrale et le nom de chaque artiste actuellement en plein show était projeté sur son bâtiment. Un plus notoire qui a permis de ne pas passer à côté des artistes que l’on souhaitait voir. De plus, on ne peut que confirmer le franc succès de l’espace détente incluant chaises longues et gazon, le tout superbement situé face aux bars!

 

Nouvelle date :

Habituellement, c’est en septembre qu’on se rue dans les différentes salles de Marsatac. Mais cette année, l’événement a opté pour le début de l’été. Il s’est tenu en juin.

Certaines discussions entendues au sein de l’espace professionnel du festival permettent de comprendre que cette période marque la fin des tournées de la majorité des artistes. Ainsi, les programmateurs du festival se sont souvent heurtés à une faible quantité d’artistes programmables, réduisant finalement leurs possibilités.

Pourtant, opter pour juin, c’est laisser un vide, une période creuse en septembre, pour finalement se concentrer, comme tout le monde, sur la période estivale. En effet, le week-end du 23 et 24, les événements se multipliaient dans la ville, répartissant ainsi la masse de marseillais dans différents espaces et réduisant l’audimat possible pour chaque concert. Bien entendu, la dimension et la notoriété de Marsatac a permis de maintenir le nombre de festivaliers. C’est plutôt les événements connexes qui ont du en pâtir et subir les conséquences de ce changement de période. Par ailleurs, on nota que cette année les tarifs ont subit une petit inflation qui n’a guère plu. Les critiques se sont faites entendre et certains habitués se sont résignés et ont opté pour des événements plus accessibles financièrement.

Malgré ces désagréments, le festival a été Un Vrai Événement en soi! La programmation, fidèle aux attentes, regroupait des artistes de qualité. Certes, certains groupes faisaient partie de ceux programmés dans de nombreux festivals de France, mais d’autres ont apporté une vraie plus-value à notre événement annuel marseillais.

Photos de La FF, House of Pain et De La Soul réalisées par Phot Oliv
Photos de Princess Nokia, Guirri Mafia et Little Simz réalisées par Léa S.

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