Auteur, consultant et président de PARNAS' (label associatif), Vincent KITHAROS est passionné par la scène émergente et la littérature. Vincent est chroniqueur depuis 2015 pour Extended Player.

 

 

Au Dock des Suds, juste avant que Taïwan MC ne doive partir faire ses balances, on a pu faire un point presse avec le MC le plus reggae du Chinese Man Records. On a parlé Dub et voyages pendant une demi-heure… Que du bonheur !

 

Tu fais partie du label Chinese Man Records, comment vous êtes-vous rencontrés ?

On s’est rencontré via un ami commun qui est TCHIKY AL DENTE, patron du label Clek Clek Boom. Il a aussi été le DJ résident de la Favela Chic à Paris. C’est un club, restaurant, bar brésilien, moi j’étais Mc là-bas. Ce DJ, Tchiky était très pote avec Matthieu des Chinese man. Il me disait tout le temps : « Faut que je te présente un groupe qui s’appelle Chinese Man ! ». Moi je ne les connaissais pas et un jour j’ai entendu Chinese Man à la radio, j’ai trouvé ça vraiment pas mal et voilà. Un jour il nous les a présentés et eux cherchaient un MC pour le morceau « Miss Chang » ainsi que pour une tournée. De là j’ai fait le featuring, puis la tournée et je ne les ai plus quittés !

 

Dans Miss Chang, il y a des featurings sur chaque morceau, le label de Chinese Man il essaye de faire de nombreuses collaborations, d’avoir beaucoup d’artistes différents.

A la base, le groupe Chinese Man, les trois ne sont pas chanteurs, ni vraiment musiciens, ce sont des beatmakers, sampler, DJ et tout. Donc ils aiment bien inviter fréquemment des musiciens ou des chanteurs sur leurs prods.

 

Vous collaborez entre artistes au sein du label ?

Oui, oui, après on se connait tous au sein du label donc on collabore tous ensemble. Ça arrive que ce soit organisé, ça arrive que ce soit plus au hasard mais ouais, y’a pas mal d’échanges qui se font.

 

D’où vient le nom de Taïwan MC ? 

Alors en fait c’est par rapport à l’herbe, « Taï », la beuh que je fumais et que je vendais quand j’étais jeune et Wan parce que j’étais fan de graffitis. Je mettais toujours Wan après les noms… Donc Taïwan. Voilà. On est en France donc je peux donner cette explication. Dans d’autres pays je trouve des explications mystiques, mais là pas besoin (rire). Quand j’ai trouvé ce nom là je ne connaissais même pas Chinese Man. Moi je viens de Paris à la base, j’ai commencé ma carrière dans les années 90, Chinese Man aussi de leur côté, mais on s’est rencontré seulement en 2010. Moi j’ai trouvé ce nom là : « Taïwan » en 2004 ou 2002, c’était bien avant de rencontrer Chinese Man donc je ne savais pas que j’allais devenir le chanteur d’un groupe qui en plus avait un rapport avec mon nom. C’était un hasard de fou en fait. Quand je leur ai demandé pourquoi ils s’appelaient Chinese Man ils m’ont demandé pourquoi je m’appelais Taïwan. Personne n’avait de vraie explication donc c’était génial. On s’est tous retrouvé dans cette non explication.

 

Tu voyages beaucoup ?

Oui, grâce à Chinese Man, j’ai beaucoup voyagé, j’ai été en tournée dans pas mal d’endroits, j’ai été en Amérique du sud, en Asie, en Afrique du nord… Il y a plein d’endroits que je n’ai pas encore visités. Justement, mon projet l’an prochain c’est de faire un tour du monde et de rencontrer des artistes de tous les pays pour revenir avec un « album tour du monde ». Pour le moment on commence gentiment une tournée en Amérique du sud, on va essayer d’aller en Colombie, au Mexique et aux Etats-Unis… peut-être au Canada car il y a l’air d’y avoir pas mal de gens… D’ailleurs s’il y a des gens qui viennent du Canada parmi ces médias, invitez nous à venir jouer chez vous ! L’idée c’est ça, de commencer par l’Amérique et ensuite d’aller un peu partout dans le monde au fur et à mesure. Pour l’instant j’ai été dans plein de pays, mais je n’ai jamais rien ramené vraiment. On a été faire nos concerts et on est revenu quoi, on n’a pas été, en tous cas moi, j’ai pas passé beaucoup de temps avec les artistes locaux, à essayer de voir qu’est-ce qui se passe comme musique là-bas. Donc ça c’est mon prochain désir de voyage, ça va se faire comme ça. Pas juste aller dans un pays, jouer et revenir.

 

Dans cet album il y plusieurs styles, plusieurs influences musicales, et toi c’est quelle ambiance qui te fait le plus vibrer ?

Alors, moi c’est le reggae à la base, c’est ce que j’ai toujours écouté comme musique et que j’ai toujours chanté. Après j’écoute beaucoup de styles de musiques différents et je chante sur des instrus de styles de musiques différents, mais on va dire que le fil conducteur de tout ça c’est le reggae, le rub a dub, ou le ragga… il y a plusieurs façons de le dire mais ça reste la musique d’origine jamaïcaine.

 

Tu es déjà allé en Jamaïque ?

Non justement, ça fait partie d’un des voyages que je vais faire, peut-être en allant en Amérique du sud, mais peut-être aussi sur un prochain voyage en allant juste dans la caraïbe parce qu’il y a pas mal de pays, d’îles à voir.

 

Est-ce que tu peux nous parler de ton amour pour Rub a Dub ?

En fait c’est mes cousins qui écoutaient beaucoup de reggae, j’écoutais beaucoup de cassettes qui trainaient chez moi quand j’étais petit, des cassettes de reggae souvent, Il y avait Burning Spear, Bob Marley, Israël Vibration, Steel Pulse, Dennis Brown, des artistes comme ça en cassette. Après j’ai découvert les rave party plutôt vers la fin des années 90. Au début, c’était surtout de la techno et je me suis tout de suite rendu compte qu’il y avait d’autres sons que la techno, des sons qui ressemblaient plus à de la Drum and bass, des sons plus breakés, et moi direct j’ai adoré ce style de musique. Quand je suis revenu à Paris, j’ai vu que dans les clubs il y avait ce qu’ils appelaient la Drum and Bass, la Jungle. Et donc voilà, entre le reggae que j’écoutais beaucoup, la Jungle, la Drum and bass que j’ai découvert et le fait que j’ai appris à jouer du piano et de la batterie quand j’étais petit, tout ça, ça a créé un espèce de « truc » musical et qui fait que quand je me suis exprimé la première fois artistiquement, c’est en prenant le micro et en faisant un espèce de free style ragga sur de la musique Drum and bass donc un espèce de truc : (rythme de flow) … Ça va hyper vite, ça veut pas dire grand-chose mais c’est percussif. Je suis partie de ça et maintenant je fais un reggae plus traditionnel. Mais mélangé avec toutes les influences que j’aime bien.

 

Tu chantes en français ?

Alors j’ai déjà essayé mais c’est pas terrible. (rires) J’aime pas, j’ai déjà écouté ma voix enregistrée en français, je suis pas fan du son, de la voix… J’aimerais bien, je pourrais… En plus je pense que je pourrais faire de l’argent plus facilement vu que j’habite en France et que les gens ont plus envie d’entendre chanter en français. J’ai des origines anglaises, j’ai de la famille britannique, du coup j’ai appris à parler anglais en premier. Mais ça veut rien dire, c’est juste que c’est plus jolie en anglais, je trouve, personnellement. Vu que je ne fais pas de la chanson à texte, que je suis dans la forme, la forme du coup elle me vient en anglais.

 

Quel serait ton feat de rêve ?

Il y en a plein ! J’ai pas de feat de rêve en fait, j’espère tomber sur des gens, croiser des gens géniaux. Mais toutes les fois où j’ai essayé de forcer la chance moi-même sur des feats, ça n’a pas marché ou ça s’est mal passé. Les meilleurs feats que j’ai fait, ça a été au hasard des rencontres. Ça fait cliché de dire ça mais c’est vrai. D’attendre d’avoir rencontré la personne en vrai avant de juste écrire un mail et un message « salut, j’aime ce que tu fais ». Ça, ça ne marche pas trop, ou alors il faut mettre de l’argent et donc ça fausse complètement la création. Moi je préfère attendre de rencontrer la personne donc finalement j’ai pas vraiment de feat de rêve. Ou alors avec des gens qui sont déjà morts mais ça ne sert à rien, et là pour le coup il y en a trop. Mais je suis nul pour ces questions. Quand on me demande : « Quelle est ta chanson préférée, quelle est ta couleur, ton artiste préféré… En fait, toutes les questions qui se posent en interview, j’ai du mal (rires). Dès qu’il faut citer une influence ou une personne… Il y en a plein, je pourrais faire une liste d’une cinquante et te l’envoyer par mail, mais ça n’aurait pas d’intérêt pour l’interview. Non désolé, je n’ai pas d’artiste préféré avec qui faire un feat.

 

Est-ce que tu aimerais jouer en Jamaïque ?

Ha je ne sais pas. La Jamaïque, je ne sais pas. Je vais y aller, mais entre l’image qu’on s’en fait en tant que fan de reggae et la réalité, à mon avis, j’en suis même sûr, il y a beaucoup de différence. Je suis pas pressé d’aller tuer mon rêve, mon espèce d’imaginaire de la Jamaïque fantasmé en y allant, je ne suis pas pressé d’y aller. En plus pour un chanteur de reggae, par exemple français, ou blanc pour aller vraiment au bout du truc, aller jouer en Jamaïque c’est quand même une pression. Je connais des artistes anglais par exemple qui ont chanté là-bas… C’est la pression, ils font une chanson, deux chansons et après ils disent qu’ils sont repartis avant de prendre des bouteilles. Même s’ils chantent très très bien. C’est juste qu’il y a plein d’artistes là-bas, le reggae vient de là-bas. Des bons artistes, ils en voient toutes les cinq minutes. Ça doit pas être l’endroit de rêve où on est trop bien sur scène et qu’on a envie de rester encore plus longtemps. Quand tu arrives là-bas, tu joues avec la pression. Après, il y a plein d’artistes qui ont joué là-bas et qui me diront peut-être que je raconte de la merde. Je pense qu’il y a un certain enjeu quand on va jouer en Jamaïque, donc je ne suis pas sûr de vouloir y aller tout de suite, en tous cas, je ne suis pas sûr que ce soit un endroit de rêve pour jouer en tant qu’artiste. En plus, c’est un pays assez dangereux, même pour les artistes, donc on peut se prendre des coups de pression. Je ne sais pas. En vrai j’aimerais bien y aller mais c’est comme quand je suis allé jouer pour la première fois en Angleterre. Quand je jouais en France tout le monde trouvait que c’était bien ce que je faisais, mais aller en Angleterre, là le public je pensais qu’il allait me juger… Et en fait j’ai joué à Londres avec la pression et les gens venaient me voir en croyant que j’étais de Londres et en me proposant de me booker. Du coup ça va, j’ai passé le test pour Londres. Mais je suis jamais très sûr de ce que je fais, je préfère toujours réfléchir. Donc je vais pas aller chanter en Jamaïque en me disant que je suis le meilleur et que tout le monde va m’adorer… On verra ! On verra bien.

 

Tu t’es senti comme un « petit blanc » dans ce milieu reggae ?

Maintenant ça ne veut plus rien dire blanc et noir. Je disais blanc tout à l’heure par rapport à la Jamaïque parce que je pense que là-bas, il y a quand même encore un enjeux, mais en France ça fait longtemps qu’il y a des artistes de toutes les couleurs qui font du reggae, même dans le monde entier. Il y a des japonais qui font du reggae, qui sont très connus, donc je pense qu’il n’y a pas de pression. Si, il y a quelques années, il y un artiste français de reggae qui m’avait dit que selon lui je venais d’un quartier de pavillons et que du coup j’avais rien à faire là-dedans. La preuve c’est que lui il galère encore alors que moi maintenant je suis là donc voilà, il n’y a pas d’histoire de couleur. Après c’est sûr, historiquement le reggae vient de Jamaïque mais il y a aussi d’autres pays avec d’autres influences comme Trinidad par exemple. Il y a des gens qui disent qu’ils ont retrouvé la trace de musiques européennes de je ne sais pas quelle année dans le reggae… C’est toujours une histoire composée de plein de choses. On ne peut pas dire, c’est ni noir ni blanc. C’est historiquement plus noir mais ça ne veut rien dire. Avant j’entendais tout le temps « tu chantes comme un noir, tu chantes comme un black ». Avant je trouvais que c’était cool, mais maintenant je trouve un peu bizarre. Après c’est cool parce que c’est ce que je voulais faire, je voulais sonner le plus authentiquement possible jamaïcain. Mais maintenant il y a plein d’autres chanteurs français qui chantent en anglais et avec un style de chant jamaïcain. Est-ce que c’est bien de faire ça ? Est-ce qu’il ne faut pas développer un style plus personnel ? Je me pose plein de questions. Mon but c’est pas forcément de rester toute ma vie à chanter du reggae avec l’accent jamaïcain, tout en étant français. Ça serait peut-être intéressant pour moi de développer un style vraiment personnel. Je sais que tout ce que je dis là va être déformé de façon horrible, je ne sais même pas pourquoi j’en parle. (rires)
Toutes les fois où j’ai parlé à des journalistes la déformation a été faite, ce que je dis ça va mal finir pour moi, mais c’est pas grave. J’ai déjà donné une interview d’une demi heure dont la seule chose qui est restée c’est « Avant, j’étais un branleur ». Merci le journaliste ou le rédac’ chef qui a voulu rendre son article plus aguicheur. Moi c’était juste pour expliquer qu’entre 20 et 30 ans j’avais pas été hyper créatif et ça a été traduit comme ça. Donc le débat du reggae, des blancs, des noirs, est ce qu’on a le droit de jouer en patoi, c’est un débat sans fin. Après si vous voulez avoir ce débat avec moi, je vous encourage à m’écrire sur ma page FaceBook par exemple pour en discuter. Parce que j’ai peur que ce que vous allez dire, ce ne soit pas exactement ce que j’ai voulu dire.

 

Taïwan MC, tu as lien particulier avec Marseille, est ce que tu peux nous parler de ton public ici ?

Ha oui, vu que le label Chinese Man Records est de Marseille et que le groupe Chinese Man est de Marseille, on a beaucoup beaucoup joué à Marseille. Je sais que nos musiques sont très connues ici et à chaque fois que je joue ici, un morceau comme Miss Chang, ou un morceau de Deluxe, qui sont de Aix mais c’est pareil. D’accord c’est pas pareil, enfin, on ne va pas rentrer dans ce débat (rire). L’interview polémiques… Non mais ce que je veux dire c’est que tous nos morceaux ici les gens ils adorent. A une époque j’avais joué au Molotov et il y avait un punk dans le public avec une grosse crète de punk. Il connaissait toutes les paroles par cœur de Chinese Man, de Miss Chang. Il chantait mieux que moi d’ailleurs parce qu’il chantait la version CD et moi quand je me trompais ou que je faisais un freestyle je l’entendais continuer. (rires) A Marseille les gens adorent Chinese, c’est une institution, donc je suis bien content de jouer à la Fiesta des Suds. C’est toujours un gros bordel. La dernière fois qu’on a joué, il a failli y avoir une émeute tellement la salle était remplie. Il y a trois ans, il y avait Chinese Man, nous et d’autres groupes qui jouaient tous dans le cabaret et du coup c’était rempli de monde. J’espère que ce soir on sera un peu moins nombreux et qu’on va pas avoir trop chaud ! (rires)

 

Comme vous êtes une institution ici et même en France, est ce que vous essayez de faire monter de jeunes talents ?

Dans le label Chinese Man Records il y une nouvelle signature, c’est Baja Frequencia qui n’est pas nouveau pour les gens de Marseille car ils tournent ici depuis longtemps, ils sont DJ et producteurs et c’est la nouvelle génération du label on va dire. Mais sinon je bosse avec toutes sortes de gens, j’aime bien m’amuser, collaborer avec des gens que je rencontre, donc pas forcément des gens connus. Ça peut-être une voix que j’entend à droite à gauche ou quelqu’un que je rencontre sur une tournée. Après je ne me considère pas comme suffisamment connu pour aller vers des petits jeunes en prétendant leur expliquer comment on fait. Pour l’instant je découvre encore comment on fait, donc je ne peux pas vraiment donner la main. Après, j’essaye si je peux. Mon but serait d’arriver à produire des artistes comme ça. Si un jour j’ai un studio à moi, j’aimerais bien l’ouvrir parce qu’il y a plein de jeunes, ou de gens qui débutent qui ne sont pas forcément jeunes, qui n’ont pas le matériel, pas la connaissance technique mais qui aimeraient bien faire de la musique. Donc ça ouais. Filer la main à des gens j’aimerais bien, mais pour l’instant ça n’est pas encore mon cas.

 

Quel est ton processus créatif ? Tu utilises Ableton avec des samples et tu vas mixer dessus ou comme tu disais tout à l’heure est-ce que l’inspiration te vient au grès des voyages ? Des rencontres ?

Ça dépend, il y a toutes sortes de processus. La plupart du temps je fais des instrus sur mon ordi sur Cubase. J’ai une vieille version de Cubase avec un vieil ordi, mais je ne maitrise pas trop donc je fais des instrus très basiques. Après je les amène à mon DJ, DJ SOAP qui est aussi le beatmaker de la plupart de mes albums. Avec lui on en fait des vrais morceaux. Sinon il y a d’autres groupes qui m’envoient leurs instrus et des fois je trouve un sample… Chinese man ils ont tendance à faire ça : ils prennent un petit sample d’un morceau de musique africain ou d’un morceau de musique genre indien ou de n’importe où et de construire un morceau autour de ça. Ou alors eux ils ont été en Inde, ils ont samplé des musiciens locaux. Du coup il y a cette approche avec le sample mais moi la plupart du temps je fabrique mon instru moi-même et 50% des fois c’est quelqu’un d’autre qui m’envoie une instru. Du coup il y a toutes sortes de façons de faire, il n’y a pas qu’une façon, tout le monde a raison. Tous ceux qui utilisent Cubase, Ableton, Logic… il n’y a pas de meilleur logiciel. Ha ! Je vois que certains ont un avis parmi les journalistes ! (rires)

 

Pour revenir au reggae français dont tu parlais tout à l’heure, est ce qu’il y a des artistes qui créent une nouvelle vague spécifiquement française ?

Il y a déjà une nouvelle vague spécifique française. Après, je ne me considère pas spécialement comme un artiste de reggae vu que je fais aussi du hip-hop, de l’électro… Je ne veux pas me retrouver enfermé dans le style reggae français ou reggae tout court, parce que finalement, je ne fais pas que ça. Après pour moi il y a, ou il y a eu, un espèce de mouvement du Dub intéressant, c’était Stand High Patrol, Jhatari par exemple, OBF aussi. Mais maintenant il y a une grosse mode du Dub qui fait que j’ai moins tendance à aimer ce que j’aimais bien il y a cinq ans. C’est-à-dire tous ces nouveaux groupes de Dub ou ces collectifs qui arrivaient et qui prenaient ce style, ils en faisaient ce qu’ils en voulaient et il y avait une grande liberté. Maintenant, j’ai l’impression que tout le monde fait du Dub, donc du coup il y a un effet de mode qui fait qu’il y a un peu trop de productions et donc de très mauvaises productions qui se mélangent avec les autres. Comme dans tous les styles : au début c’est underground, il y a quelques gars qui font ça ou quelques meufs, c’est nouveau, frais et tout. Après, d’un coup ça devient une mode, donc tout le monde fait ça. J’ai l’impression que tout le monde fait du Dub cette année, il y a des sounds systems de partout. Ça devrait être bien, mais ça donne un côté un peu lassant. Après ça n’engage que moi, j’imagine que la plupart des gens qui sont dans la scène Dub, ils sont contents qu’il y ait beaucoup de Dub. Mais il y aura toujours des grincheux comme moi qui vont trouver ça chiant parce que ça baisse un peu la qualité en fait, tout simplement parce que tout le monde copie tout le monde. Alors que avant, le mec qui faisait du Dub écoutait autre chose comme style de musique et il se mettait à faire du Dub par envie. Alors que maintenant, si le mec fait du Dub, écoute du Dub, le résultat derrière… Ca a été la même chose avec le Drum and bass, à la base ça n’existait pas, donc ceux qui faisaient de la Drum and bass, ils écoutaient de la funk, de la soul, du rap et ils en ont fait de la Drum and bass. Sauf qu’à un moment, les gens qui font de la Drum and bass écoutent aussi de la Drum and bass. Du coup ils écoutent un style qu’ils copient et refont. Ça n’a plus beaucoup de sens.

 

Est-ce que ce n’est pas la base de la musique ?

Si malheureusement c’est ça ! C’est la base de la vie ! (rires)

 

Comment on fait pour collaborer avec toi ?

Il faut m’envoyer un message, il faut que j’aime bien la musique, avoir un petit peu de budget et voilà… C’est le hasard aussi. Je reçois plein de demandes de feat tout le temps en ce moment, toutes les semaines. Avant, dans le passé, je prenais juste le critère si j’aimais ou non la musique pour le faire. Maintenant j’ai rajouté le critère financier quand même pour créer le budget, et j’écoute surtout l’instru, pour savoir si j’aime ou pas. J’ai déjà refusé des featuring géniaux parce que je n’aimais pas la musique. Pour l’instant j’ai pas encore trop cédé aux pressions des finances On m’a proposé encore 3 nouveaux featuring que j’ai accepté. Je ne sais pas quand est ce que je vais pouvoir les enregistrer mais bon ! Avant j’acceptais tout aussi et j’avais une liste sans fin de trucs à faire, les mecs me relançaient tous les jours… C’est pas bon non plus, maintenant je préfère dire oui ou non. Malheureusement, si j’avais un studio plus opé chez moi, je pourrais enregistrer plus souvent mais je suis nul en technique… Faut bien se l’avouer, il faudrait que je fasse des formations pendant des semaines et des semaines pour arriver au niveau que j’aimerais bien atteindre en tant que ingé son. Pour l’instant j’essaye d’enregistrer chez moi mais c’est galère. Finalement, il vaut mieux que j’aille en studio. Le problème en studio c’est qu’il faut prendre du temps pour y aller, il faut booker la session, il faut booker l’ingé son… Avec les concerts le week-end et tout, c’est pas évident mais ouais : envoyez moi toutes vos propositions, nous les étudierons avec attention… Dans les plus brefs délais de 6 mois (rires). Je réponds souvent rapidement, mais après, le temps d’enregistrer… Il y a un EP qui va sortir cette année avec un producteur de Marseille qui s’appelle Mezcal, on a commencé le projet il y a trois ans. Voilà, ça va sortir en mode news, Taïwan MC enregistré il y a trois ans. Mais on va le finir cette année et il va sortir en 2018. Ainsi qu’un EP avec Manu digital et un EP avec Bony Fly. Cette année je ne sors pas de gros album mais peut-être trois ou quatre ou même plus petits disques. J’aimerais aussi sortir un EP gratuit avec les morceaux qui ne sont pas sortis sur mon album. Voilà mes buts pour 2018 ! Et je crois que cette interview est terminée car je dois aller chanter.

 

Dernière question : Est-ce que tu te rappelles ton plus beau bisou ?

Mon plus beau bisou ? Ha ben je dirais que c’était le premier. Ha oui, je pense, le problème c’est que je ne me rappelle plus du nom. J’étais en cinquième, c’est il y a longtemps. J’étais dans la cours, à la récréation et c’était un bisou… C’était ouf ! trop bien, mais j’ai oublié son nom.

 

Nous finissons donc cet interview sur un appel à témoin : Qui se souvient avoir embrassé Taïwan MC dans la cours du collège en cinquième ?
Un artiste super sympathique et abordable. Si nous devons conserver qu’une punchline de l’interview, nous retiendrons : « Maintenant, dans le reggae français et même dans le monde, ça ne veut plus rien dire blanc et noir. »

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