De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

Tout un répertoire construit sur la base de boucles rythmiques issues d’enregistrements des années folles, pour un swing sans faille. Idée originale, résultat d’une rencontre au naturel entre quatre gars venus de formations déjà bien rôdées aux tempos joyeux (Les Voleurs de Swing, Les Noces Gitanes, Fingers in the Swing…) Il faut dire qu’avec une clarinette, deux violons, une guitare et une contrebasse, il peut être difficile de donner dans la sinistrose. Quand on ajoute à cela des programmations comme on sait en faire aujourd’hui, ainsi que du scratch, on obtient forcément quelque chose qui ne ressemble pas trop à du déjà entendu. Exemple type avec « Trump » – au passage peut-être le titre le plus politique de l’album -, avec une ambiance expressément décapante où le diamant de Clément Royo – alias DJ Royo, sur le sillon, s’en donne à cœur joie. Et la clarinette d’Aurélien Mourocq, le chanteur de Scratchophone, s’empresse sans cesse à donner ce ton particulièrement optimiste (« That Girl », « Mon Héroïne »). Tout le monde s’amuse, ajoutant de-ci de-là de belles incursions avec la scie musicale de Pauline Bourguère sur « Lazy Lady », la guitare manouche de Pierre Mager sur « Pour Le Plaisir », ou encore les élèves de CM1 de Cathy Greuzat sur « Trump ». A aucun moment le fait que les batteries soient des programmations ne nuit à la musique, donnant plutôt une caractéristique moderne supplémentaire. Le chant, qu’il soit en anglais ou en français permet un jeu vocal distinct en fonction des titres, comme sur « Keep Smoking » où il donne cette impression d’être passé à la moulinette d’un porte-voix, ce que l’on notera aussi sur d’autres titres (« First Man »). Le résultat tient dans cette forme de fusion qui compacte et aère aussi bien des ambitions variées allant jusqu’à la pop la plus actuelle depuis des sources vintage samplées d’origine New Orleans des années 30. « Pour Le Plaisir » énonce clairement ce qui pourrait être la tonalité générale de cet album : « Pour le plaisir, je t’offre ces fleurs des lilas bleus pour faire battre ton cœur juste pour lire les traits du bonheur sur ton visage ton sourire je veux le connaître par cœur ». Etonnante unité de ton d’un bout à l’autre de l’album qui se termine par un dérapant « Clubbing With Django », juste après un « Pacemaker » réglé au cordeau. Armand Delaval est à la contrebasse électrique ainsi qu’au violon, et Gabriel Bonnin, qui complète les programmations, officie lui aussi au violon, offrant des parties croisées sur ce dernier instrument plutôt en matière rythmique : un autre élément particulier de ce très bienvenu Scratchophone Orchestra à découvrir, projet aussi passionnant que le Scott Bradlee’s Postmodern Jukebox (voir par ailleurs dans nos chroniques).

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