Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Dans la lignée d’artistes tels que Lomepal, Eddy de Pretto, Caballero & JeanJass; Lonepsi fait partie de cette scène montante qu’on a tendance à distinguer du rap français. Artiste solitaire, compositeur et auteur, il aborde ses sentiments personnels dans des textes plutôt posés et bien écrits. Programmé au sein de la 20ème édition du festival « Avec le temps », Extended player a fait sa rencontre.

 

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Mon nom de scène c’est Lonepsi, je suis musicien et artiste. Donc, en quelques mots : nom de scène : Lonepsi, musicien, artiste, 23 ans.

 

Pouvez-vous nous raconter votre rencontre avec la musique ? Comment avez-vous eu ce coup de cœur ?

En tant que spectateur, il a débuté au collège lorsque j’étais au CDI. Un ami avait ramené son baladeur mp3 en cachette, parce qu’à l’époque on n’avait pas le droit. On était dans l’illégalité la plus complète. Il m’avait dit «Faut vraiment que tu écoutes ça!». Moi, je n’avais jamais vraiment écouté de musique. Il m’a donc fait écouter un morceau avec du piano, un morceau que j’adore : «Au clair de lune» de Debussy. On avait un écouteur chacun, on aurait dit qu’il jouait à 4 mains. Je me suis vraiment pris une claque en l’écoutant. À partir de ce moment-là, je me suis dit qu’il y avait vraiment quelque chose à faire avec la musique, en l’écoutant, dans un premier temps. Plus tard, j’ai appris à en faire. Il y avait un piano abandonné chez moi. Quand on a emménagé, il était déjà là. Et pour qu’il ne soit pas abandonné, j’ai composé quelques mélodies de façon complètement amateur. C’est comme ça que j’ai rencontré la musique.

 

Avec le recul, quel est votre plus beau souvenir musical ?

Mon plus beau souvenir… je ne me suis jamais posé la question (l’artiste prend le temps de la réflexion).

Je ne saurais pas répondre à « quel est mon plus beau souvenir », mais en tout cas, récemment, j’ai commencé à faire des concerts. Le fait de rencontrer mon public, que je ne connaissais que par internet, a été quelque chose de très fort. Dans certaines villes, il y a eu une décharge émotionnelle très intense. J’en garde de très très bons souvenirs.

Est-ce que c’est un souvenir musical ? Je ne sais pas. Monter sur scène, ce n’est pas être que musicien. Il faut aussi savoir se tenir debout, tenir le micro, parler aux gens, etc. Il y a beaucoup de choses qui ne sont pas que de la musique.

La rencontre avec les personnes qui me suivaient depuis longtemps, notamment à Strasbourg et à Paris, est mon meilleur souvenir musical.

 

Et pourquoi avoir attendu tant de temps avant de monter sur scène ?

Parce que je faisais uniquement de la musique. Aller sur scène, c’est faire autre chose que de la musique. C’est faire de la musique, mais c’est aussi ajouter beaucoup de variables. C’est quelque chose qui ne m’intéressait pas. Enfin, ce n’est pas que ça ne m’intéressait pas, mais ça me faisait peur. J’étais très à l’aise dans ma chambre à composer du piano et à écrire des textes, je ne voyais pas pourquoi je devais me déranger à faire autre chose. Monter sur scène et jouer devant un public, ça fait peur quand on ne l’a jamais fait avant.

 

Et ce soir, comment vous êtes-vous sentis ?

Ce soir je me suis bien senti. Un peu intimidé au début, presque comme à chaque concert. Au début du deuxième morceau, je me sens à l’aise. Je récupère un peu mon souffle suite au stresse et je peux maîtriser tout ce que je fais. Il faut attendre le deuxième morceau. Les cinq premières minutes sont toujours délicates, mais je me suis bien senti. Il y avait un très bon public. J’ai bien aimé la qualité de leur écoute.

 

Pouvez-vous nous expliquer comment vous composez ? Le fait d’écrire la nuit impacte-t-il sur les thématiques abordées dans vos morceaux ?

Je ne sais pas si la nuit à un impact sur les thématiques. Probablement oui, mais pas pour chaque texte.

Je ne procède pas de façon très systématisée. Je n’ai pas de méthode de travail très particulière.

On peut prendre l’exemple de « L’hiver est là ». J’avais fait un concert à Bordeaux. On était resté longtemps devant parce que la salle n’était pas encore ouverte. Je pense que je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie. Je me suis dit qu’il y a avait quelque chose à faire : il fallait transformer cette souffrance physique en quelque chose de positif, de plus agréable, c’est-à-dire un texte.

Après le concert à Bordeaux je me souvins être rentrée chez moi le lendemain et avoir écrit ce morceau-là. J’ai pris deux heures de la nuit, dans le froid, puisque je fumais. Pour fumer, je dois aller dehors. Je m’étais donc mis dehors pour être dans le thème, dans le froid. Ensuite je me suis mis à écrire l’instrumental, et c’est venu très rapidement. Généralement je prends plus de temps pour créer une instrumentale, mais là, j’avais un texte et je voulais qu’une  instrumentale naisse à partir de ce texte. Généralement faire une instrumentale pour moi n’a pas de rapport avec le texte. Je fais une instrumentale, je raconte quelque chose. D’un autre côté je fais un texte, je raconte quelque chose. Puis j’essaie de mélanger ces deux univers. Là, exceptionnellement j’ai composé l’instrumentale pour le texte.

 

Vous prévoyez de travailler avec un beatmaker, peut-on en savoir plus?

Je sais qu’à un moment je ne pourrais plus faire tout tout seul. Déléguer la composition d’une instrumentale à quelqu’un pourrait me faire du bien. Ça pourrait m’aider à mettre plus d’énergie dans mes textes, dans mon interprétation. Je vais laisser la tâche à quelqu’un de concevoir l’instrumentale.

 

 

Donc, de ce que vous dîtes, vous écrivez sans instrumental ?

Oui, j’écris sans instrumental. Le texte vient toujours avant et l’instrumentale changerait le texte. Je viendrai ajouter ou supprimer des mots pour que le texte colle à l’instrumentale.

 

Quelles sont vos influences, tant musicales que littéraires ?

Musicale : j’écoute du jazz, notamment Ray Charles et Amy Winehouse qui a fait du jazz moderne.

En littérature, il y a des auteurs comme Alessandro Baricco, Louis-Ferdinand Céline, Victor Hugo. Victor Hugo m’inspire un peu moins maintenant,  mais j’en garde de très bons souvenirs. Rimbaud et Baudelaire m’inspirent aussi, bien évidemment. On peut cité Apollinaire, Aragon, beaucoup de poètes, Hermann Hesse aussi, qui a écrit « Le loup des steppes ». Mais il y en a plein d’autres : Camus par exemple.

 

Pouvez-vous nous présenter « Sans dire adieu ? »

«Sans dire adieu» est un message que j’adresse à moi-même. C’est une façon de me persuader que toutes les choses que j’ai perdues, c’est-à-dire des souvenirs, des émotions, des amis, des amours, ne sont pas tout à fait perdues. Elles sont encore en moi et je peux en faire des textes. En fait, je voulais créer un projet. Pour créer ce projet j’ai dû me plonger dans mes souvenirs. J’étais tellement proche de mes souvenirs, tellement proche de mes amis perdus, de mes amours, que je me suis dit « en fait, elles sont en moi ces choses-là ». J’ai donc voulu écrire «Sans dire adieu» pour décrire ce sentiment-là. Les choses que l’on a perdues ne sont pas vraiment perdues.

 

Avez-vous des projets futurs ?

Continuer à faire de la musique et progresser scéniquement parlant. J’ai aussi beaucoup d’écrits, de textes, d’instrumentaux qui sont composés. J’ai beaucoup de maquettes, mais je ne sais pas encore vers quel format je veux me diriger. Peut-être que cela sera un projet, peut-être que je sortirai chaque titre individuellement, peut-être un album. Je ne sais pas encore.

 

Quel est le duo dont vous rêveriez ?

J’aimerais bien faire un duo avec avec Charlotte Cardin parce qu’elle chante merveilleusement bien et qu’elle écrit très bien.

 

Si l’on doit garder un mot de vous ?

Un mot ? C’est difficile!

Ce serait « Paradoxe »

 

 

Nous remercions Lonepsi ainsi que l’équipe du festival « Avec le temps » pour le temps accordé.

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