De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

On s’y reprend à deux fois. Découvrir Mai Lan, c’est d’abord réagir à ses propres impressions-questions. De quoi s’agit-il exactement ? Une chanteuse de variété moderne, inscrite dans l’air des modes et du temps ? Pourtant, tout de suite, il y a quelque chose, comme une respiration profonde, un truc tout au fond. Cette chanson, « Autopilote », qui se pose comme une tentative tubesque – ce qu’au fond le titre est bel et bien -, sans parler d’un texte qui se démarque haut-la-main : « Dans mon bordel j’mets de l’ordre, je rouvre les plaies guéries ». Alors avec le disque entre les mains, ou plutôt dans le lecteur, arrive alors le second morceau, « Peru », surprise avec cette basse synthétique profonde et ce chant rappé aux limites d’une virilité féminine exacerbée. Il semblerait que Mai Lan soit en mesure de tout se permettre, du moment que  l’option satisfasse sa sensibilité créatrice avec rigueur, efficacité et concision. Car, malgré ces grands écarts, aucune dispersion dans le répertoire. Une grande maitrise évidente et une gestion musicale au cordeau. Et puis il y a ces petits trucs vocaux répétitifs qui apparaissent progressivement comme la signature Mai Lan, un peu comme les reprises respiratoires de Mickaël Jackson. Avec « Pumper », on est tout près de cet extra nouveau groupe au nom très parlant : Superorganism (voir chronique sur notre site), avec cet incontournable présence s’exprimant paradoxalement avec légèreté, intensité et puissance. « Nail Polish »est assuré, rentre-dedans. Il y a un esprit qui évoque le travail tout en liberté du californien Pigeon John, avec cette permissivité assurée et constamment de bon goût. Encore un disque rare, à classer parmi ceux que l’on écoute du premier au dernier titre. « Haze » et ses arrangements vocaux, ni vraiment r’n’b, ni chant indien traditionnel, sur un support électro minimaliste et suffisant. Ce sont justement sur ces tonalités électro très graves et percussives que se construisent des ambiances sur lesquelles se développe un redoutable travail vocal « à la manière de » Mai Lan (« Missile », « Dial My Number ») sur des tonalités croisées, ingénues, agressives, aériennes. On entend une guitare entrainante en intro de « Blaze Up », puis qui garde le cap sur les parties musicales concernées. L’équilibre des compositions tient dans ces échanges astucieux combinant éléments rythmiques, claviers, jeux vocaux, des interactions qui fonctionnent aussi bien sur des titres plus doux, comme « Time To Fade », ou plus nerveux, comme « Clermont ». Des interactions qui permettent aussi de délirer sur une thématique (« Technique ») sans dénoter aux côté des autres morceaux. Le répertoire se referme en français, comme il avait commencé, mais avec un « Pas D’Amour » qui s’introduit comme une plus traditionnelle chanson, avant de devenir un faux (?) duo, tant la voix masculine (?) parait être interprétée par Mai Lan elle-même (comme Agnès Obel sur son sublime titre « Familar »). A confirmer. En tous les cas, on avait bien activé la touche repeat, « Autopilote »… !

 

 

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