De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

Une pochette un peu gribouillée avec une étiquette de prix soldé. Drôle de présentation, minimaliste et brouillonne. Pourtant le contenu a tendance à évoquer le produit fini. Peut-être qu’en écoutant le dernier titre, « Skyman » et ses huit minutes d’intensité aléatoire qu’introduisent une partie de hautbois développée d’abord dans un  esprit très classique, mais à la manière d’un Wim Mertens, la route mène sur une trajectoire où disparait la gravité, pour des images et sonorités très cinématographiques et spatiales (bande-son rêvée pour « Interstellar » ?), parvenant à des lâchers d’air synthétiques en apesanteur, comme le brouillon imaginaire d’une perdition fatale. Mais là, nous sommes à la clôture de l’album. En reprenant au début, on découvre une première ambiance, mêlant percussions et synthétiseurs sur des lignes musicales encombrées que libère la mélodie vocale du refrain (« Harmony »), où l’on retrouve une saveur moins « exotique ». « Mountains of Madness » vient enfoncer le clou d’une démarche musicale très axée sur un découpage rythmique quasi industriel avec des sonorités très métalliques, alors que « Sweet Talk » se présente en opposition de genre, annonçant les tentations spatiales que l’on retrouvera plus tard, ici avec un titre qui pourrait bien devenir un hit. L’album est ainsi construit, alternant ses originalités assurément typées (« Should I » et son light motif nerveux et imposant, « Dirty Bitch » et ses déformations vocales en infrabasses), avec des titres à l’accès simplifié et baladeur (le très beau « Yes Today »), mais toujours avec un travail sur le son très particulier, souvent métallique. On est en présence d’un répertoire inhabituel, exigeant, et nécessitant quelques écoutes pour être apprivoisé. Une démarche perdue auprès du grand public, mais toujours présente à l’esprit des curieux. Avec Maestro, ce sera un grand lot de satisfactions qui couronnera l’effort. « K.I.M. » pourrait servir pour l’expérience, avec sa rythmique qui rappellerait volontiers le « Johnny Guitar Calling Gosta Berlin », de Snapped Ankles, son tempo infatigable et impossible à arrêter, ici alternant avec une touche de douceur dans le chant. Mais jamais par ailleurs peur de déformer la voix et de la rendre souvent terrifiante (« Dead End Day »), tout en dispersant sans cesse une multitude d’effets sonores autour, créant, au-delà des atmosphères inquiétantes ou détendues, un environnement spécifique en distinguant le groupe de ses confrères. Une découverte.

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