De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

Il serait bien difficile de ne pas le reconnaître. Dès qu’il chante, Malik Djoudi pose un jalon immédiatement repérable. Frêle esquif, sa voix glisse, susurre, arpente sur l’architecture électronique de sa musique vaporeuse. A l’image de cette singulière pochette, un cavalier solitaire, sur un bloc de planète perdu dans l’espace, milliards de poussières d’étoiles en fond. Ce son grave de basse en continu, que l’on entend notamment sur « The American » représente cet espace perdu. Une solitude typique exprimant le paradoxe d’une ère vouée à la communication. Des liens qui se tissent par tous les moyens, les plus dématérialisés possibles, évidemment, où le contact se réduit sensiblement, quasi limité à ces légers glissés de doigts sur les écrans que nous pratiquons si couramment désormais. Autre particularité de la musique de Malik Djoudi : l’unité sonore dans laquelle se confondent et se fondent d’une part les instruments, la guitare (« Allant vers, à l’envers »), avec le déployé synthétique enrobant (« Cinéma »). Et d’autre part le chant, complètement intégré, au même titre que ce qui est enregistré sur chacune des pistes, au point de ne pas se sentir obligé de comprendre forcément ce qui est écrit, sauf, évidemment, lorsque les mots prennent volontairement le dessus (« Odepluie », « Idées Vagues »). Calmes et tranquilles, les huit morceaux de cet album présentent une unité atmosphérique sur laquelle on ne peut que se laisser dériver vers le rêve, sous les effets d’un romantisme moderne, aux particules nouvelles, alors que « Séquence con », qui clôture le disque répète en refrain : « C’était si bien avant »…  C’est toute une combinaison de sentiments qui flotte au travers de ces chansons, laissant une porte grande ouverte en direction d’un futur aux contours incertains. Malik Djoudi exprime quelque chose qui tient de l’intériorité, du questionnement, et de l’envie de beauté. Plus de questions que de réponses. Etat du monde aujourd’hui, dirait-on. Mais l’essentiel : le plaisir de l’écoute, qui plus est « Sous Garantie » !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *