C’est séduit par le son des guitares que l’envie d’écouter plus avant le répertoire de La Luz s’est transformé en urgence. Notes claires et concises, réverbérées avec jeu de vibrato au feeling audacieux… Rien que « Floating Features », instrumental placé en intro, suffit à poser le décor. « Cicada », juste derrière, impose sa rythmique imparable, combative et accrocheuse à souhait. La Luz est un quatuor californien féminin. Marian Li Pino à la batterie, Lena Simon à la basse, Alice Sandalh aux claviers et Shana Cleveland à la guitare. Ce troisième album est réalisé en studio, dans un esprit dépassant le Do It Yourself des deux précédents. On ne sait pas trop, à écouter toutes ces chansons, s’il y a une référence nostalgique précise. Il y a évidemment toutes ces sonorités sixties, voire fifties par moments. « Mean Dream » et sa guitare acoustique est construit sur une suite d’accords évoquant clairement le « Dock Of The Bay » version Otis Redding. Les chœurs – exemple avec « The Creature », sont très psychédéliques. Pourtant, on sent bien que, globalement, il s’agirait plutôt d’une inspiration très libre et ouverte. « My Golden One » joue de l’excellence des réverbérations utilisées en profondeur pour le chant principal, mais aussi pour le placement d’une batterie aérienne comme en contrejour, idem pour les chœurs, et il va sans dire pour les accords de guitares qui se croisent, les uns relâchés, les autres saccadés et incisifs. « Lonely Dozer » fait entendre son clavier, lui aussi totalement vintage. Il n’y a jamais de gros effets synthétiques embourbant, juste des sonorités très typées, prenant, chacune à leur tour, le devant de la scène. C’est cet équilibre simple qui prédomine chez La Luz. Justement, comme dans les années où chaque groupe disposait d’un son bien à lui, avec ses propres ingrédients, très repérable. Comme nous sommes quelques décennies plus loin, que la roue musicale a beaucoup tourné, sans jamais pourtant se renouveler excessivement, La Luz pose ses repères puisés parmi un ensemble de références, pour affirmer ses partis pris. Résultat, ces chansons pourront séduire autant par nostalgie que par pur plaisir découverte. Le mieux n’est pas de juger, mais de prendre, là où il se trouve, le plaisir engendré par le surf moderne et rêveur de La Luz.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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