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Super content de retrouver une musique signée en partie Armelle Pioline, dont nous avons apprécié tout particulièrement le parcours avec Holden, aujourd’hui dissous – rappelez-vous le titre « La Machine » et son tubesque tempo, ou encore « C’Est Plus Pareil » ou « Tunis ». Avec Superbravo, c’est le retour d’une fraîcheur immédiate, dès « Un Baiser, Une Bombe », reprise de la chanson de David Lafore, comme un écho à la version de Gaëtan Roussel de « J’Passe Pour Une Caravane » d’Alain Bashung et son « un baiser, des coups de latte ». Superbravo est un trio aux deux chants féminin (Armelle Pioline et Julie Gasnier) complété par Michel Peteau, qui s’est très impliqué dans la production de cet album et que l’on peut entendre aussi sur certains refrains (« Pourquoi », « Oui »). Des guitares, des claviers, de la batterie, délivrant des chansons que l’on peut sans conteste qualifier de pop. Pop parce que live et authentiques et immédiatement parlantes. On peut penser à Camille avec le traitement vocal de « Papier Mâché ». Mais le titre s’en détache alors que l’orgue intervient aux côtés de percussions et de cordes saturées en fond d’horizon. Des arrangements aux interventions actives et fugaces (coda de « Les Oiseaux bleus ») à une rythmique linéaire et convaincante dans son minimalisme opérant (« Au Trop »), ponctuent un ensemble de morceaux très unifiés au final. Un état d’esprit, un concept, un naturel faisant fi de toute concession qui aurait bien été, de toute manière, complètement inutile dans ce paysage aéré à souhait. Bien des titres débutent avec cette impression de réveil un matin de vacances d’été, journée ensoleillée, fenêtres grande ouvertes et mer pas loin. Pourtant cela n’exclut en aucun cas un contenu littéraire concerné et sentimental, là aussi, bien loin de futilités inintéressantes. Et cela avec une jolie pointe imaginative (« Les Vacarmes »). D’ailleurs, à propos de la mer que l’on imagine tout près, cette dernière figure sur la pochette de l’album, comme prenant le dessus sur la civilisation. La voiture au fond évoque la mer poubelle, mais se pose aussi en seul vestige de l’homme – sans oublier le squelette humain dispersé entre des algues et une plante ressemblant étrangement à une cervelle (pochette signée Kikuo R. Johnson). A part la ville et ses immeubles qui apparaissent au loin, ne figurent que des animaux, dans l’eau, dans le ciel, chacun semblant préoccupé par sa survie. L’instinct, « L’Angle De Vie ». Orthographe volontairement détournée : « au pas, au trop » – le p en lieu et place du t prend un son sens fort à l’époque de tous les excès, celle où nous sommes « au galop » la plupart du temps. Lorsque « Le Cœur Des Hommes » arrive, juste derrière ce fameux « Au Trop », on se dit que Superbravo est un trio qui sait faire la différence entre émotion et tape à l’œil et mérite vraiment bien son nom.

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