Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

On l’aperçoit sur scène depuis quelques années, il répond présent à chaque challenge pour présenter sa plume et son art. Zicler fait partie de ces artistes adeptes du Boom-Bap, passionné, qui se donne corps et âme dans ce mouvement qui a tant à transmettre. Présent sur scène à l’U.perkut vendredi soir, il le sera également samedi à l’Affranchi pour le « Red Bull Dernier Mot », l’occasion pour nous de lui poser quelques questions pour faire les présentations !

 

Pourriez-vous vous présenter : Zicler pourquoi ? Qu’est-ce que cela signifie ?

Zicler c’est un blaze que mes collègues m’ont donné étant jeune. On faisait du roller à l’époque. Il y avait une figure qui s’appelait le Zoulou. Mon nom de famille c’est Lecler. Ils ont mixé les deux : ça a donné Zicler. Cela date de l’époque du collège, cela n’a rien à voir avec le rap.

 

Vous avez un parcours HipHop entre Le Havre et Marseille, quelles sont les plus belles connexions que ces deux villes vous ont apportées ?

J’ai commencé le rap avec des amis d’enfance : un premier groupe qui s’appelait Quartier Sud, il y a eu Ionesko, Faress, Zaïta. On faisait notre rap tranquillement au Havre, sans même démarcher ou attendre quoi que ce soit, jusqu’au jour où j’ai rencontré ma femme. Je suis donc parti dans le Sud en 2009. De là, comme j’étais solo, il fallait que je prenne les choses en main pour faire quelque chose. Je ne connaissais personne donc j’ai dû bouger dans les salles à droite et à gauche. Cela m’a amené à rencontrer, je pense, les bonnes personnes. Un gros big-up à Alban de Newcastle qui m’a fait tourner pas mal.

Du coup, depuis, j’en suis là, dans les salles, à participer à tous les contests de Marseille.

 

Vous prônez l’indépendance à fond, d’ailleurs vous n’êtes pas non plus sur les plateformes, est-ce une volonté?

Je suis sur bandcamp. Sur le premier album, je ne m’étais juste pas penché là-dessus. Sur le prochain album, je ferais en sorte d’être plus sur les plateformes de streaming.

 

 

Compte tenu de votre style, on n’est pas étonné de vous voir poser sur des prods de Mani Deïz. Ainsi, pour vous quels sont les grands noms du rap auxquels vous vous identifiez et est-ce que si on vous rapproche de Bastard Prod cela vous convient ?

Oui carrément. C’est exactement le rap qui me parle : La Bastard, les Zakariens, je pense aussi à REDK (en concert également ce soir-là), toutes ces grosses plumes. Dès qu’il y a de la punchline, j’adore ça. Je citerais aussi Flynt, tous les piliers du 18e, tous les gars du Boom-bap entre guillemets.

 

Quelle est votre définition du rap justement ?

Je pense que c’est comme les anciens faisaient à l’époque, ils nous passaient un bon message avec des belles phrases. Et j’ai l’impression que ça s’est un peu perdu en fait. Moi ma ligne directrice c’est l’écriture, un bon message, des belles images. Ce qui se fait maintenant ce n’est pas trop mon délire.

 

« Un train de vie peut en cacher un autre » c’est votre dernier projet, pouvez-vous nous en parler ?

C’est sorti en juin 2015 et c’était un sixième projet que j’ai voulu concrétiser en le pressant et en le distribuant un peu partout. Avant je n’avais fait que des projets gratuits. Et du coup je me suis lancé dans un album avec plusieurs beatmakers, Dayell beat, Etik, Bebou. J’ai fait 15 titres et invité des featuring comme Ladea, Sear Lui Même, Nasme, Smoky. Je me suis fait plaisir sur ce projet.
Là je vais faire pareil sur un deuxième album, j’ai déjà mon titre, mais je vais le garder. Il y aura des thèmes un peu plus poussés. Je trouve des thèmes à double sens et je fonce !

 

La sortie du projet est prévue pour quand ?

2019, mais je n’ai pas encore de date. Je suis à 7 titres sur 14. J’ai déjà fait un album de 15 titres, 16 ça fait trop donc cette fois je pars sur 14 titres.

 

Qu’est-ce que vous apporte le rap ?

C’est une passion ! Au début c’était pour faire comme les autres. Je kiffais de voir mes collègues rapper donc je me suis dit « tiens je vais tester ».  En testant, j’ai été pris dans le jeu, à kiffer. Et depuis je kiffe toujours autant. Il n’y a que le jour ou je ne ressentirai plus cette passion, cette flamme, que j’arrêterai. Aujourd’hui j’ai 33 ans et je kiffe toujours autant qu’il y a 15 ans. Je crois que j’avais commencé en 2002-2003 !

 

Dans tous vos morceaux, lequel a été le plus dur à écrire ?

« Le mal de mer », parce qu’on m’en parle souvent. Ça fait plaisir. Et parce que c’est un morceau qui est trop près de moi. Le son est trop près de moi, je n’arrive pas à l’écouter. J’ai dû l’écouter dix fois alors que les autres je les ai poncés. Quand je me suis mise à l’écrire, j’ai voulu me lâcher, parler un peu de moi et tout. Et vu que je raconte trop de détails, de petits trucs sur ma vie, il n’y a plus de filtre. Je n’arrive pas trop à l’écouter alors que c’est un de mes morceaux préférés pourtant.

 

Si vous deviez choisir une seule drogue entre le rap, la fumette et l’alcool, laquelle ce serait ?

Le rap. Le rap c’est un sport, et le sport ça maintient en bonne santé.

 

Pouvez-vous nous dire comment est née le morceaux « La menace d’une larme »   ?

J’avais contacté Allen Akino pour ce morceau. Dayell beat m’avait envoyé une prod et je l’avais gardé pour Akino parce que je voyais bien sa plume dessus, je voulais faire une connexion avec lui. Donc je lui ai proposé et il a kiffé la prod. Je lui ai aussi proposé le thème.

J’écoute les prods et ce que je ressens me permet de trouver un jeu de mots. C’est toujours les prods qui me donnent les directions et je pars toujours d’un jeu de mots.

 

Si vous aviez un rêve artistique, lequel ce serait ?

Franchement, ce serait de remplir une putain de scène, un Bataclan ou un Zénith avec mon blaze. Je pense que c’est le rêve de tout rappeur. Mais en vrai, je n’ai pas trop de rêves. Je continue à rapper. Ce que je kiffe, c’est de faire de la scène, donc mon rêve à la limite c’est que cela continue le plus longtemps possible. Qu’il y ait des orga et des assos qui continuent de me contacter alors que je ne suis qu’un petit artiste. Ça me fait plaisir d’aller jouer n’importe où, de découvrir un autre public et de transmettre ma musique, c’est toujours kiffant.

 

Un indice sur votre futur projet ?

À cette heure-ci j’ai fait « un train de vie peut en cacher un autre », et à chaque fois, le public était mes passagers. Je les amenais sur un long périple. Là, ça va être ma bande d’ignares, c’est tout ce que je peux vous dire.

 

 

 

Nous remercions Zicler pour le temps accordé.

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