Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

On est samedi, il est minuit. La troisième soirée de la Fiesta touche à sa fin.
Le rendez-vous final est donné aux Docks des Suds, lieu originel du festival.
Une petite queue commence à s’agglutiner devant les portes.

Comme l’ouverture prend du retard, les gens commencent à sympathiser. Deux catégories de festivaliers se croisent : les fêtards alcoolisés venus danser et profiter de la nuit et les adeptes de la programmation qui s’étonnent de voir certains des présents ne pas connaître les Djs qui mèneront le bal.

Le public est à l’image de la ville : divers ! Anglais, Néo-Zélandais, Africains, nordistes, échangent en mixant les langues. La vue des Docks génère des discussions nostalgiques : « Il parait que les Docks vont mourir »,  « tu as vu pour la plaine aussi ce qu’ils sont en train de faire ? ». La gentrification est au cœur des débats.

Trente minutes plus tard, nous pouvons enfin entrer. C’est Prof Babacar qui ouvre la soirée. Le public est timide et sa première destination n’est pas la piste de danse, mais le bar et ses fûts encore bien remplis. L’ambiance monte peu à peu et l’espace commence à se remplir. Grandmaster DJ Rebel a rejoint les platines à côté de son équipier. HipHop et groove africain prédominent. Loin des classiques que l’on entend chaque soirée, les artistes savent choisir les sons qui ont de la valeur. L’ambiance a pris, il est donc temps de faire entrer les invités. Un par un, ils font leur apparition.

Le premier, c’est Imhotep, le beatmaker d’IAM proche de Rebel. Nous l’avions interviewé en 2016 (lien vers l’interview de Imhotep). Le second c’est un « petit jeune » : Pak Dj’Een, que nous présentions dans l’interview de The Crush (Lien vers l’interview de The Crush).

Après les quelques pas de danse de Pak, c’est au tour de Mofak de faire son apparition. Celui-ci, on ne vous en a jamais parlé. Pourtant, il n’y a personne qui évoque son nom à Marseille sans une touche d’admiration dans la voix. C’est clairement « le roi de la funk », de la P-funk, de la G-funk. Et l’artiste compositeur-producteur est bien plus reconnu à L.A. que dans sa propre ville.

 

 

Le dernier invité de Rebel a également fait son apparition : Mic Flow. Celui-ci ne s’est pas emparé des platines, mais du micro, pour nous cracher du Beatbox tel un maître.

Belle ambiance, le public se déhanche, séduit.

Puis vient le tour du tant attendu « Dj Vadim » ce DJ aux origines russes qui ne cesse de faire des tours du monde et qui finit toujours par passer à Marseille. Vadim, c’est l’abstract HipHop, ce sont des sonorités issues du dancehall, de la drum‘n bass. Et c’est aussi, assez souvent, une combinaison avec un des pionniers du ragga français, MC issu de Raggasonic : Big Red.

Big red c’est un attitude, mais surtout un flow fast et technique. Il arrive, il enchaîne les morceaux sans perdre son temps en interlude, ça va vite, mais il garde toujours cet aspect « planant » qu’il a tout particulièrement développé dans son album « Vapor » dont il nous parlait en 2016 (lien vers l’interview vidéo de BigRed)

L’excitation est à son comble, la soirée bat son plein. Histoire de continuer dans cette lignée Prof Babacar et Rebel remontent sur scène.
En parallèle, BigRed et Vadim sortent de scène pour se diriger vers l’aéroport. Leur avion part dans 30 minutes.

Babacar et Rebel sont des acteurs du HipHop, des passionnés qui ne cessent jamais de se battre pour leur musique et qui lui ont déjà tant donné. En guise d’exemple, Rebel a récemment lancé « Marseille Zulu Radio » avec Dj PH et Don Bijoutier, une radio dédiée au HipHop qui commence réellement à s’imposer sur Marseille.

Il est maintenant 4h40 du matin, l’ambiance ne redescend pas et les deux artistes marseillais n’ont pas adopté l’attitude du « Fini-parti », ils risquent fort de s’éterniser. Pour nous la journée était longue, l’heure est au matelas et à la couette. La Fiesta des Suds se termine et on espère de tout cœur qu’elle reverra le jour l’année prochaine.

 

Nous remercions toute l’équipe presse de la Fiesta (Aurélie, Olivier, Julien, et le reste de l’équipe).

 

Découvrez également le report complet de la Fiesta des Suds :

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