Auteur, consultant et président de PARNAS' (label associatif), Vincent KITHAROS est passionné par la scène émergente et la littérature. Vincent est chroniqueur depuis 2015 pour Extended Player.

On arrive tranquillement, un peu après 18h. Le soleil se couche lentement, la mer est lisse, placide, la brise est tiède… Hier il pleuvait encore, ce soir il y a comme un air de printemps qui flotte sur le mois d’octobre.

Rumpus est sur la scène de la majore et distille un son jazzy, couronné par la voix soul de sa chanteuse. Guitares et basses fender, nappes de cuivres pour une musique langoureuse. L’ambiance est idéale.

On profite de ce début de soirée pour pousser LE coup de gueule du festival. La nuit n’est pas tombée que le village est déjà parsemé de gobelets en plastique floqués Kronenbourg. Pas étonnant, on m’informe au bar que les bouteilles sont interdites et par ultra-précaution mais sans soucis d’économie, ma bouteille en plastique est versée dans un gobelet en plastique. Le dossier de presse, qui s’émerveillait de pouvoir réaliser la Fiesta dans ce cadre idyllique, me parait ironique quand je vois le vent emporter les déchets mal gérés vers la mer. Côté écologie, on était aussi dans la même ambiance que pour la première édition de la Fiesta des Suds, 27 ans après.

Heureusement, la Banda du Dock me change les idées en se mettant à jouer devant la scène Mer où l’on attend Massilia Sound System. Vraiment très stylé cette petite fanfare de cuivres, de flutes, qui vient au contact du public chauffer la fosse avant l’arrivée des vétérans du Massilia Sound System. Le public se met en cercle autour d’eux, des percussions et un porte-voix sur une ambiance funk… Super initiative. C’est là que je comprends que malheureusement, les scènes étant trop proches l’une de l’autre, on ne va pas pouvoir courir d’un concert à l’autre mais que les groupes vont se succéder, alternant sur l’une ou l’autre scène.

 

MASSILIA SOUND SYSTEM

L’équipe du Massilia Sound System arrive et il faut le dire : Aïoli sur eux ! Le J4 était très chaud et le public massé en nombre pour les accueillir. Ils ont pleinement incarné la fiesta dans une ambiance fanfare, baletti et bien sûr, entre deux pastis ! Le Massilia, ce n’est pas que du son, c’est aussi un avis sur tout ! Soutient à l’Aquarius, soutient au collectif de la Plaine, rendez-vous divers annoncés à travers Marseille, il y a presque des airs d’assemblée citoyenne.
Fin du concert, tout le monde se déplace pour aller se masser devant la scène Major en attendant :

 

 

JEANNE ADDED

La structure scénique est sympa avec deux musiciennes aux pads et claviers qui cernent le percussionniste/guitariste. Jeanne est la petite pile blonde sur-vitaminée qui assure le reste du spectacle. A côté de la scène illuminée, un paquebot se met en branle. L’effet de ce monument flottant quittant lentement le port, sous les envolées de sons électros est assez surréaliste.  Jeanne a une voix fragile et envoutante, l’atmosphère est suspendue, légère… Au bout de quelques musiques après les morceaux pêchus du début, l’ambiance se tasse un peu. Jeanne joue d’une basse presque aussi grande qu’elle tout en chantant.
On va se positionner pour le concert d’Ibeyi, la tête d’affiche de la soirée à en juger par le public, plus nombreux encore que pour le Massilia Sound System. Le plastique est partout, des gobelets éventrés recouvrent le sol, les poubelles débordent… Est-il possible de profiter d’un lieu aussi féérique que l’esplanade du J4, aménagé en village de festival, sans gravement le souiller de nos déchets ? On va continuer de danser jusqu’au bout de la nuit, au bord de l’abime, les pieds dans la mer acide entrain d’asphyxier.

IBEYI

Les jumelles d’Ibeyi arrivent sur scène. Proche du public, avenantes, souriantes, on sent la complicité entre les deux artistes, l’une arborant une somptueuse coupe Afro et l’autre les cheveux lissés et attachés. Derrière les vocalises shamaniques et les percussions ethniques parfaitement maitrisées se déploie un film d’images sublimes et raffinées : des vues du soleil et de ses éruptions, des forêts tropicales, des dégradés de couleurs… Les images sont agrémentées de phrases poétiques « I feel you… » « We create, don’t be shame » notamment à l’intro des musiques. Ibeyi nous a joué des tubes de leurs anciens albums et des musiques plus récentes. La représentation est restée amicale, intimiste malgré la foule, et la grande qualité du son a compensé une ambiance qui n’est pas vraiment montée plus haut que ça.

Le dernier métro va partir, il faut renoncer à écouter DJ Oil et Cumbia Chicharra, mais il nous reste encore deux soirs pour nous régaler !

 

Découvrez également le report complet de la Fiesta des Suds :

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