Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Il s’amuse avec les mots, il les prend, les affute et les plaque les uns après les autres avec technicité. Pour lui, « Le rap est un sport ». C’est comme dans le foot, une fois que tu as un ballon tu dribles tout le monde. Ce qui me fait kiffer c’est le flow, la technique et l’egotrip ».

Et le tout sans style n’aurait pas autant de classe, alors il soigne son image. Son blaze ? « Je l’ai piqué à un ami de mon cousin. « Allen Akino », je trouvais que ça frappait ! Je ne rappais pas encore, j’étais à Paris, et, en rentrant sur Marseille, j’ai dit à mes potes « Appelez-moi Allen Akino » ». Depuis, son blaze est devenu synonyme de « lyriciste » et sa réputation ne s’arrête plus aux murs de la cité phocéenne. Zoom sur ce rappeur marseillais qui nous surprendra prochainement par une touche musicale à laquelle on ne s’attend pas encore.

Portrait de l’artiste en Punchlines :

 

La punchline à laquelle vous vous identifiez ?
« Comme un livre saint on ne m’actualise pas »
« La raison m’offre un doux horizon, mon choix d’impulsion finit mal »

La punchline dont vous êtes le plus fière ?
« Un bon grossiste n’a pas de problème de poids, un bon grossiste surveille toujours sa ligne »

La punchline dédicacée à vos amis ?
« Je ne dédicacerais pas mes couz en prison, j’attends qu’ils sortent pour leur faire la morale »

La punchline que vous dédicacez à votre famille ?
Je la dédicacerais à mon père qui est décédé :
« Si mon père ne m’avait pas envoyé de coup de fil, aurais-je compris le message »

La punchline qui parlerait de votre futur projet ?
« Je me balade, maîtrise en rap ou en chant »

 

Interview d’Allen Akino :

Il y a eu « Première sommation » en 2014 avec Napo, les AK, « Le livre d’Allen », « No Pain No Gain ». Pourriez-vous nous récapituler votre parcours  ?

J’ai commencé par sortir la série « Allen », jusqu’à Allen 4.  Ce sont des remixes. Le but était de montrer différents exercices de style. Ensuite, je suis passé à la série « AK ». Dans cette série, j’ai essayé d’être un peu plus « rentre dedans ». J’ai également fait une prise de risque avec le remix de Damso, une idée de Mourad, L’adjoint Skenawin.

Ces deux séries compilées m’ont permis de sortir « AK story #1 », puis juste après « AK story #2 ».
« AK story #2 » reprend l’ensemble de mes clips. Sur ce projet il n’y a pas de remix, ce sont des sons à moi, bien travaillés.
Les deux projets sont nés en même temps, j’avais plein de morceaux à mon actif, mais pas encore de projet en mon nom. Ce sont deux récapitulatifs.

 

On vous avait vu apparaître avec l’artiste Napo, vous aviez fait un projet commun, c’est une histoire révolue ?

On collabore toujours ensemble. On n’a pas prévu de refaire des projets à deux, nous participons réciproquement à nos albums. En studio on est souvent ensemble. Il a signé chez « Neochrome » et moi je me tourne vers une autre structure. On est toujours ensemble, mais pas musicalement.

 

Pourriez-vous nous choisir un titre d’un de ces deux albums et nous raconter son histoire ?

« Le livre d’Allen ».
Il me tient à cœur, mais je n’ai pas mis longtemps à l’écrire. J’écris toujours très vite. Pour celui-là, Mourad, L’adjoint, avait mis à tourner plusieurs instrus. Celle-là appartenait à quelqu’un, elle était déjà prise, mais je la voulais vraiment. Il s’est débrouillé pour la libérer.
À la première écoute, je n’avais qu’une envie : sublimer sa prod. J’ai tout de suite imaginé un flow lent et des punchlines dessus.

 

Quand il s’agit de « concevoir », comment procédez-vous ?

Je commence par recenser des thèmes qui m’intéressent, je note ceux que je souhaite aborder dans un petit bloc note, et dès que j’entends une instru intéressante pour un thème je me mets à gratter. J’écoute beaucoup la musique avant d’écrire.

Pour les prods, je passe par différents beatmakers :

> Sayen Beats que L’adjoint m’a présenté, j’aime beaucoup sa couleur
> Il y a Franklin aussi, un jeune beatmaker
> Member K aussi, le meilleur beatmaker de son arrondissement d’ailleurs, comme il le dit
> Thundabolts
> Et l’Adjoint Skenawin qui est plus un frère, un ami hors rap, qu’autre chose

 

Si on revient sur « Je me balade, maîtrise en rap ou en chant », doit-on en déduire que votre futur projet sera chanté ?

Exactement, je vais montrer tout ce qu’on sait faire.
Ce projet ne va pas tarder à voir le jour, mais je suis en négociation pour le sortir sur une structure précise. Il est finalisé, il ne me reste plus qu’à le dévoiler. C’est la nouvelle touche musicale que je vais apporter à mon univers. Cela sera beaucoup plus musical. J’ai commencé à chanter avant de rapper donc je reviens à ma base.

 

Passer au chant change-t-il votre façon d’écrire ?

Oui totalement, cela change toute ma façon de concevoir les textes. Cela sera plus profond. Cela me ramène à la personne que je suis tout au fond de moi. Ça demande plus d’émotions donc automatiquement je vais parler de choses qui me touchent plus. Si ça touche plus, c’est que c’est plus proche de moi. Quand je chante c’est plus introspectif que quand je rappe. Quand je rappe, je reste dans le personnage d’« Allen Akino ».

Ce projet pourra prendre la forme d’un album ou, dans un premier temps, être un petit projet. C’est en train de se dessiner. De mon côté, j’ai de quoi faire un album, j’ai plein de morceaux. Cela fait peut-être deux ans que je taffe sur le projet. J’ai pris une année pendant laquelle je n’ai fait que ça. J’ai beaucoup expérimenté. Plein de morceaux sont sortis de cette année-là. Les AK sont une idée de dernières minutes, j’avais fini tous mes morceaux donc je me suis mis au AK. Concernant les morceaux de ce projet, il n’y a que « Le livre d’Allen » et « No Pain No Gain » qui sont sortis.

 

Est-ce que c’est un projet que vous aimeriez défendre sur scène ?

Oui totalement, c’est la base. La scène me manque énormément. Je n’ai pas beaucoup fait de scène dernièrement. J’aimerais bien en refaire. Je défendrai le projet de manière propre.

 

Puisque vous avez écrit ces titres il y a deux ans, n’avez-vous pas peur que cela crée un décalage avec ce que vous pensez au moment présent ?

Ce qui est bien dans la musique, c’est que j’écris de manière intemporelle. L’exception c’est lorsque je sors un freestyle rapidement. Dans le cas d’un freestyle je peux parler d’un fait d’actualité.
J’essaie vraiment d’écrire de manière à ce que cela traverse le temps, j’ai toujours pensé comme ça.

 

Vous avez écrit pour d’autres artistes. La manière d’écrire pour quelqu’un diffère de l’écriture pour soi-même. Pouvez-vous nous en parler ?

C’est complètement différent. En général, je co-écris. Je me mets avec la personne dans une salle, on s’enferme, on échange, et on crée en même temps. J’arrive à me servir de la personne pour sortir ce dont j’ai besoin. Les palettes de couleurs pour écrire ou dessiner c’est l’artiste qui me les donne. En ce moment, je suis en studio avec un groupe. J’écris pour eux et c’est un kiff parce qu’ils sont d’une autre école, ce sont des anciens. J’aime beaucoup m’imprégner de ce qu’ils ont vécu, de leur manière de voir le rap. J’essaie de transcrire la chose, j’ai toujours été bon pour ça.

 

Dans la musique quel serait votre plus grand rêve ?

Faire un feat avec Jean-Jacques Goldman ou Céline Dion, ou pourquoi pas les deux en même temps. Ce n’est pas des blagues, musicalement parlant c’est mon rêve. Si on parlait uniquement de rap ce serait différent.

 

Quel est votre plus beau souvenir ?

C’est un concert avec Napo à Saint-Maximin. On a toujours eu des concerts casse-pipe où c’était le bordel, ou rien n’allait. Mais à Saint Maximin ça c’est super bien passé, au point qu’à la fin beaucoup de monde est venu prendre des photos avec nous. C’est la première fois qu’on a ressenti le retour d’un public et cela m’a fait quelque chose.

 

Auriez-vous quelque chose à ajouter ?

Suivez le mouvement patiemment et vous ne serez pas déçus mes Baye Fall.

 

Nous remercions Allen Akino pour le moment partagé et attendons patiemment ses futurs projets.

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