Pas courant d’entendre une guitare acoustique, qui plus est autrement qu’en simple rythmique, dans l’introduction d’un morceau aussi rock et empreint d’overdrive. Encore plus surpris de découvrir un peu plus loin une partie rappée (Charles X) intégrée à merveille au titre. Les No Money Kids font une musique adroite, décomplexée de tout attachement à un genre spécifique, pour sûr, mais pourtant parvenant à créer un esprit et un son d’ensemble permettant de parler d’unité. C’est là que se joue l’essentiel de la formule groupe. Celle d’un duo – hé oui, seulement deux musiciens – mais en osmose, habitués à jouer ensemble dans une communication instinctive et créative, naturelle. Felix Matschulat et JM Pelatan. L’un est aux vocaux, à la guitare et aux synthés. Le second touche aussi au synthétique et assure les basses et la batterie. Très difficile d’imaginer qu’il y a si peu de monde derrière cet enregistrement, tant il sonne richement produit, sans excès néfastes, en adéquation parfaite avec un répertoire détonnant. Ne serait-ce que leur version du fameux « Crazy » des Gnarlz Barcley, soul à souhait, sans chichi, mais surtout pas minimaliste, ni dans le son, ni dans l’emportement. Absolument rien à redire côté technique et maîtrise au service d’une inspiration bien dans son époque. Un titre comme  « Family Blood » joue la pression dynamite, alors que « Blue Shadow » impose un tournis mélodique avec un riff de guitare remarquable, juste après un « Lost Generation » enregistré avec The Toxic Avenger, pure électro pour boite de nuit, claps à l’appui. « Nowhere Land », plus lent, chanté accompagné par des claquements de doigts pourrait jouer le rôle de slow de l’album. Mais le traitement de la chanson a bénéfiquement usé de l’option arrangements amples et généreux, conférant une atmosphère spatiale au titre. « My Loneliness » combine tout ce qui fait le charme de No Money Kids : très beau travail ambiant, mise en espace sonore et refrain porteur que l’on va aussitôt mémoriser. « Radio Song » reste dans la continuité et porte très bien son nom. Quant à « Better », la clôture d’album se fait tout en beauté saturée, façon No Money Kids, soit de manière très propre et concise.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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