Ils nous ont habitués à cet univers sixties. Les suisses ont autant le look que le son dans la démarche. Ce nouvel album, s’il enfonce le clou avec ses sonorités organiques (« Erotique »), et de clavier typiquement daté (« Qu’On Aime Taire »), laisse une place prépondérante à la pedal-steel, instrument plutôt réservé à la country music. Cette originale association parfume délicieusement le répertoire présenté au recto du cd comme les quatre faces du double album vinyle original produit par le Pop Club Records, soit quatorze titres. Avec l’introduction de la quatrième piste, « Et Le Blizzard S’Estompe », on est en plein clin d’œil « Riders On The Storm » des Doors. Mais la voix des Rebels, celle d’Alex Kacimi, n’a rien à voir avec celle de Jim Morrison, plus calme et tranquille, en harmonie avec le peace and love de la décennie inspiratrice, à laquelle sont ajoutés les voluptueux émois du saxophone en mélodies incidentes. Le groupe a le don de recréer des ambiances typiques, sans prioriser spécialement la nostalgie. On serait plutôt dans un esprit proche de celui que défend Framix, attelé à renouer avec une forme d’insouciance dont manque cruellement l’époque actuelle. Pourtant, notre ère est celle de tous les possibles question musique. La preuve avec ces sonorités tellement éloignées de toutes les tendances électro ou hip-hop du moment. « Teddy S. » remet au goût du jour le slow, langoureux, sensualisé lui aussi par un saxophone investi. L’instrumental a lui aussi sa place avec « Biche ». Et la quatrième face se prévaut d’une reprise surprenante du très beau « Quand J’Etais Chanteur » de Michel Delpech, que colorise singulièrement la pedal-steel, sur le mode en accord rhumatisme du tempo, ainsi qu’un solo d’orgue à l’étouffée, et, plutôt que de clore comme dans la version originale avec le « et ça distrait ma vie », énoncé un peu plus tôt, ce sera un symbolique « mais j’entends quand même des choses que j’aime », qui clôturera le titre, répété ad lib, pour laisser place au Fender Rhodes pour la « Cavalcade » finale, plutôt balade tranquille que course poursuite. Le style des Rebels…

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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