Pour un amateur de pop-rock, découvrir un album de Manu Katché est un peu comme aller au-devant d’une surprise qui peut être aussi bien plaisante que désagréable. Ce dernier adjectif utilisé ici uniquement dans le sens où le style musical développé correspondrait à des tendances trop éloignées subjectivement des goûts de l’auditeur. Mais l’attention est tout de suite happée dès l’entrée du cymbalum dans l’instrumental au titre significatif, « Keep Connexion », musique impétueuse et enthousiaste symbole de tolérance. Et puis l’œil, au regard des notes de pochettes, avait remarqué la présence du fabuleux Faada Freddy (Daara J) sur « Vice », annoncé en troisième position, et effectivement, répondant à toutes les promesses, la présence vocale de Faada portant au plus haut le niveau émotionnel du titre. Un disque de batteur, de haut niveau, aurait pu se contenter de semer des poussières démonstratives, ce qui n’est absolument pas le cas. « the scOpe » est un album au son hyper moderne dans lequel dominent la puissance de feelings personnalisés. Celui de la guitare introductive sur « Overlooking » en est un exemple flagrant. « Please Do » est un morceau au son très actuel, sorte de pop-song aux variations électro-jazzy avec un refrain qui fait mouche. « Paris Me Manque » est un rap, introduit par un gimmick de trompette et chanté par Jazzy Bass, avec un flow évoquant Manau et une voix sonnant IAM. C’est Jonatha Brooks qui prend la suite, avec  un « Let Love Rule », up tempo particulièrement profond et sensuel. Manu Katche chante aussi sur ce titre, mais sa voix reste légèrement en retrait, alors que sur « Don’t You Worry, il officie pleinement, en harmonieux duo avec Kayla Galland. Le son de cet album est parfait, et chaque titre bénéficie d’une introduction digne de ce nom, et d’un refrain le plus souvent imparable, que ce soit sous la forme chanson ou instrumentale, puisque même sans parole, Manu Katché réussit  avec son quatuor (claviers, basse et guitare) à emporter de très mémorisables, plaisantes et convaincantes mélodies. « Tricky 98 », qui clôture l’album pourrait servir de référence, avec son gimmick infaillible. Pas étonnant que ce morceau ait été choisi pour accompagner l’entrée des bleus dans la U-Arena en juin 2018.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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