Se plonger dans une époque que l’on n’a pas connue n’arrive pas tous les jours. Encore moins lorsque celle-ci a vu naître les prémices du HipHop marseillais. Pourtant c’est ce qui m’arriva en passant la porte du studio d’enregistrement, le LABO KLANDESTINO, posté face à la piscine Vallier, au croisement de l’avenue du Maréchal Foch et de Sakakini. À l’intérieur, Fred m’attend avec une infusion au gingembre.

Fred c’est Labo, quelqu’un que l’on croise depuis un petit moment, notamment parce que c’était le guitariste de Dj Djel lorsque celui-ci présentait son album solo « Rendez-vous » et de La Méthode avec leur album « Adrénaline ». Aujourd’hui membre du Mofeezy Band, et un allié de The Crush, groupes qui ne cessent de s’approprier les scènes marseillaises, enchaînant les concerts.

D’ailleurs, c’est justement en lui demandant de nous retracer son histoire musicale qu’il me proposa ce grand plongeon au sein d’une époque que j’aurais rêvé de vivre. Mais avant cela, commençons par sa rencontre avec la musique.

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Quelques vinyles et deux trois notes de guitare à l’origine d’une passion

La musique me vient de ma mère. Dès tout petit, elle me faisait écouter des vinyles de soul, funk, reggae, et m'avait acheté une petite guitare, une petite batterie et un petit piano. J'ai tout de suite accroché avec tout ce qui est rythmique.

Mon oncle Brahim a eu aussi une influence importante, notamment quand il passait des vinyles de Bob Marley, Jimi Hendrix, toute la crème de la crème, lorsqu’il nous rendait visite à Paris, où j’ai grandi jusqu’à mes 7 ans.

Ensuite, mes parents sont revenus vivre à Marseille. C’est en 6ème que j'ai eu le déclic. Dans le couloir du collège St Théodore, j’ai entendu un son, je suis monté dans les escaliers, et j’ai vu mon pote Seb jouer de la guitare classique. Une sensation de coup de foudre auditif. En rentrant, j'ai demandé à ma mère de m'en acheter une. Quelques jours après, j'ai commencé les cours avec Madame Gourion, une prof de musique qui m'a pris sous son aile pendant deux ans. Elle m'a appris le solfège et toutes les bases de la guitare classique.

Ensuite, les années collèges suivantes, je me suis acheté une guitare électrique. À cette époque-là, en mode autodidacte, j'étais très reggae, pop et funk. J'écoutais Bob, Burning Spear, Steel Pulse mais aussi U2, Dire Straits, Pink Floyd, Led Zeppelin, Jimi Hendrix, James Brown, Prince, Stevie Wonder. J'écoutais tout ce qui me rapprochait de la guitare. Donc David Gilmour pour Pink Floyd, Mark Knopfler pour Dire Straits, et surtout David Howell Evans, dit The Edge pour U2, que j’adorais pour son jeu et son son. Tous ces guitaristes-là m'ont inspiré.

J'avais déjà commencé à avoir une tranche reggae, une tranche pop-rock, et entre les deux j'avais le funk : fin années 80, début 90.

« J’ai vu mon pote Seb jouer de la guitare classique. Une sensation de coup de foudre auditif »

L’origine du nom « Labo Klandestino », cocktail d’influences

Créer un studio était un rêve de gosse que j'ai eu tôt, et quand j'ai vu un reportage sur Matthieu Chedid enregistrer son premier album chez lui à la campagne, je me suis très vite intéressé techniquement à l’univers de l’enregistrement studio. C'est un guitariste qui compose dans un style pop-funk-HipHop.  Labo c'est pour "Labo -M-", le tout premier album instrumental de Matthieu Chedid. Il avait fait un truc avec son "M" en consonance avec Charles Aznavour. Klandestino par rapport à Manu Chao, et Imhotep, avec son album Blue Print, ont été des références. Labo Klandestino, c'est cet ensemble, avec en haut de tout ça, mon oncle Brahim qui m'a toujours poussé là-dedans : « Lâche rien, Y’a pas d’arrangements ».

Avant qu'il parte, j’ai eu la chance qu'il vienne au LABO, et j'ai senti qu'il était fier. Il était content pour moi et m'a toujours dit que nous étions en sursis dans la vie. Il faut toujours foncer, car on ne sait pas ce qui adviendra demain : déboires de couples, vie familiale, maladie, etc. Cet oncle était fédérateur.

« Klandestino vient de Manu Chao et Labo c'est pour “Labo -M-” l’album instrumental de Matthieu Chedid. »

Les premiers groupes : « Original MaryJane », « The Gabbians », « Rascal Riddim Reggae »

Dans les années fin 80/début 90, mon oncle Brahim a ouvert deux bars à la Plaine, toujours plein de monde : le « Degust Rock » et « le grand Degust ». Il a fondé les MTP avec Depé entre autres, Marseille Trop Puissant. C'est mon tonton spirituel et artistique. J'étais toujours à fond sur lui et il m'a transmis ce côté fédérateur. Fédérer et connecter entre eux les artistes, les pousser dans leur passion.

Il a ouvert la porte aux DJs comme Djel, à Seek, Looping pour les graffs... Les premiers micros ouverts étaient au Degust, avec les ricains qui arrivaient par bateaux avec leurs cassettes, casquettes et baskets. Ils arrivaient en ville, à Vallier sur les terrains de basket, et passaient au Degust prendre le mic avec DJ aux platines. Le côté underground à la Plaine leur rappelait Brooklyn. Nous avions beaucoup plus de lieux underground dans les années 90. Aujourd'hui cette mouvance revient, il y a un truc qui se passe depuis 2016 et les anciens rassemblent, passent le message, la mouvance HipHop s’active. Culturellement parlant, nous sommes sur une bonne vibe... Les gens et les assos se bougent le cul, veulent faire les choses, les lieux renaissent : le Makeda, le Molotov, l’Intermédiaire, l’Afriki Djigui.. La passion n'est pas que regardée. Beaucoup de gens font les choses avec le cœur, cela se ressent, et c'est ce côté que j'aime, c'est aussi ma manière de faire.

Pour en revenir à l’époque du DegustRock, à 17 ans j’ai eu mon premier groupe. On faisait du rock. On reprenait du AC/DC, RED HOT, NIRVANA, du style comme ça.  Ensuite, avec FaïaNature, Farid, 16 ans, on a monté le groupe "Original Maryjane", on jouait de tout. Je me rappelle encore de ma première Fête de la Musique au grand Degust…

Les premiers concerts étaient donc dans les bars de mon oncle. Là-bas, je m’éclatais sur des jams avec ENTERPRISE.  À l'époque il y avait aussi Massilia Sound System, les débuts la Fonky Family. La FF n’était pas encore formée, mais Djel était aux platines et, nous les zicos, on arrivait et on testait des délires ensemble. Il y avait aussi tous les vieux groupes Clair et précis, Black Lions, tant dans le HipHop que dans le reggae avec GANG JAH MIND, Joe Corbeau, Sons of Gaia, Raspi... J'ai vraiment eu la chance de voir grandir toute cette mouvance musicale marseillaise. C'était HipHop & Reggae, et Rock.

« La FF n’était pas encore formée, mais Djel était aux platines et, nous les zicos, on arrivait et on testait des délires ensemble. »

C’est à partir du moment où j'ai commencé à fréquenter le milieu de La Plaine que c'est allé très vite : J'étais à la guitare avec mes premiers groupes The Gabbians et Original Maryjane.

On se retrouvait sur le terrain de basket de Vallier, juste en face du Labo, avec Lloys, Djel et tous les potes. À l'époque du début d’IAM, j'étais allé chez Chill (Akhenaton, ndlr) par hasard, il habitait sur le Cours Ju, revenait des states avec plein de K7 de HipHop chez lui... On écoutait les nouveautés HipHop... J'ai fréquenté un peu tout ce milieu-là. Bouga, c'était King Fish, il y avait les Soul Swing Radical avec Faf Larage, B-vice, UP-Town, la Zulu nation, la Xmob... Moi j'étais en mode basketteur et guitare, neveu de Brahim qui bougeait dans cette mouvance, et j'ai tout vu exploser : IAM, FF, Massillia ... J'ai vu des choses de ouf grâce à Brahim qui était dans le milieu artistique et footballistique de Marseille… 26 mai 93.

Il m'a investi avec lui dans les scènes marseillaises du tout début, les tout premiers concerts au Degust. Il y a eu la rencontre avec Manu Chao, Zebda, Fluoman, plein d’artistes qui passaient au Bar…

« J'étais allé chez Akhenaton par hasard, il habitait sur le Cours Ju, revenait des states avec plein de K7 de HipHop chez lui »

Fred me montre un cadre entier rempli de photos et de places de concerts et nous précise : « Je devais avoir 20 ans sur cette photo, et je suis avec Manu Chao et Brahim aux arènes de Nîmes. Là, tu as d'ailleurs toutes les places de concerts auxquelles j'ai assisté. Mon premier, à 14 ans, c'était Pink Floyd en 88 à Montpellier. Comme tu peux le voir, il y a beaucoup de concerts reggae. »

Pour résumer, mon premier groupe était plutôt soul-reggae-funk. Celui qui pour moi était le premier, c'était avec Nadim. On s'appelait "The Gabbians". On faisait du reggae, et ensuite celui avec Farid, « Original MaryJane ». On était très jeunes. Avec Farid on pouvait chanter du Jimi Hendrix, Jim Morrison, mais c'était tout de même très reggae et HipHop. On faisait des reprises de MC Solaar, de Soon E MC.

Après, il y a eu la période où on a monté un groupe avec plusieurs gars, ça s'appelait « Rascal Riddim Reggae ». C’est un groupe qui mélangeait des musiciens de Marseille, de Martigues et un peu de Marignane. On avait fait un tremplin Emergenza qu'on a gagné dans la région sud-est. On est allé à Paris, on a fait l'Élysée Montmartre. Une superbe expérience musicale et humaine entre potes.

 

Les débuts du Labo Klandestino

C’est le premier album d’Imhotep, « Blue Print », qui a été déclencheur. Je devais avoir 22ans, j'habitais à la Blancarde, mon premier home studio il y a 23 ans.

Je commençais à bosser avec des séquenceurs comme Cubase, MPC 2000xl, Technics KN 1200…

Un marabout du son, « Laurent dis LONGU », m’a permis de croire en ce rêve de monter un studio… Lui a commencé avec STef K20, le fameux Magnetik lab, à côté du Moulin de l’époque, qui est à l’origine de « Marseille Reggae All Stars », cet album des années 90. C’est avec Longu que j’ai fait mes armes dans le groupe Paul Morgan and The Messengers.

« C’est le premier album d’Imhotep “Blue Print” qui a été déclencheur »

Il a été déterminant dans la construction sonore du Labo… Aujourd’hui, je profite aussi des connaissances d’autres ingés son du milieu marseillais (Gégé, Denis, Fifi, Denis Rasta).

Après la belle expérience avec Messenger, j'ai construit un vrai studio dans mon garage à Ensuès-la-Redonne. Ce n'était plus un home studio. Ça a marqué le début du Labo Klandestino. À ce moment-là j'ai fait plein de rencontres, j'ai commencé à multiplier les projets. C'est dans ce labo que j'ai bossé avec Djel sur l'album de « Rendez-vous ». Ça m'a ouvert beaucoup de portes, déjà parce qu'on a fait de super scènes ensemble, puis parce qu’il y a eu un travail de studio qui m’a beaucoup appris, et surtout parce que Djel c’est Djel tout simplement.

L’atterrissage à Marseille et les premières collabs

Les déboires de la vie ont fait que je me suis séparé, que j'ai déménagé à Marseille. Cela a été un peu galère pendant 2-3 ans. J'ai atterri ici, au 48 avenue Foch, vraiment par hasard. C’est le Mektoub. Au début j'avais pris le local pour mettre mes affaires et au bout de quelques mois, je me suis dit « Mais en fait il est pas mal ce local ». J'ai dormi là-dedans, et finalement j'étais bien. C'était le bordel, puis je me suis dit que j'allais le garder et le transformer en studio. Et là, ça a explosé. La création du Labo sur Marseille a été une bouée de sauvetage. Je n'ai jamais lâché le truc et la musique est toujours une aide thérapeutique pour moi.

« J'ai atterri ici, au 48 avenue Foch, vraiment par hasard. C’est le Mektoub »

La première année j'ai enregistré l'EP de Siêm Folknomade avec Christophe Isselee, magnifique projet riche en émotions. Cela remonte à 3 ans. On a passé 4 – 5 mois à faire cet EP, c'était une super expérience et tout est parti de là. Ça a fait du bouche-à-oreille. J'ai commencé à enregistrer pas mal de rappeurs, faire des dub plates avec des artistes de malade comme Ken Booth, Lone Ranger, Pierpoljak, U-Brown…. Après j'ai enregistré avec Boss One (3e Œil), Faf Larage, Sat (FF)... Et, ce qu'il y a de bien, c'est que le fait que je bosse en parallèle me permet de travailler avec des artistes que j’aime.

Denis (Lee Limice) m’épaule aujourd’hui au studio. On est deux. Cela permet de faire tourner le lieu un peu plus souvent et moi ça me permet de respirer et d'accompagner les artistes sur scène : Siêm, Mofak, The Crush

Avec Mofak et le Mofeezy Band je réalise un autre rêve de gosse, faire du Pfunk de la côte Est marseillaise.

Il y a aussi les projets de Rôhan (album Divinamour) et qui travaille avec moi aussi sur la réalisation vidéo, Zahariya artistes neosoul (album Fairy on a cloud), Flora Monrose, Mayrina Chebel (projet en préparation)... Je prépare également un projet avec Imane (the Voice), artiste New soul, Deep soul.

Pour résumer, les artistes avec lesquels j’ai bossé sont : Rôhan, DJ Djel, Creestal, Siëm Folknomade, Mayrina Chebel, Paul Morgan, Zahariya, Imane, La Méthode, The Crush, Mofak, Dub Akom, Pharaonics, Lee Nossent, King Krab, Remy Womack, Rascal Riddim Reggae, Franz And K.O.G, Rzee Jackson, Rod Taylor…

Les beatmakers : Pakdjeen , JustMusicBEATS, Creestal, L'Adjoint, Nid de Renard, AHayAsis, Mofak, Nizi etc.

Le Labo Klandestino aujourd’hui

Mon travail au Labo résulte de discussions. Par exemple, le 9 février (concert à destination des sinistrés de la rue d'Aubagne) a été riche en rencontres. Le lendemain de l’événement, certains artistes sont venus au studio, notamment pour faire des projets annexes en préparation. Dans ce cas-là, c’est une tierce personne qui a fait le lien. Je me connecte en tant que musicien arrangeur. Ce jour-là, j’ai joué sur une prod de Pone, et j’ai aussi eu la chance de communiquer avec lui, un beatmaker (FF) qui m’a beaucoup touché dans son approche et son travail du sample.

D’autres beatmakers passent au studio, il y a une accroche artistique, musicale, humaine. Je propose des choses, ou on me demande des arrangements, comme BuddahKriss pour des prises de basses ou de guitares. Il sait très bien dans quelle direction me diriger, et ensuite je peux proposer des idées. Je bosse aussi avec quelques beatmakers sur Paris. Le bouche à oreille du studio fonctionne très bien et pouvoir apporter une touche avec une guitare, basse, je kiffe ça.

Il y a des projets en préparation. C'est cool parce que je vois ça de l'intérieur, et moi qui étais adolescent à l'époque, de le vivre à 45 ans, c'est complètement inattendu. De me retrouver avec de superbes artistes me rend comme un gamin. Je reste humble et je profite.

Je me dois de passer le lien, continuer le truc pour les jeunes, quelles que soient leurs orientations musicales, de les motiver et de les pousser à réaliser leurs rêves. Au LABO, il y a des artistes issus de différents styles de musique qui passent enregistrer, de la trap, puis du Maloya… Et juste après, des artistes internationaux comme Guo GAN, grand violoniste chinois venu deux jours avec Sébastien Damiani.

« De me retrouver avec de superbes artistes, me rend comme un gamin. Je reste humble et je profite. »

J'ai la chance de choisir les projets qui me tombent dans les mains et les artistes que j'accompagne sur scène. J’aime créer, j'aime composer, arranger, jouer de plusieurs instruments. J'ai commencé par la guitare, puis le clavier pour pouvoir programmer, et après j'ai touché un peu à toutes les machines, MPC, batterie, drum. J'enregistre des boucles et quand je veux faire des plans techniques qui ne sont pas à mon niveau, je découpe en mode sample et les rejoue dans les machines, ou je fais appel à mon équipe de musiciens klandestins.

Le travail paie. Il y a tout de même trente ans d'investissement dans le matériel et l’apprentissage. Le tout accompagné par des personnes déterminantes dans ce projet : Longu pour le son, Brahim par sa motivation, Djel, ainsi que toutes les groupes qui m'ont fait avancer : Paul Morgan and the Messengers, La Méthode, Rascal...

Tu apprendras toujours et rester humble est très important dans ce milieu.

Les plus beaux souvenirs du Labo

Mes plus beaux souvenirs sont ceux avec Ken Booth, Imhotep, Djel, Siem, King Krab… Mais vraiment Ken Booth m'a marqué. Quand on m'a appelée pour me dire « On veut faire une dub plate chez toi avec Ken, c’est un artiste que j’ai vu il y a 10 ans à l’Élysée Montmartre avec No More Babylone, je n’en revenais pas ! 75 balais en costard blanc qui rentre au Labo avec sa prestance ! En plus, il a senti la vibration de ce que je vis au studio. “Ne change vraiment pas ce que tu es, je mets toujours un pied dans un studio et j'en laisse toujours un dehors. Mais on met les deux pieds chez toi, il y a quelque chose de bon.” KEN.

Le jour où U-Brown est rentré et m'a béni le studio avec du Rhum m’a marqué également. J'ai regardé Don Maleko étonné (fou rire jaune) pour essayer de comprendre et Don m’a expliqué qu’il bénissait le studio ! C'est ce genre de moments qui est incroyable.

“Le jour où U-Brown est rentré et m'a béni le studio avec du Rhum m’a marqué également”

J'avais enregistré Rod Taylor aussi à Ensuès-la-Redonne. Quand tu vois arriver des artistes pleins d'humilité, de simplicité, tu te dis que la musique c’est ça : peace, love and unity.

Ce sont des personnes qui ont une aura impressionnante. Des moments qui restent gravés à vie. Les grands artistes sont ceux qui ont le plus d'humilité.

Au même titre j’ajouterai Imhotep, tonton quoi ! Je me sens proche de lui dans l’approche musicale et humaine. C'est quelqu’un de simple qui a l'amour du truc. Quand tu te retrouves avec des artistes comme ça, que tu as suivis pendant 20 ans de ta vie, et qu'un jour ils viennent dans ton studio, c'est incroyable ! En fait tu vis tes rêves.

Mais il y a toujours une balance, d'un côté tu vis des moments passionnants, de l'autre les dures épreuves de la vie. La musique m'a permis d'équilibrer plein de choses du coup, elle a toujours été là. Quand la passion fait partie de toi, tu ne peux pas l'enlever. Il faut rencontrer quelqu'un qui la comprend, et il faut faire des compromis. Dans mon cas cela a été compliqué, car cette passion peut te bouffer à un certain moment de ta vie, te retrouver seul dans ta bulle c’est parfois dangereux. Cela ne te fait pas oublier tes proches, mais c'est très prenant. Quand tu es musicien, tu veux profiter de tous les moments, mais une bonne organisation c’est primordial.

Un projet signé Labo Klandestino

Jusqu’à maintenant on m'invitait sur des projets en tant que guitariste, bassiste ou arrangeur, ou pour des prods. J’ai fait l'inverse sur mon projet, j'ai invité tous les artistes que je voulais. Et j’ai tout fait en sous-marin.

Cela fait quatre ans que je bosse dessus. Entre le début du projet et maintenant, j'ai fait beaucoup de rencontres, notamment des artistes internationaux, comme Nathan, pote Mc/chant de Mofak qui habite au Canada, Franz And K.O.G grâce à Sarah et Mika de la Mesón ! Rzee Jackson, jamaïcain, grâce à Ali Fly Foot Selecta, Osiris MC de LA grâce à Cyril Benhamou, etc.

La carte blanche que m’avait proposé de faire SARAH de La Mesón, et la première partie de Blitz Ambassador, m’ont permis de connecter avec des artistes Anglais, KOG et FRANZ. Cela m'a permis de finir mon projet. J'ai fait de superbes rencontres. Cette soirée restera inoubliable, merci La Mesón …

“Ce projet prendra la forme d’un album de 14-15 titres avec une mouvance très Hiphop. C'est musical, tout est joué.”

Ce projet prendra la forme d’un album de 14-15 titres avec une mouvance très HipHop. C'est musical, tout est joué. Il y aura un morceau Lounge avec une chanteuse & un rappeur, un morceau dans un délire de TalkBox avec Mofak, donc plus funk, un morceau de reggae, un morceau plus sweet, à la D’Angelo, avec NATHAN, des sons plus jazz aussi. Et je garde quelques surprises pour la fin. Là, je suis en train de mixer l’ensemble. Une fois le mix fini, je balancerai le premier clip qui annoncera le projet.

L’album sera téléchargeable sur toutes les plateformes. On fera peut-être aussi des vinyles. Il y aura une release party aussi, un gros événement au mois de mai. Pour le live, il y aura des musiciens : batteurs, sax, clavier. Comme je suis sur le même label que King Krab, Uptown Records (géré par Adam Bastard), c'est avec eux que je bosse le live. S’ajouteront aussi les invités : Djel, Mofak, Cyril Benhamou

 

 

 

Extended remercie Fred pour le temps qu’il nous a accordé et nous attendons avec impatience la sortie du projet et la date de l’événement !

Cet article a été rédigé par :

Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Comments

  1. L’accès à l’interview par l’intermédiaire des paragraphes est vraiment super pratique. C’est une excellente idée pour les formats rédactionnels longs. Par contre, je ne sais pas si c’est la durée d’affichage sur mon ordi et sur mon smartphone, mais il a fallu que je clique sur la première photo de gauche pour qu’apparaissent les titres sur lesquels cliquer.

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