Si les Francofolies bénéficient d’un programme avec des têtes d’affiches parlant au plus grand nombre, le Chantier des Francos aura une ambition tout à fait différente. Ici, pour le public, les mots d’ordres sont convivialité et proximité. Sur une petite scène enfouie dans un hangar au bord du port de La Rochelle, une branche agit depuis 20 ans pour former de nouveaux artistes et les mettre sous le feu des projecteurs.

Durant une semaine, trois artistes viennent faire une petite prestation chacun leur tour. Du 20 au 24 mai, Siau, Chine Laroche et Thé Vanille se partageaient la scène à tour de rôle. Si je n’ai pas eu la chance de prendre part au concert de Siau, je suis arrivé pile à temps pour entendre les premières notes du synthétiseur de Chine. Une lumière discrète vient éclairer la chanteuse et son batteur, les faisant ressortir de la pénombre ambiante du hangar.

Une pop glamour aux nappes électro expérimentales imprègne la pièce. Quelques timides mouvements de bassin dans la foule à l’écoute du batteur qui se prête totalement au jeu. Pour la chanteuse, sa voix grave, que l’on a pu entendre durant quelques interludes parlés, lui donne un souffle puissant même lorsqu’elle joue des accords nerveux avec sa guitare électrique. D’ailleurs, la variante entre instrument en main et micro au devant de la scène dynamise le tout. Avec une petite aisance dans le mouvement des bras, Chine arrive à nous décontracter avant la dernière partie exécutée par Thé Vanille.

Pas de doute, le trio Tourangeaux a l’habitude de la scène. Il faut dire que cela fait deux ans qu’il se rend au chantier avec son garage rock armé d’un esprit punk. A l’ouverture, des flashs lumineux viennent clignoter alors que la chanteuse Nasta secoue avec frénésie ses cheveux sur le rythme du batteur Théo. Le guitariste, Valentin, abhorre une robe bleu écarlate et viendra faire quelques interventions vocales efficaces. La danse distordue qui sera interprétée tout du long procurera une énergie forte donnant envie de sautiller et de se trémousser, au point de laisser échapper des gouttes de sueurs.

Synchronisé en permanence avec la batterie, Nasta arrive avec prestance, sûre d’elle, nous servant un petit humour relaxant entre deux morceaux. On comprend que les musiciens mettent un point d’honneur au live et qu’il y a un travail fourni dans la mise en scène. Pour eux, c’était leur passage final chez les Francos et ils sont maintenant prêts à viser de plus grosses salles.

Fidèle à La Rochelle, vous les retrouverez au Théâtre Verdière le 13 juillet.

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR :

Axel Bodin

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