Quand on dit « Faf Larage », les gens répondent « Prison break ». Mince alors… Pourquoi s’arrêter au mainstream et oublier les multiples casquettes de l’artiste ?

Ok, Faf est bien le rappeur derrière le morceau le plus connu de cette série. Mais le gars n’a justement « Pas le temps » de s’arrêter là et il n’a pas commencé avec ça non plus. On peut très humblement le qualifier de « pionnier du HipHop » puisque son premier album date de 1987. À cette époque, il faisait partie de Soul Swing, groupe marquant les prémices du Rap marseillais. Et, dès le départ, il a la double casquette : rappeur et beatmaker, donc compositeur.

Il a continué avec son projet perso « C’est ma cause » en 99 et, en 2000, s’est allié à son frère Shurik’n d’IAM pour pondre l’album « La garde ». En 2003, son côté revendicateur demeure mais prend des tournures humoristiques. Avec Eben, il parodie l’univers policier dans sa globalité sous le nom de « Gomez et Dubois« , un opus qui nous aura fait sourire. En 2007, il revient en solo puis, en 2011, s’allie à Akhenaton pour « We luv New York ». Mais ce n’est pas tout, ses projets se modernisent et adoptent des sonorités musicales plus développées, grâce notamment à sa collaboration en 2015 avec Sébastien Damiani, pianiste et compositeur.

Entre-temps, le bonhomme s’est fait plaisir et a même composé pour de la pub et pour internet. Et, surprise, en 2018, Sébastien Damiani & Faf Larage ont accouché d’un morceau clippé, « Opérap », regroupant Youssef Swatt’s, Shurik’n, Sat, Cécilia Arbel, Lacraps & Demi Portion. Un titre splendide qui, comme son nom l’indique, allie rap & opéra.

Côté lives, les marseillais savent qu’il reste en place puisqu’il a fait son apparition aux différents concerts de soutien aux sinistrés de la rue d’Aubagne, lors des scènes des membres du « Shit Squad » (FF, 3e oeil), ou encore lors de la release party de Djel pour son projet « Qui prétend faire du rap français? ».

Depuis peu, nos deux accolytes communiquent sur les réseaux au sujet de nouveaux projets, sans pour autant être explicites sur leurs typologies. C’est très intriguant. Donc, lorsqu’on apprend que Faf est dispo pour une interview à l’occasion de Marsatac et de son rôle de parrain sur le projet « La Frappe », dont nous vous palerons dans un dossier spécifique à ce sujet, nous n’avons pas pu résister à l’envie de lui poser mille questions.

En voici le résultat :

Grâce aux posts de Sébastien Damiani sur les réseaux et grâce à la date annoncée au Demi Festival, on se doute qu’il se trame quelque-chose mais peut-on en savoir plus ?

Concernant le Demi Festival, ce ne sera finalement que moi. Initalement on voulait faire quelque-chose  avec notre équipe de musiciens. On voulait arriver en force. Mais nous sommes victimes de notre ambition. Nos musiciens sont excellents mais tournent beaucoup. Donc, au mois d’août, c’est impossible pour eux de planifier ça si ce n’est pas fait des mois et des mois à l’avance. On a donc été contraints de revoir nos ambitions. Ce sera partie remise.

En revanche, hier on a fait une belle session vidéo qui va sortir bientôt. On l’a faite au Studio Recording, dans lequel on travaille. C’était une session live avec une équipe de 17 musiciens : basse, batterie, guitar, deux claviers, des cuivres, des violons, des percus, de la programmation, Seb au piano. On a filmé tout ça en live et franchement ça pète ! En sortant de la session on a regardé les images et ça va être lourd !

Ce sera un morceau de 7 minutes, fait dans la traditions des morceaux des années 70 : quand tu avais ces morceaux longs, avec plusieurs chapitres, des intros longues travaillées. Ça partait ensuite dans des couplets, puis il y avait un break, et ça repartait ailleurs. En fait, dans un morceau de ce type tu vas retrouver quatre titres. Mais ce n’est pas un medley, c’est vraiment un enchaînement où tout est calculé. Il y a un petit clin d’oeil à Opérap. Et, franchement, je suis pointilleux d’habitude et je mesure mes propos, mais là, je suis hyper fier de ce qu’on a fait.

Le projet est évidemment d’en faire d’autres. Au studio, il y aura des sessions filmées d’une certaine façon, avec un bel éclairage, etc. C’est l’ambition du studio et nous sommes les premiers à avoir débutés. Nous allons en faire d’autres également.

Mise à jour du 4 juillet, lien vers la vidéo aujourd’hui en ligne :

Peut-on en savoir plus sur ce studio justement ?

Il s’appelle Recording Studio. Il est tenu par Olivier, Christophe et David. Nous nous sommes associés à eux sur plusieurs projets, dont celui-là. Eux ont cette ambition de faire des recording sessions, de filmer des artistes. Ça va faire très live band roots, type Jimmy Falone, par exemple. Il y a un côté comme ça. Tu ne verras pas tout le monde parqué dans un truc, c’est moi, avec tout le monde autour et la caméra qui se balade. Mais je ne peux pas en dire plus.

Nous allons développer un album avec ça, qui sera dans cet esprit HipHop, Soul, Funk. Là, on va donner le ton avec le clip, ce sera dans cet esprit.

Quand est-ce que le live sortira ?

Bientôt. On aimerait le sortir rapidement. Si on respecte nos délais ce sera normalement le 21 juin. Mais nous sommes pointilleux, donc on verra comment ça se passe pour le mix, si nous sommes contents des images. On verra.

À terme, bien sûr, le but sera de faire du live.

Quand on est aussi nombreux, prévoir des lives c’est ambitieux non ? Les collectifs de plusieurs rappeurs se plaignent déjà d’avoir du mal à être programmés, puisque qui dit nombre dit coûts supplémentaires.

Oui, c’est ce à quoi nous sommes confrontés sur le Demi Festival. Effectivement, quand tu commences à dire « les mecs sont 17 », ça peut faire peur. Mais quand tu regardes le rock, la pop, ou même des trucs de soul, ou de classique,  ils sont nombreux et arrivent à êre programmés. On arrivera à se mettre d’accord avec les programmateurs. C’est la musique qui va parler, enfin j’ose espérer qu’ils se diront « On veut les programmer ».

J’oubliais aussi de dire qu’avec Sébastien et Trabendo Music nous produisons un jeune artiste qui s’appelle Jidma et que son album sort aujourd’hui. Il avait déjà sorti deux clips. Avec Seb nous avons fait à peu près 80% de la musique. Ce projet est en mode HipHop actuel. Jidma est un jeune, donc il est dans l’esprit de maintenant. Ce n’est pas de la soul, du funk, c’est vraiment de la musique de maintenant.

Sinon on a toujours Opérap dans les tours et avec Seb nous avions sorti deux EPs qui s’appellent « Extended Play ». Dedans il y a Akhenaton, Shurik’n, Oxmo, le titre avec Prodigy, l’Orchestre Symphonique d’Avignon, donc des cordes et tout.  Il y a d’autres guests aussi, et c’est presque les prémices de ce que nous sommes en train de faire en live aujourd’hui. C’est entre le HipHop qu’on aime, la Soul, très machines et en même temps très musical.

Il y a deux volumes, il faut écouter !

Nous remercions Faf Larage d’avoir assouvi notre curiosité et vous donnons rendez-vous vendredi pour visionner ce fameux live !

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Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

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