Il y a les festivals où les moins de 25 ans prédomine, portés par une envie de s’éclater et de kiffer. Mais il y a aussi les festivals « Chill » où l’on vient siroter un verre, grignoter, se caler face à de la bonne musique puis tout donner lors du passage de la tête d’affiche. Le festival Jardin Sonore, c’est plutôt la seconde option : ça commence assez tôt, 17h, et la prog permet d’écouter des styles différents  tout en profitant du soleil & de l’instant. C’est dans cette ambiance que King Krab, Claire Laffut et Barry Moore sont montés sur scène. Chaises longues, poufs et food truck pour un mood « farà niente » en phase avec la chaleur & l’esprit sudiste d’un dimanche après-midi.

Nous sommes arrivés pour Barry Moore, embêtés d’avoir manqué le début de la prog qui s’avérait bien tentante. Sur scène bassiste, guitariste et claviste accompagnent l’artiste et ses paroles anglaises. Après quelques titres, l’artiste nous étonne avec une reprise d’Eminem bien ficelée. À vrai dire, il gère.

De l’autre côté, la seconde scène se remplit. Nous savons tous que c’est de ce côté que Kery James va apparaître. La dernière fois que nous l’avions vu, c’était lors de son passage au théâtre Merlan en tant qu’acteur. Nous vous invitons d’ailleurs à lire l’interview que nous avions fait à l’époque (Lien de l’interview). Plus besoin de présenter Kery ? Il faut croire que si. La seconde tête d’affiche est Roméo Elvis et les minots ne savent pas forcément qui est vraiment ce grand monsieur. Dj Mosko se donne donc pour mission l’éducation musicale du public en proposant un medley reprenant l’historique de l’artiste issu d’Idéal J et de la Mafia K1 Fry. On passe donc du premier titre de Kery James chanté à ses 12 ans, à son morceau « Dernier MC » réalisé en 2012, en s’attardant sur des titres tels que « Show Business », « Deux issues », « L’impasse » ou encore « Je représente ».

Après ces belles présentations, l’heure est venue d’entrer en scène. C’est donc accompagné de ses deux acolytes de la Mafia K’1 Fry, OGB & Teddy Corona, qu’apparait Kery James. L’icône de la revendication ne baisse pas les armes, vocales. L’équipe arrive en tenue de militaire, béret à l’étoile rouge sur le front, au pas, mais vaillants et décidés. Ils débutent avec « J’Rap encore » puis enchaînent des titres des deux derniers albums de l’artiste : « Mouhammad Alix », « Banlieusard » ou encore « PDM ». Teddy Corona nous entame même un refrain chanté auquel on ne s’attendait pas. Les frissons se font ressentir. Bien joué l’artiste ! Batteur & Cynthé accompagnent les trois lyricistes. On est face à du rap qui « prend aux tripes ». Malheureusement l’heure tourne et le moment des adieux se pointe. Le mot de la fin est donné par OGB qui dresse l’éloge du personnage principal de ce show. Le dernier instant est une invitation à s’intéresser au projet audiovisuel « Banlieusards » qui sortira le 12 octobre sur Netflix. Rendez-vous  donné !

Après un concert pareil, on a l’impression qu’on est capable de refaire le monde et on accumule une dose d’énergie qui, sans doute, nous donnera la niac toute la semaine. Ça n’empêche qu’on aurait aimé que cela continu. Heureusement l’équipe d’Emtooci prend le relais en mode block party et improvise un moment à la dynamique bien HipHop. L’ambiance est à la bonne franquette, ça vaut le coup de se rapprocher pour profiter des couplets de Poupa Lost et Tekilla.

Après ça, c’est Roméo Elvis qui arrive pour « Casser le festival ». Il nous la fait à la Marseillaise en reprenant « Tchikita » de Jul et finit torse nu au milieu de son show. Les pogos démarrent. Malheureusement certains profitent de l’occasion pour gazer les yeux des pogotistes. Heureusement que le stand de la Croix Rouge est à proximité.

Roméo Elvis n’est pas à l’aise uniquement au mic, il l’est aussi à la guitare et décide de nous le prouver. Les minots du public se donnent à fond, on est à la frontière du métal, mais ça reste Rap. Le morceau final est accompagné de pistolets à eau visant le public, c’est ce qu’on appelle « Soigner sa sotie » !

ET vous croyez qu’après ça se serait fini ? Non ! Dj Djel & Dj Daz reprennent en main la seconde scène pour nous faire jumper pendant plus d’une heure. Ces deux artistes, dont l’un est issu de la Fonky Family et le second d’IAM, permettent à tous les motivés de profiter de cette fin de soirée jusqu’à une heure tardive.

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Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

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