Le Demi Festival, ça se vit. Si nous sommes plus de 1 800 à attendre impatiemment devant notre écran le jour de la mise en vente des billets, ce n’est pas pour rien.

Imaginer une petite ville méditerranéenne qui a gardé tout son charme et son esprit village s’emplir de passionnés de HipHop ? Et quand on dit HipHop, nous parlons bien de celui attaché à ses valeurs initiales, celui qui parle d’amour, de partage, de quotidien, de vécu. Celui qui peut être technique comme chanté, avec des textes et des prods à en frémir. Bref le Demi Festival c’est arriver un mercredi matin dans une ville chaleureuse, longer le canal Royal et apprécier le soleil, le pastis et les tielles. C’est se poser dans les gradins un peu plus tard et troquer un tournoi de joutes contre une scène flottante. Assister, posée & pépère, à des lives passionnants. Écouter et bouger la tête sur les sets de RolXX, Viez, Emtooci et Walid Shabaaz qui ont tout donné ce soir-là. Prendre une dose d’énergie positive grâce à Billet d’Humeur et son cocktail vocal, le tout animé par R.Can qui n’aura pas manqué de challenger Walid Shabaaz afin qu’il se jette à l’eau et finisse son dernier morceau dans le public, de l’autre côté de la rive.

© Kevin Di Chiappari

Et comme ce HipHop-là ne reflète absolument pas l’esprit négatif, violent ou encore misogyne que certains essaient de lui donner, il sait tout à fait charmer les passants qui vagabondent par là par hasard. Preuve à l’appui: mon tonton qui habitait au coin de la rue est vite descendu pour rejoindre cette grande fête familiale. Il me demandera plus tard « Mais tu n’as pas peur avec tous ces rappeurs alors que tu es une fille toute seule ? ». Ne t’inquiète pas tonton, l’esprit HipHop c’est la convivialité : ici on se rencontre et on parle musique, rythme et rimes.

Rien ne fut plus véridique le lendemain après-midi lorsque quelques passionnés se sont rassemblés place de l’Hospitalet pour le tournage du clip de deux rappeurs que j’adore. Histoire de vous tenir en haleine, je tiendrai secret leurs noms jusqu’à ce que le son sorte, volonté des artistes.

Le surlendemain, idem  : les gens se sont croisés et ont tchatché autour d’un open mic organisé par PetitCopek . Le level était de taille, nous avons découvert cette après-midi-là des artistes tels que Yass Sogo, Killian Alaari, l’Officier Zen, La Manufacture ou encore Eïla. Et histoire de prendre une dose de kiff encore plus importante, des kickers programmés étaient également de la partie : notamment la team de Diverset ou encore Ekloz qui a tourné son clip juste après.

Tout ça pour vous dire qu’en plus des soirées au théâtre de la mer face à une vue grandiose où défilent une ribambelle d’artistes passionnants, il y a aussi cette dynamique entière au sein de la ville qui fait que le rap français se faufile à chaque coin de rue : croqué dans l’espadon de Kacem Wapalek au Oh Gobie, prendre dans ses bras le collègue G.Kill parce que putain, ça fait longtemps !, harceler Melan pour pouvoir lui acheter un album, écouter Néfaste en fin de soirée freestyler, interviewer Billet d’Humeur, prendre une pause avec Davodka pour discuter, rencontrer Mono, croiser Boss One et découvrir en avant-première la surprise du lendemain. Autant d’instants que tout amateur est à même de saisir puisqu’artistes et public se mélangent et que l’égo ne fait pas parti des invités.

Impossible de vous retranscrire la ferveur et la joie ressenties pendant les concerts. Impossible également de détailler chacun d’eux. Un article par set serait nécessaire et les lives d’Arte feront mieux qu’un écrit. On peut juste préciser que Davodka s’est surpassé et a atteint un de ses meilleurs live malgré un souci technique, que mes larmes ont coulées pendant les passages de Bastard Prod et d’ATK, que les fins de concerts qui partent en freestyle sont des moments inoubliables, que ma voix a pris cher pendant le passages d’Ol Kainry & des 2Bal, que le live d’RedK accompagné de Carpediem est toujours à la hauteur de mes attentes, que les premiers artistes mériteraient un temps de passage plus long tant ils étaient bons, que les Neg’Marrons m’ont ramenée en enfance, que Sinik m’a fait kiffé tant sur ses anciens que ses nouveaux sons, que Cut Killer a su me faire danser, que ces shows face à la mer ont une valeur inestimable.

Merci donc à chacun des présents : Rolxx, Netna, Néfatse, Diverset, Sixième Densité, Mono, Virus, Blaiz, L’Uzine, La Chronik, Davodka, l’Animalerie, Oz, Paco, Grosmo, Chilla, Ol’Kainry, Seth Gueko, les Neg’Marrons, Sinik, The Alchemist, Ekloz, L’Hexaler, Sheryo, Nakk Mendosa, RedK & Carpe Diem, Faf Larage, Bastard Prod, ATK, Demi Portion, Cut Killer.

© Kevin Di Chiappari

On notera tout de même quelques absents : Dany Dan, Freko ou encore Djel & Daz. Mais ce manque sera comblé par les nombreuses surprises : les 2bal, 113, Youssoupha, Dadoo, Youssef Swatt’s, Ali (Lunatic, 45 Scientific), Melan, 3e Œil, K-Rhyme le Roi. Comblé également par les belles annonces : la sortie d’un projet commun entre Youssef Swatt’s & El Gaouli, un album de Pone (beatmaker de la Fonky Family) entièrement réalisé avec les yeux, le retour d’Ali.

Vous l’aurez compris, le Demi Festival c’est bien plus qu’un festival, C’est 4 jours d’union, de rencontres, d’échanges et surtout de musique.

Merci à Demi Portion pour cette 4e édition qui, comme les trois précédentes, a su remplir le cœur des présents. Rendez-vous l’année prochaine pour, on l’espère, une édition supplémentaire. 

Les artistes du Demi Festival passés par Extended Player :

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Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

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