Le plaisir, à l’écoute de tous ces disques, témoins d’une production de moins en moins quantifiable, mais surtout rarement très originale, est là, tout près, lorsque l’on découvre un « truc » qui fait que tout de suite, on accroche. Bien entendu, tout cela reste très subjectif et propre à chacun. Il est si difficile aujourd’hui de proposer quelque chose qui soit purement original, tant d’expériences musicales ayant déjà été tentées. Toujours est-il qu’il suffit de ce petit élément qui, par sa taille réelle, peut suffire : la personnalité. La Vie Sur Mars a l’air d’être lui-même. On l’entend dans les textes, en français, donc compréhensibles, et dans la fluidité de la musique. Plutôt bien rock dans les sonorités, belle guitare souvent, dont le son clair et les parties de vibrato illuminent l’ensemble (la coda de « L’Etang », les arpèges de « Ô Grands Espaces », les accords coulés de « Dans Le Vent »). Les compositions de Christian Le Corre envoient une spontanéité qui n’est pas sans rappeler l’esprit primesautier des débuts poignants de Deportivo. L’artiste a d’abord commis un premier album en solo avec sa guitare, sa voix et des machines, se produisant sur scène de la sorte. Le quatuor d’aujourd’hui apporte la puissance d’une section rythmique dont l’efficacité et la présence affranchit la qualification rock’n roll de la pop du monsieur (« Western Sous La Neige » – à ne pas confondre avec le titre d’album de Dionysos, « L’Horizon » et son enivrant entrain qu’appuient des chœurs faussement balochards, « Le Sillon » et l’entrée progressive des instruments, jonglant ensuite entre intensité et temps calmes), mais une section qui sait aussi se faire discrète sur le titre que nous mettrons volontairement en avant, parce que craquant : « Sang Froid ». Juste une guitare acoustique, puis un petit gimmick synthétique, avant quelques accords emportés de claviers. L’animal à sang froid qui cherche son effeuilleuse sait capter l’attention. Il cherche le grand frisson. Et l’auditeur va le trouver. Alors, question : c’est quoi c’bordel ? C’est la reprise du même nom qui clôture cet indispensable neuf titres.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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