Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

 

BLOCO UNIÃO DU SUD

Ce vendredi, la programmation est plutôt tournée vers l’Afrique. La batucada de BLOCO UNIÃO DU SUD lance la soirée. Les premiers arrivés suivent les déplacements des sambistes faisant résonner le Brésil sur l’ensemble du J4. Les musiciens vadrouillent entre food-trucks, chapiteaux, stands de prévention et de sensibilisation, décors colorés et pailletés. Ça filme et ça adopte le rythme, l’été renaît et le festival commence à se remplir.

 

Oumou Sangaré

Une heure après, l’équipe d’Oumou Sangaré se prépare. Les musiciens sont les premiers à faire leur apparition. S’ensuivent les choristes. Puis, une voix forte se fait entendre : la reine de la soirée fait son entrée. Au travers de cette voix, toute la puissance de l’Afrique se fait ressentir. Femme de caractère, elle s’exprime. Chœurs, guitare et kora accompagnent ses paroles engagées. Les danses s’entremêlent face à cette méditerranée bienveillante. Le soleil s’endort bercé par la musique, il nous offre ses plus belles couleurs, transformant l’instant en un soupçon de poésie.

Cette première scène met le Mali à l’honneur: Oumou Sangaré parle d’Afrique noire, les vêtements traditionnels du joueur de Kora virevoltent à chaque pas de danse, les coupes afros, boucles d’oreilles immenses et robes cernées de dorures, de wax et de paillettes nous transportent au pays. On gardera en tête les sublimes moments où la chanteuse poussera sa voix au ciel avec aisance. Sans comprendre son langage, on ressent la puissance du message.

Cela ne fait aucun doute : c’est soirée est signée « Fiesta des Suds ». Musique du monde, scénographie et « pureté » acoustique sont de la partie.

 

 

Silent Party

Les artistes se retirent. Tout le monde se précipite alors vers les bars. En chemin, une longue queue ne cesse de s’agrandir face à deux personnes qui distribuent des casques lumineux. La curiosité et l’intrigue amènent le public à patienter. Les habitués de la précédente soirée nous expliquent : « C’est la silent party ! Il y a trois Djs, tu peux choisir celui que tu écoutes et ton casque clignote rouge, bleu ou vert en fonction de ton choix ».

C’est parti, casque sur les oreilles, on se met à danser en testant les ambiances proposées par Del’Amott, Lyly de Cuba et Selecter the punisher. Notre choix s’orientera plutôt vers les sonorités latines. Les gens dansent et ne se regroupent pas toujours selon les couleurs des casques, cela donne des pas et rythmes décalés assez amusants. Ceux qui n’ont pas encore posé leur casque sur les oreilles admirent la scène, sourire en coin.

 

Baloji

Arg, en retirant le casque on entend Baloji au loin. Au pas de course, on se presse devant la seconde scène : c’est lui qu’on est venu découvrir et qu’on a interviewé quelques heures auparavant. Grand chapeau en guise d’ornement, costume noir et sourire, cet homme a de la prestance ! Il est accompagné par un synthé, une guitare, une basse et une batterie. Les lumières scintillent, la scène est violette et deux jeunes filles qui se trémoussent derrière nous lâchent des « J’adore, j’adore! » à tout va. Cette fois-ci les sonorités africaines accompagnent des textes en français. Ça bouge et ça swingue avec classe. L’artiste entame des titres tels que « Bipolaire – les noirs ».

« Comment faire l’amour à un noir sans se fatiguer
Il faut le surmonter, il faut l’immobiliser… ».

Les non avertis penseront à un récit sexuel alors que les connaisseurs savent bel et bien que l’artiste raconte comment il s’est fait « baiser » par l’industrie musicale. Textes à double sens, il chante ses couplets accusateurs comme si de rien n’était.

C’est au tour du titre « Peau de chagrin – bleu de nuit » d’être interprété. Regard enchanteur, mouvement de bassin, il raconte ce moment gênant où, après l’acte, l’homme perd sa dureté et ressent un terrible moment d’impuissance. Il finit par conclure :  « J’ai écrit ce morceau après qu’elle m’ait dit « Il ne suffit pas juste de bander. Ce n’est pas parce que tu bandes que tu as des sentiments, c’est bien plus que ça » ».

L’heure est ensuite aux morceaux plus entrainants. Puis, il présente son équipe et notamment son bassiste avec lequel il travaille depuis plus de 8 ans. Ce dernier est un grand chanteur de Gospel et il nous le prouve par son timbre de voix.

Baloji reprend le micro, il nous fait crier un mot et nous explique qu’en swahili cela veut dire de se coucher. Il nous demande alors de nous baisser, car, si vient l’armée, si viennent les Kalash, il faut rester en sécurité. Ce même mot, dans la langue de son doyen, donc à Kinshasa, veut dire « Faire l’amour ». Mais vous savez, « La musique africaine ne parle pas que de sexe », puis il dresse une liste des pays où un bordel politique existe et où cohabitent plusieurs chefs d’État. L’heure est aux chansons engagées.

 

Camille

Baloji se retire et Camille prend le pas sur l’autre scène. Elle enchaine les injonctions répétées qui dessinent des morceaux plus qu’originaux. Un instrument, en hauteur, prend l’aspect d’une pleine lune. Il crée un paysage et seuls les mouvements du musicien qui tape dessus nous rappellent que ce n’est pas juste un décor.

En parallèle, Camille nous dit « je ne mâche pas mes mots ». En effet, c’est avec une énergie presque hystérique qu’elle dégaine ses cris. Accompagnée par trois chanteuses-danseuses, cette artiste, qui fut une des premières de la chanson française à dompter le beatbox, prend des airs de jeune fille capricieuse et offre à son public un spectacle musical prenant.

 

 

Alors que la soirée ne fait que commencer, la fatigue se fait ressentir. Nous quittons donc la fiesta sans entendre Diron Animal, Yuksek ou encore le Voilaaa Sound Système. Il y a eu hier, il y aura demain, la musique coule à flots sur la cité phocéenne, ce qui n’est pas pour nous déplaire !

 

 

Découvrez également le report complet de la Fiesta des Suds :

> Jour 1Jour 2 > Jour 3 > After

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *