Marsatac Jour 1 : vendredi 14 juin

Qui dit festival, dit lancement officiel de la saison estivale ! Pourtant, l’édition 2019 de Marsatac ne débute pas sous un ciel clément. Le mistral, fâché de ne pas être sur la guest-list, s’invite à la fête et décide de compliquer légèrement le début des hostilités.

L’équipe du festival a de la ressource : on décale l’ouverture au public le temps de replacer les premiers artistes de la scène extérieure en intérieur, d’improviser de nouvelles balances, et le tour est joué ! Résultat : une heure et demie de retard sur la programmation, mais des concerts qui prennent vie sans subir les méandres de la pluie et du vent.

Blu Samu ouvre le bal. Le public arrive à peine. L’artiste belge décharge donc son groove face aux premiers arrivés, et arrive même à lancer un pogo en fin de set. Cette petite nénette aux cheveux frisés aura su nous séduire avec ses morceaux chantés et rappés en anglais aux touches HipHop, Soul et certaines fois Drumb.

Interview de Blu Samu à venir

En parallèle, le duo de rappeurs Caballero et Jean Jass s’est installé sur la grande scène extérieure. Le vent quant à lui s’est fait la belle et nous laisse profiter du parking du Parc Chanot, transformé en zone de fête où bagnoles tunés, autotamponneuses et stands de bouffe affluent.

Comme pour tout festival, à Marsatac, il est impossible de voir l’ensemble des artistes programmés. Chacune des trois scènes dispose de sa propre programmation. Nous avons donc loupé les performances des artistes locaux : Zamdane, rappeur en devenir, ainsi que le collectif la Frappe, regroupement d’artistes marseillais issus de différentes disciplines du HipHop.

Mais, pas de panique, Zamdane est programmé deux soirs de suite et La Frappe dispose de son propre espace au sein du festival, avec trois temps par soir pour nous faire jumper sans égal. On remarquera d’ailleurs que sur ces deux soirées signées Marsatac, la dynamique du collectif parrainé par Faf Larage a su séduire le public et apporter une dose de bordel bon-enfant non négligeable, bienvenue et attendue dans un festival tel que celui-ci.

Découvrez prochainement notre article dédié à “La Frappe” ainsi que notre interview de Faf Larage.

Histoire de rester dans une dynamique Marseillaise, SCH envahi “le Grand Palais” et dégaine son rap cloud & trap. Un monde fou, composé principalement d’ados et de jeunes adultes, est là pour l’accueillir et mater son style mi-parrain mi-de tier-quart

Quelques minutes avant lui, Josman a pris le micro du côté du Club phocéen, nous l’avons malheureusement loupé puisqu’en entretien avec Blu Samu pour être à même de vous en dire plus à son sujet.

La tête d’affiche de la soirée fait son entrée sur la grande scène : le phénomène Eddy de Pretto, accompagné par son batteur, chantonne ses titres. Sensibilité, chanson, rap & pop seront ingurgités par le public, réceptif à l’artiste.

Pendant ce temps-là, Alpha Wan est aux manettes de Club phocéen, là aussi pour apporter sa touche rap au festival.

La fin de soirée est bien entamée, il est déjà plus de minuit. Le HipHop laisse sa place à la musique électronique afin que The Blaze,  Carl Craig A2A Banbounou, Adam Beyer, HAAI, Mall Grab & Charlotte de Witte puissent faire vibrer les festivaliers nocturnes. On notera la poésie visuelle de The Blaze, ayant opté pour des écrans & lumières se mouvant avec symétrie, au rythme de leur électro mélodieux.

Marsatac Jour 2 : samedi 15 juin

Le lendemain, il faut remettre ça, festival oblige !

On démarre avec Juicy, ce duo de jeunes demoiselles rigolotes. Initialement connues pour leurs reprises, elles sont aujourd’hui à l’origine de deux projets bien ficelés, proposant des morceaux à mourir de rire, accusateurs et féministes. Elles ont de la ressource, emballés dans leurs costumes noir et orange à frange, elles se déhanchent de gauche à droite, tout en gardant les mains sur leurs machines. Incarnant cette nouvelle génération d’artistes polyvalents : on les voit prendre en main tout ce qui s’anime, guitare électrique aussi. Le flow se veut chanté, mais aussi rappé, polyvalentes, on vous à dit !

À peine finie, C’est Glints qui enchaîne. Rappeur belge dans la lignée musicale d’Eddy de Pretto, il s’amène 100% seul et lance ses instrus à partir d’un cube posé au milieu de la scène. Le public n’est pas en nombre, pour cause, Zamdane est en plein live et Colombine s’apprête à démarrer. Bien que peu nombreux, le public est chaud bouillant ! On notera même que malgré des textes en anglais, certains fans semblent les maitriser parfaitement. D’ailleurs, il est important de noter que les ingés son ont fait du bon boulot : la qualité sonore est parfaite. Un gros plus quand on a connu les débuts de Marsatac au Parc Chanot.

Interview de Glints à venir

En se rendant au club phocéen, on passe devant Colombine: décors en blanc & flingues volants, public déchaîné qui hurle les lyrics.

Au club, c’est S.Pri Noir. La salle est blindée, tout comme lui avec son pare-balle. On se taquine : parisien & marseillais se font face, obligés de parler foot. Le monsieur en face nous rappelle qu’il est disque d’or et, avec son backeur, entame ses titres.

Tête d’affiche en cours de lecture… euh de live. Orelsan fait de l’effet. On dirait un piège ruban à glue pour choper les mouches, sauf que sa cible à lui, c’est les festivaliers, et que bon dieu, ça marche : tout le monde s’agglutine face à lui ! Orel sur scène, ce n’est pas du show américain, il a ses musiciens, c’est carré, propre, mais simple. Basique. 

Pour son nouvel album, le show ressemble à celui du précédent, avec quelques titres en plus.

Polo & Pan prend la suite. Les couleurs envahissent l’écran et l’électro planant envahit nos oreilles. Sur scène, ça danse en djellaba. On passe en mode cours de récré : le duo nous propose un Jacadi géant. Damn ! tout le monde joue le jeu.

Pendant ce temps, comme on n’a pas encore le pouvoir de se dédoubler, on a loupé John Hopkins, IAMDDB, et on loupera aussi OUAI Stéphane, DIMA live aka Vitalic, Paula Temple, Deena AbdelWahed, Lion’s Drums & AZF, parce qu’on est plus HipHop qu’électro, mais surtout parce qu’on se fait vieux. Ceci dit, Marsatac c’est vraiment l’occasion de rajeunir, de se sentir pousser des ailes comme si l’on avait à nouveau 20 ans, et de se laisser porter de scène en scène juste pour kiffer. Alors je ne sais pas vous, mais nous, on vous dit à l’année prochaine !

Marsatac en chiffres

Cette année, Marsatac c’était : 30 000 festivaliers, 45 formations artistiques et 350 bénévoles !

Cet article a été rédigé par :

Avatar

Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *