Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans. Également CEO d'un projet innovant dédié au HipHop.

Pour la deuxième fois, BigFlo et Oli reviennent sur le devant de la scène à la Fiesta des Suds, une deuxième occasion pour ExtendedPlayer de les interviewer.

 

C’est votre second passage au sein de ce festival, quelle expérience gardez-vous de la Fiesta des Suds 2016 ?

Oli : J’en garde un bon souvenir. Je me souviens également que j’étais allé voir d’autres concerts. Je ne sais plus quels concerts exactement, mais je m’étais baladé un peu avec un pote qui était présent ce soir-là. J’en garde un super souvenir.

BigFlo : Moi je ne m’en souviens pas trop… pour dire la vérité.
Quand je suis arrivé ici tout à l’heure, je me suis dit « mais attends, on est déjà venus ici ! », je n’avais pas tilté avant !

Oli : Des fois on s’emmêle. On a fait beaucoup trop de dates pour se rappeler de tout, on finit par confondre les lieux.

BigFlo : Avant, je trouvais que les artistes qui disaient ça dans les interviews, ne plus se souvenir des dates, étaient de gros « connards ». Pour moi il était inimaginable de pouvoir être capable d’oublier un concert, c’est un événement tellement incroyable ! Et au final, cela nous arrive à nous aussi, j’ai atteint le moment où j’oublie des concerts. C’est horrible…Je deviens le connard que je détestais moi même.

Oli : Moi je le savais depuis longtemps que c’était un connard (rires)

 

Y-a-t-il des concerts que vous souhaitez voir ce soir ? Ou demain ?

Oli : Je crois qu’on n’a pas trop le temps malheureusement. On doit enchainer sur une autre date. Moi je serais bien resté voir Chinese man, ça a l’air bien lourd, tout le monde m’en parle là. On les a déjà croisés, mais je n’ai jamais eu l’occasion de les voir sur scène. C’est un groupe mythique et je crois qu’ils sont d’ici, si je ne me trompe pas. Ça doit être cool de les voir à la maison.

BigFlo : Moi j’aurais kiffé voir MHD ! C’est un pote à nous, on le croise souvent. Il est toujours très très sympa avec nous . Il nous fait monter sur scène et tout, on délire avec lui donc. J’image qu’il y avait une grosse ambiance avec MHD hier soir.

 

Quel est le concert ou la scène qui vous a laissé le souvenir le plus incroyable ?

Oli : C’est notre concert à Toulouse, c’est notre Zénith. C’était le premier Zénith qu’on faisait de  toute notre vie. Il y avait 10 000 personnes, chez nous, à la maison. C’était plein d’émotions et on a beaucoup pleuré sur scène et après, avec toute notre famille, nos amis. J’avais l’impression d’être à mon mariage ou mon enterrement. Je ne sais pas lequel des 2.

BigFlo : Ce jour-là, on est arrivé à la fin de quelque chose. C’est ça qui était émouvant.

Et c’est tout. Ma phrase s’arrête là.

 

Vous avez fait quelques collaborations avec Squeezie notamment, vous avez d’autres projets comme celui-ci? Vidéos avec des youtubers notamment ?

BigFlo : Ouais, on a une vidéo avec Mc Fly et Carlito qui arrive, encore une.

Oli : En effet, on aime bien mélanger. On n’a pas de complexes et pas de frontières. Tant que le mec est cool et qu’on fait des bons projets, on aime bien se mélanger. On est fans de Youtube, on regarde tout, c’est notre génération, c’est notre truc. On alimente de plus en plus notre chaine Youtube qui marche super bien. On montre aussi les coulisses de la tournée. On prépare des freestyles, des choses comme ça. Eh oui, il y en aura d’autres, restez branchez !

 

Avez-vous eu des nouvelles d’Alain Rey du coup ?

Oli : Apparemment, il va très bien, il fait plein de vidéos, je le vois un peu sur internet.

Il est sur Gambini et tout maintenant, ouais Vimeo. Ça fait trop plaisir, c’est un mec au top, hyper touchant.

 

Sur votre dernier album, dans le morceau « Répondez moi » vous lisez des lettres de fans,  est-ce que ces lettres sont authentiques ?

BigFlo : En fait, c’est inspiré de vrais messages qu’on a reçus. Évidemment on n’a pas repris mot pour mot les lettres puisque sinon il n’y aurait pas de rimes, mais en plus, tu peux imaginer que l’on reçoit des centaines de lettres pour chaque type de lettre présent dans cette chanson. On voulait donc représenter chaque type de message. Mais oui, en soi, on peut dire que tout est vrai bien sûr.

 

Arrivez-vous à répondre à vos fans ? Et qu’est ce que vous vouliez leur dire à travers ce titre ?

BigFlo : Moi parfois je réponds. Je voulais leur dire à travers ce morceau que c’est compliqué pour nous. On a beaucoup de poids sur les épaules. C’est vraiment difficile de répondre à tout le monde.  À l’époque, quand j’écrivais à des artistes, je ne me rendais pas compte de tout ça, tout comme eux. Je me disais également : « Franchement ça lui prends quoi en vrai, ça lui prends 20 secondes. Il prend son téléphone, il m’envoie un petit message quoi », mais la réalité c’est qu’on croule sous les messages.

Oli : C’est aussi une manière de leur répondre au final, sans leur répondre vraiment, mais ce morceau permet de dire « on vous a lu, on sait ce qu’on peut penser dans ces moments-là, etc. ».

BigFlo : Parfois, je prends mon téléphone juste avant de m’endormir et je réponds. J’essaye de répondre à un maximum de messages d’affilée, mais je ne le fais pas tous les jours. J’essaie de le faire au maximum.

Oli : Moi aussi, ce n’est pas facile.

 

Dans votre premier album, il y a un morceau qui s’appelle, «Monsieur tout le monde », pour vous qui est-ce, « Monsieur tout le monde » ?

BigFlo :  « Monsieur tout le monde » est un des tout premiers morceaux qu’on a sortis sur internet, avec un gros clip avec Kyan Khojandi d’ailleurs qui joue dedans, le mec de « Bref » pour ceux qui savent pas. Et donc, « Monsieur tout le monde » était une chanson pour montrer qu’on est tous un monsieur tout le monde : on a tous un monsieur tout le monde en nous, on a tous une part d’ombre, une part sombre et il faut faire attention à ce qu’elle ne se développe pas et qu’elle ne nous dépasse pas. C’est le message du son.

 

Est-ce que cela fait référence au titre d’Hocus Pocus ?

Oli : Non, pas du tout. On adore Hocus Pocus mais ce n’était pas une référence. On a juste repris l’expression de « Monsieur tout le monde ». On ne s’est pas inspiré de leur morceau, super titre d’ailleurs, mais ce n’est pas vraiment le même délire.

 

D’une manière générale, quel est le message que vous souhaitez faire passer à travers votre musique ?

BigFlo : On essaie de faire passer un message positif, de faire du bien aux gens. On espère que, lors de l’écoute de nos albums, les gens se retrouvent soulagés d’un poids, que ça les aide à comprendre qu’ils ne sont pas seuls. Certaines fois, on essaie aussi de mettre de l’ambiance, de les faire danser, de les faire chanter. On essaie toujours, en tous cas, d’avoir un truc à dire. On ne fait pas de la musique juste récréative.

Oli : Notre histoire en elle-même veut dire qu’il faut aller au bout de ses rêves. Elle prouve qu’on est capable de le faire, même quand on est issu d’une petite ville, qu’on n’est pas forcement destiné à être dans le milieu du rap, etc. Le message finalement c’est surtout ça, s’accrocher à ses rêves et se donner les moyens de faire autre chose.

 

Dans le nouvel album, on vous sent bien à fleur de peau, bien écorchés, c’est plus marqué que dans le premier album. Est-ce parce que vous vous permettez plus de choses ? Parce que vous avez été désillusionnés ?

BigFlo : Oui en effet on est plus à fleur de peau, mais ce n’est pas du tout pour cette raison. En fait, on était très pudiques sur le premier album. On n’osait pas dire les choses, on ne voulait pas parler trop de nous et de nos sentiments. On avait peur que se soit prétentieux, mal interprété, de parler de nous. On avait ce point de vue là et on s’en est rendu compte. Au final, la plupart des choses qui touchaient vraiment les gens qui écoutaient notre musique, c’était des petits moments où on parlait de choses qui nous sont arrivées personnellement. Donc on s’est rendu compte au final que c’est aussi ça être un artiste. Un artiste parle de lui-même, mais au final on se reconnait en lui. C’est pour cette raison que nous sommes  beaucoup plus ouverts sur le deuxième album. Pendant qu’on créait cet album, on était à Toulouse enfermés, on s’est rendu compte de plein de choses, de tout ce qui nous était arrivé. C’est vrai qu’on était à fleur de peau, c’est exactement ça. On était un peu énervés aussi.
Un mélange de peur, on avait très peur que le deuxième ne marche pas.

Oli : Il y avait de la peur, de la rage, du stress, des doutes et ça a donné ça. On est hyper contents du résultat. On a supprimé beaucoup de morceaux au début, nos copines on souffert pendant le deuxième album… c’est une vraie histoire…

BigFlo : Même nos potes, même notre famille. J’avais vraiment l’impression d’être enceinte quoi. Un coup j’étais super heureux, un coup j’étais déprimé. Je voulais manger des fraises à minuit… (rires), mais c’est vraiment comme ça.

Et du coup voilà, ça fait du bien d’avoir accouché.

 

Pouvez-vous nous parler des collaborations de cet album  ?Je pense notamment à Joey Starr, Stromae. Qu’est-ce que cela fait de partager toutes ces choses avec ces grands artistes ?

BigFlo : C’est un grand bonheur.

Oli : Ce sont des rêves réalisés. C’est un grand bonheur. Joey Starr c’est quelqu’un qu’on admire depuis petits, c’est un pionnier de notre culture, donc c’est hyper important pour nous de l’avoir invité sur l’album et qu’il ait accepté.

BigFlo : C’était surréaliste en fait, complètement surréaliste.

Oli : Tous les feats …

BigFlo : Je me suis retrouvé avec Joey starr dans le studio et je lui donnais des indications, J’étais là, en mode, « Ouais Joey  fais-le, mais un peu moins fort et tout » , « Ouais OK vas-y ». Dans ma tête je me disais « Wahou je parle à Joey Starr », je n’étais vraiment pas bien quoi !
Et pour Stromae ça a été pareil. Une fois qu’on a fini la journée studio, on est resté une demie heure dans la chambre d’hôtel, couchés sur le lit à regarder le plafond en mode « Wahou mais qu’est-ce qui vient de se passer là ! ». C’est assez dingue parce que nous on est fans, on est des vrais fans et quand on est fan de quelqu’un, on l’est et on n’a pas honte du tout. On peut attendre des heures pour avoir une photo. Même encore aujourd’hui, quand on est en festival, qu’il y a quelqu’un dont on est fans, on va trainer autour de son tour bus, on va vouloir absolument lui serrer la main.

Oli : On assume ce côté fan et il y a beaucoup de gens qui, en devenant artistes, se l’interdisent.

BigFlo :  Ouais ça fait classe de dire qu’ils sont au-dessus de ça.

Oli : Ouais tu as l’impression qu’ils n’écoutent plus aucune musique française dans les interviews !

Nous on est des fans en tous cas et je pense que c’est important de ne pas perdre ce côté-là parce que sinon tu n’as plus la même envie quand tu montes sur scène. Nous on reste émerveillés à chaque fois.

 

On est à Marseille, IAM a dit que vous étiez passés par l’école du micro d’argent, est-ce que vous êtes d’accord ?

BigFlo : Bah alors là ! C’est un honneur, vraiment. C’est un honneur d’être validé par un groupe comme celui-là, qui est le groupe qui nous a le plus influencés et qu’on a le plus écouté au début de notre vie, de notre carrière artistique. C’est un des premiers groupes de rap qu’on a écouté et savoir qu’on est pote avec AKH, qu’on lui envoie des textos, qu’il nous envoie des photos, ça n’a aucun sens ! Pour moi ça n’a aucun sens !

Oli : C’est important d’avoir le respect des anciens, de ceux qui ont fait le mouvement HipHop, qui ont créé ça. Plus important encore que d’avoir le respect de nos collègues contemporains parce que c’est quand même eux la base de ce mouvement en France.

BigFlo : On a reçu un texto de Mc Solaar avant-hier, qui nous a dit «Ah bravo pour le dernier clip ». Et ça, vraiment c’est ce qui nous donne…C’est ce qui nous motive et c’est ce qui m’aide à me lever chaque jour, savoir que les anciens ils valident.                                                          

 

Et envisagez-vous un featuring avec IAM ?

Oli : Ça devait se faire, c’était prévu depuis longtemps, mais ils sont très durs à attraper. Ils sont toujours en voyage. Ils m’ont envoyé un message aujourd’hui, ils sont à la Réunion. Nos 2 emplois du temps ne sont pas compatibles, c’est très dur à caler, mais j’espère que ça se fera un jour.

Il y a déjà des trucs dans les tuyaux en tout cas..

 

Et quelles seraient les collaborations de vos rêves ?

Oli : Iam du coup, Orelsan aussi j’aimerais beaucoup.

BigFlo : Iam, Orelsan on en rêverait Nekfeu ce serait stylé aussi, on pourrait faire un bon son avec lui.

Oli : Mc Solaar aussi…

 

Et quelle collaboration improbable souhaiteriez-vous faire avec quelqu’un qui ne serait pas rappeur ?

BigFlo : On aimerait vraiment bien avec Vianney. C’est le genre de collaboration qui nous excite vraiment beaucoup, ce type de mélanges. Tryo aussi. Il faut absolument qu’on fasse un son avec Tryo, on adore.

Oli : Oui je confirme, on adore ! Et Manu chao aussi, qu’on connait bien. On avait eu la chance de partager la scène avec lui, on aimerait bien faire un morceau avec. Nous avons plein d’idées !

 

Enregistrez-vous vous-même toutes les instrus sur vos albums ?

Oli : oui, toute l’instru est composée par mon frère. Moi j’ajoute des petits trucs et ensuite on le retravaille avec des gens qui réalisent.

BigFlo :  Moi j’arrive avec le squelette du truc, les accords, les instruments et tout. Puis, on le fait passer dans une machine on va dire, on retravaille avec des vrais instruments les lignes que j’ai écrites.

Oli : La plupart des arrangements on été fait par un pote à nous qui s’appelle Clément. Il était avec nous au conservatoire.

 

Quel est le titre de votre dernier album qui vous tient le plus a coeur ?

BigFlo : Moi c’est « Autre part ». C’est une chanson qui parle d’une période difficile que j’ai vécue et que beaucoup de gens vivent et ça me fait toujours quelque chose quand je la rappe sur scène.

Oli : Moi, je dirai « La vraie vie », le premier morceau. C’est une des plus grandes fiertés que j’ai. Quand je revois le clip, quand je réécoute le son, je suis satisfait. Pour moi, ce morceau est vraiment super et je n’ai pas honte de le dire. C’est un morceau pour lequel on a beaucoup mis de nous, beaucoup de trucs personnels. Cela n’a pas été facile a écrire, à enregistrer. Je me souviens du couplet de Flo, il m’a mis une énorme baffe quand je l’ai écouté pour la première fois… Je m’en souviens encore.

BigFlo :  Oui et le tien aussi.

Oli : Merci fréro !

 

 

Avez-vous l’habitude de vous chamailler un peu sur scène, de vous chambrer un petit peu ? À quoi faut-il s’attendre ce soir ?

BigFlo : Ce soir, bah ça continue, on se chambre tous les jours! Il y a des nouvelles vannes qui sortent tout le temps. Normalement on fait un clash, mais comme là on est en festival, il n’y a pas le clash.

Oli : On a dû réduire un peu le set

BigFlo : Oui, on a réduit un petit peu le truc. Mais en effet, on se clashe souvent sur scène.

Oli : Il faut s’attendre aussi à plus de travail dans le visuel. Il y a un écran, une grosse déco sur scène, pas mal d’instruments, cordes, trompette, violoncelle, etc. On va se faire plaisir à Marseille, je pense.

 

Quelle est la vanne la plus méchante que vous vous soyez faits?

BigFlo : Une fois tu m’avais tué sur scène (il s’adresse à Oli ). Je me souviens, devant tout le monde, mais je ne sais plus exactement ce que tu avais dit.
Par contre il me dit toujours la même vanne, « ouais, fais gaffe à ne pas trop sauter, tu vas te casser un os », des trucs comme ça en général.

Oli : C’est sur le physique souvent.

BigFlo : Moi j’ai trouvé un nouveau truc, Oli a une petite calvitie qui commence à arriver, ça lui tient vraiment a cœur et du coup c’est magnifique, ça ouvre tout un domaine de blagues, genre « Ramasses tes cheveux », etc.

 

Est-ce que vous seriez prêts à refaire le concours du plus de mots en une minute ?

Oli : Là maintenant non (rires)

On l’a beaucoup trop fait, mais tu verras sur scène, il y a un petit clin d’œil à ça.

 

Vous y êtes  presque arrivé la dernière fois?

Oli : Oui, mais je ne sais pas vraiment qui peut juger. Qui, nous dit si on dépasse ce mot-là, on bat un record. Je crois que c’est un peu les médias qui se sont emballés sur cette histoire.

BigFlo : Ah oui complètement, on n’a battu aucun record du monde avec ce truc-là, c’est faux à 100 % .
Il y a un mec aux États unis qui s’appelle Mac Lethal qui va plus vite que tout le monde, on ne peut pas rivaliser avec lui.

Oli : En tous cas, c’est assez marrant que tu nous en parles, ça fait référence au morceau « Ça va trop vite » en ft. avec Busta Rhymes.

BigFlo : C’était marrant. Cette vidéo est marrante. Je ne pensais pas que ça ferait autant de bruit. Mais ça fait partie du côté compétitif du rap, ce côté qu’ on adore. Le côté « qui va le plus vite », le côté freestyle. Prendre le micro et tout ça, on aime beaucoup. On est des mecs, on aime faire des chansons avec des messages, mais on est aussi HipHop dans le sens où, s’il y a un micro, on a envie de tuer tous les autres.

 

Est-ce que vous pensez que la musique, dans son sens le plus large, peut aider à changer le monde et est-ce que l’art, dans un sens encore plus global, peut aider à changer le monde ?

BigFlo : Je pense complètement, je suis d’accord avec ces affirmations.
Je pense que les artistes ont un impact très fort, et parfois ça en dérange certains qui s’amusent à dire «Ouais moi je n’ai pas de responsabilité, moi j’en fous, etc. ». Mais en vrai, non, on a tous une responsabilité. Dans le rap, c’est particulier parce qu’en plus, nous, on a un public qui est jeune, et qui est en pleine construction. C’est le moment où leur vie se forme. Je sais que, moi en tous cas, quand j’ai grandi, les rappeurs c’était comme des grands frères. Certaines phrases qu’ils disaient m’influencent encore aujourd’hui, il y a des phrases de Booba qui résonnent encore dans ma tête aujourd’hui. Je me dis « Putain, il avait dit ça, tu te souviens ? » Ça me motive… Donc effectivement on a un impact. Il y a des chansons qui ont changé la face du monde aussi, des chansons en elles-mêmes, qui ont aidé des révolutions et des trucs comme ça. Après, nous c’est pas non plus ce que l’on vise. On n’a pas envie d’imposer des choses aux gens, on a envie de le faire plus subtilement et que chacun se fasse sa propre morale et nourrisse sa propre réflexion.

Oli : En tout cas, je pense que de moins en moins d’artistes prennent leur rôle au sérieux. Malheureusement je pense que la musique changera de moins en moins le monde. J’ai l’impression que maintenant, il y a tellement de choses avec internet, avec le streaming, etc., que les gens écoutent un peu moins sérieusement une partie de la musique, surtout le rap. Ce n’est pas forcement négatif, mais on l’écoute un peu en rigolant ou juste pour s’amuser, pour danser.

 

Nous remercions toute l’équipe de la Fiesta des Suds et BigFlo et Oli.

Interview réalisée par Léa Sapolin et retranscrite par Hélène Sanier et Léa Sapolin.

 

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