Nout, trio jazz Rock

C’est la première fois qu’Extended Player s’immisce au cœur du festival Marseille Jazz des 5 continents.

Pour cette entrée en matière, le rendez-vous se fait au Palais Longchamp. Lorsqu’on arrive, Nout est déjà sur scène.

Les premières notes qui arrivent à nos oreilles sont rock, mais très vite teintées de douceur avec des instants mélodiques où seules harpe électronique et flûte traversière se répondent. Une première rencontre qui s’opère dans la séduction.

Mais, trêve de romantisme, Delphine Joussein et Rafaëlle Rinaudo ne sont pas là pour nous bercer. Oh non ! Fini la seule et unique pause calme du concert : leur troisième acolyte Blanche Lafuente à la batterie a du tonus. Elle rappelle à l’ordre ses deux copines. [Ce sont d’anciennes colocataires qui se partagent la scène, une belle complicité se fait ressentir.]

Ça vibre, ça bouge. Les trois artistes s’animent, s’accordent sur un jazz rock qui rappelle les années 70’s. On passe du rock au métal rock, garage, et même au punk ! Ces trois nénettes en ont dans le ventre et ne comptent pas se tenir tranquilles.

Le public, assis sur les nattes, vibre de l’intérieur. Malgré l’ambiance farniente d’un parc, un samedi soir sous le cagnard, tout le monde bouge la tête, entraîné par ce trio de musiciennes au style bien marqué. Les interludes sont dotés de quelques touches d’humour, que demander de plus pour démarrer la soirée en beauté ?

NOUT – THE LAST TRAIN

Les pompiers PonEy Club, la fanfare qui réapparaît à chaque changement de plateau

C’est maintenant le moment du changement de plateau. Le parc est ouvert au public pour que chacun puisse profiter du lieu et profiter de cette pause. Une fanfare prend le relais. Certains, bien installés, ne bougent pas d’un fil pour conserver leur place. D’autres s’échappent pour rejoindre la fanfare « Les Pompiers Poney Club ». Tous vêtus de noir et blanc asymétrique, swing, groove, ils assurent cette entre deux scènes avec brio. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils ont été choisis pour animer l’ensemble des soirées du festival Marseille Jazz des 5 Continents et que nous les retrouverons également lors de la prochaine édition.

Sous le charme d’Aṣa et de sa soul

Au loin, Aṣa est prête, le public aussi. Elle semble attendue par de fins connaisseurs. Normal, elle aurait dû se produire sur cette même scène avant la crise sanitaire, deux ans auparavant.

Son entrée ne passe pas inaperçue : sa voix aoul impressionne et charme. Sa tenue est resplendissante : ornée de paillettes et de motifs africains.

Nous ne connaissions pas cette auteure-compositrice-interprète franco nigériane, mais nous allons l’écouter avec attention, pour ne pas dire « l’admirer » tant nous sommes subjugués.

Sur scène, elle n’est pas seule, une choriste et des musiciens l’accompagnent. Ils sont tous au centre d’un jeu de lumières chaleureux et festif. Le Public, maintenant debout, chante. Il connaît les paroles par cœur. Et lorsqu’Aṣa entame « Fire on the Montain », il s’enflamme. Aṣa, avec sa petite guitare, lui rend bien et continue d’entraîner tout le monde avec ses refrains teintés de folk et de reggae. Elle nous offre même un solo de guitare.
Ses paroles en anglais et yoruba résonnent dans le public. Des instants très rock viennent agrémenter son set. Après son titre « Maybe », elle présente timidement et en français son tout nouveau projet « V » conçu 100% en autoproduction, depuis chez elle. Elle nous a convaincus, on écoutera « V » dès notre retour à la maison.

Aṣa – Ocean (Official Video)

MARSEILLE JAZZ DES 5 CONTINENTS, UNE ORGA PARFAITE

C’est l’heure du changement de plateau : une pause s’impose. C’est le moment d’aller faire un tour du côté des toilettes. On se fait accueillir par la propriétaire des toilettes sèches mises à disposition du public. Celle-ci s’excuse de la détérioration d’un des loquets et vient nous tenir la porte. Incroyable, si ce n’est royal ! Du jamais vu en festival. À croire que l’organisation de Marseille Jazz des 5 Continents excelle à tous les niveaux. D’ailleurs, on ne l’a pas précisé, mais le son est parfait, les ingés sons ont fait du bon boulot ! Côté restauration, il y a le choix aussi. L’accès PMR semble très adéquat. Les deux écrans qui surplombent la scène permettent de ne rien manquer du concert. Les prises de parole avant la montée de chacun des groupes sur scène sont parfaites pour présenter et contextualiser la venue de chaque artiste. Le cadre est magnifique. Bref, chapeau l’orga !

JAMES BKS NOUS OFFRE UN LIVE PROCHE DE LA PERFECTION

Aujourd’hui, ce n’est pas n’importe quelle soirée pour Marseille Jazz des 5 Continents. Après 13 jours de festival, c’est le moment de clôturer l’édition. Pour ce « Final » rien de mieux que celui qui a clôturé la Coupe d’Afrique des Nations en 2021 : James BKS. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Vous avez forcément entendu sa musique. Il a produit pour de grands artistes américains tels que Ja Rule, Talib Kweli, Snoop Dog, ainsi que pour de grands artistes français comme Booba ou encore Ol’Kainry et Youssoupha. C’est également l’homme de l’ombre de certaines musiques de films et jingles publicitaires. Pour notre part, nous l’avions rencontré en studio lors du mix de l’album « Art contemporain » des Sages Poètes de la Rue.

Mais, comme il le dit lui-même, ce jeune compositeur timide qui mettait son talent au service des autres est maintenant un artiste assumé. Ce soir, il nous présente « Wolves of Africa » son second projet à lui.

Déferlante d’orange, les voici sur scène. Il y a les choristes : un homme, une femme, deux sourires. Les musiciens, le MC, la femcee, James BKS. Tous vêtus en orange avec une patte de loup floquée dessus. Le ton est donné : ce sera festif et positif.

Ce français d’origines africaines ayant longuement vécu aux États-Unis a fait de sa musique une fusion entre ses 3 continents de cœur. On y retrouve du rap américain, des guitares maliennes, les basses assourdissantes du Nigeria, les chœurs féminins enjoués, les cuivres congolais, la force des machines et de leurs rythmiques électroniques. Il emprunte à chaque style une part de sa singularité, sélectionnant la dose parfaite pour un mélange magique que seul ce compositeur sait nous offrir. Côté langue, l’anglais prédomine, mais français et swahili ne sont pas en reste.

Sur scène, il est accompagné des meilleurs : son groupe New Breed.

Anna Kova est impressionnante, Gracy Hopkins tout autant. Voir un MC et une Femcee au sein d’un même groupe n’est pas courant, cela fait donc d’autant plus plaisir de découvrir ces deux voix charismatiques qui ne font pas semblant de rapper ! Les musiciens sont eux aussi très talentueux (malheureusement, on n’aura pas réussi à retenir leur nom pour vous les donner).

Les membres du groupe sont rodés : pas de danse synchro, gestion de l’espace, enchaînement des morceaux, présentation des titres, gestuelles, tout est parfait ! Le live est abouti.

Si BKS signifie « Best Kept Secret » (le secret le mieux gardé), ce n’est pas pour rien, il a la bonne recette pour mettre tout le monde d’accord. On aurait aimé continuer avec lui pendant des heures, tout comme le public qui en demande encore. Toutes les bonnes choses ayant une fin, le festival Jazz des 5 continents se clôture par le discours de son président. On en gardera de très beaux souvenirs et, pour sûr, on reviendra l’année prochaine !

James BKS – Jungle Go Dumb (feat. will.i.am) (Official Music Video)
James BKS – Pana Njia (feat. Gracy Hopkins) (Official Music Video)

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR :

Léa Sapolin
Rédactrice en chef adjointe et webmaster du Magazine.
Passionnée de HipHop français et de musique à textes, en charge de la partie rap du magazine depuis mes 11ans.
Chargée de communication à mon compte et chef de projet Web à Oxatis.
Projet perso en cours : www.omega-13.fr

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