MISA :

Nous voici sur place pour le troisième et dernier jour de fiesta entre la Major et l’entrée du vieux port, adossé au Mucem. Le ton est donné d’entrée par Misa, gagnant local du tremplin les mots de la rue. Accompagné de deux acolytes, il nous offre trois morceaux entre trap et rap old school. Des inconditionnels sont là pour profiter du show, les premiers festivaliers ne tardent pas à découvrir ces nouveaux talents.

LA REINE MAB :

À peine le temps de s’abreuver, la Reine Mab prend le relais sur cette petite scène surplombée de volants colorés. Deux hommes entrent tels les Blues Brothers vêtus de costumes et lunettes noires, se placent derrières leurs machines, quelques notes sourdes et la chanteuse se présente. Sur des rythmiques et sonorités eurodance et pourtant actuelles, le climat se chauffe et une tornade féerique se forme. Bientôt des riffs de guitares électriques font vaciller les têtes. La chanteuse surprend et nous enchante sur son thérémine, les plumes de paons dont elle fait l’apparat s’animent et volent au gré des mouvements majestueux de cette enchanteresse.

Rock, pop, techno… punk ? l’univers de ce trio est aussi riche et fou que la myriade de masques et déguisements qu’enfile la chanteuse au fil du live.

ALA.NI :

Le souffle est court, l’horizon arbore maintenant des couleurs pastel. Il est temps de rejoindre non loin de là Ala.ni. Sur cette grande scène Major, les 4 artistes semblent petits. La scénographie est simple, tamisée et intimiste comme si le groupe improvisait un bœuf.
La voix sensuelle de cette jeune londonienne, portée par une gestuelle gracieuse et subtile, est magnifiquement accompagnée par les musiciens.

Violoncelle et accordéon nous baladent dans les rythmiques et mélodies cuivrées d’un beatboxer que nous avions rencontré lors du Battle State Of Mind #3 à Marseille.

Le public est porté avec délicatesse dans l’univers vocal si riche de la chanteuse, imprégnée par les années folles. Sous les rires bienveillants d’un public conquis, Ala.ni dérobe de manière taquine le chapeau d’un festivalier le temps d’une chanson. Riche de cet élan poétique et spontané si singulier, elle s’inquiète à présent de nous laisser “slow and dépressive” avant d’entamer le dernier morceau. Ceux présents en jugerons, nous partons d’avantage enrichi et serein rejoindre les rangs de la scène Mer.

HOCUS POCUS :

Impatience et curiosité se font déjà sentir. Près de dix ans après, Hocus Pocus remonte sur l’échafaud pour notre plus grand bonheur. Le groupe s’arrête ce soir sur l’étape Fiesta des Suds au gré d’un tour bus, aucun album n’est en vue, non. Plus tôt, 20syl nous confie en interview qu’Hocus Pocus revient simplement pour revivre l’enivrement d’une époque déjà lointaine. Et pourtant… pourtant, ne cherchez pas de nostalgie. Oubliez les heures insatiables d’écoutes qui auront fait de vous un témoin vivant d’HP, de 16 à 73 ans (OK on est un peu marseillais, seulement 10 piges se sont écoulées). Nouveaux arrangements, nouvelles prods ; de la pure création, construction, déconstruction. Les textes sont identiques, mais les morceaux nouveaux, l’énergie sublimée.

Mr. J. Medeiros entre en scène, la puissance et le panache sont maintenant à leur paroxysme. Quand les lumières s’éteignent, les artistes quittent la scène, une petite lumière éclaire rapidement la proue de la scène. 20syl revient et nous prouve une fois de plus ses innombrables talents en lâchant un rythme beatbox sur une loop-station. Deux, trois, quatre, sept, tous se relaient pour enrichir ce beat vocal avant de reprendre leur place et que les instruments détonnent et nous fassent exploser !

Un battle guitare / dijing, 20syl prenant le relais derrière les platines, les artistes s’éclatent pour notre plus grand bonheur, smile sur tous les visages. Quelle fraicheur !

IRÈNE DRÉSEL :

La scène se vide à présent, nous retournons sur nos pas, surpris par cette mise en place fleurie. Irène Drésel accompagnée de Sizo Del Givry, se tiennent debout devant leurs instruments électroniques.

Leur techno lancinante submerge les fêtards se laissant porter sur un set sans interruption dont les progressions et transitions vastes poussent les corps à s’abandonner sur des basses puissantes. Un savant mélange d’abondance et de minimalisme, dans la musique comme sur la scène, dont les projections psychédéliques en fond, paraphent l’univers des artistes. La voix d’Irène résonne par moment dans des boucles infinies et substantielles. Si vous comptez danser et vous perdre jusqu’au bout de l’after ce soir, c’est ici que tout commence.

SKIP THE USE :

On a beau être dans le sud, au Nord-Pas-de-Calais ils savent faire la fête et enflammer les foules. Le quatuor est là pour déchaîner son rock, pop punk! S’il faut souvent quelques morceaux et jeux de scène pour chauffer à blanc les foules, la fosse est déjà “prête à mourir”.
Les semelles rebondissent sur les kicks puissants du groupe, les voix résonnent en cœur dès les premiers refrains.

Mat Bastard s’amuse à introduire les morceaux avec humour, façon one-man-show avec un accent ch’timi. Sortent d’entractes où, si l’artiste engagé fait preuve d’une grande auto-dérision, il n’hésite pas à embarquer cet auditorium acquis sur des sujets politiques tumultueux.

De gauche à droite, l’activité débordante du chanteur emporte comme une vague les fêtards qui se lancent à présent dans des pogos acharnés.
C’est indéniable, Skip The Use excelle toujours sur scène !

Il est déjà plus de minuit et, comme pour Cendrillon, les godasses commencent à chauffer et à vouloir s’échapper. La Fiesta est loin de se terminer : Bon Entendeur est à présent attendu sur la scène Major, quand Dombrance dans un même temps fera bouger les fessiers accompagnés de stars politiques.

L’After au Dock des Suds sonnera le glas de cette fiesta. On imagine déjà Maraboutage, Pom Pom Boy, Sang9 et Dj Marco enflammer les vaillants, debouts, profitant des derniers instants de ce festival emblématique.  Il est temps pour nous de rentrer. On aura fait partie de cette foule dense de 37 600 spectateurs qui aura dansé pendant 3 nuits à la 28e Fiesta des Suds.

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Graphiste / Web-bidouilleur ayant baigné depuis tout jeune entre rock, reggae, variété et hip-hop, la curiosité reste le lien étroit entre passions et activités professionnelles.

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