Dominique Dalcan - Hirundo« J’irai nager dans la rivière, J’irai voir au fond », ainsi débute l’album, (« C’était quoi la question ? »), un titre qui aurait pu avoir été écrit par Les Innocents, tant la mélodie et les harmonies vocales s’en rapprochent. Pourtant, Dalcan n’est pas homme à utiliser le papier calque. Il est même de ceux qui restent à la recherche de l’indispensable, en évitant les redites. Un jour, pour une interview, il avait avoué se poser la question du sens et de l’originalité des chansons qu’il écrivait, pensant que le résultat devait répondre à une préoccupation de base, à savoir disposer d’un minimum d’originalité répondre à un besoin, et surtout à un manque. Avec le recul, puisqu’il y a bien plus de quinze ans que ces propos ont été tenus, disons que Dominique Dalcan a un son bien à lui. « C’est sans importance », par exemple, se distingue par ses arrangements propices et les oiseaux qui passent au travers des mots. Il y a une ambiance, traversée d’une lumineuse élégance. Idem dès l’intro de « Des hommes et des lions ». C’est comme ça, la chanson de Dominique Dalcan a vécu la pop et s’en est imprégnée, passant ensuite par des formules électroniques, pour revenir aujourd’hui avec cette souplesse féline qui n’appartient qu’à lui. C’est ainsi que disparaissent les frontières avec ce que l’on considère banalement comme « la variété ». Ici, malgré un autre fantôme instantané de Jean-Louis Murat (quelques brèves syllabes sur « Un signe d’ouverture »), les titres gagnent en consistance à chaque nouvelle écoute, pour devenir d’heureuses tourneries mélodiques sous le soleil imaginé. C’est chaleureux, vivant, utile et nécessaire pour la chanson française.

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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