Démarrage en mode série américaine type Starsky et Hutch, cuivres à l’appui et guitare abusant de la pédale wah-wah. Les années 70, nous y sommes, d’autant que cet album est sorti très exactement en 1977, au Japon. Pourquoi en parler aujourd’hui ? Tout simplement parce que c’est la toute première fois qu’il parait en France, et plus généralement hors du Japon, à l’occasion de sa réédition en version remasterisée à partir des bandes originales. L’occasion pour nous de voyager un moment au pays du soleil levant. A partir des aventures du détective Kosuke Kindaichi, héros des romans de Seishi Yokomizo, équivalent – si l’on peut utiliser ce terme-, d’Agatha Christie en son pays, le label japonais King Records a décidé, en 1977, d’enregistrer un album concept basé sur cette série romanesque. C’est le célèbre pianiste Kentaro Haneda qui a produit l’album, compositeur notamment pour des musiques de films, pour la télévision, et aussi très connu pour son travail sur des musiques de films d’animation et de jeux vidéo, dont le fameux « Wizardry ». Il s’est entouré pour ce projet de la crème des musiciens funk et city pop de Tokyo, de pures références en la matière. C’est pourquoi cet album est considéré comme une pépite, très recherchée par les collectionneurs et amateurs de musique funk. Cette réédition prouve à quel point l’audace du travail de Kentaro Haneda relève d’une très grande maîtrise. Pour un disque exclusivement instrumental, on parvient, dès les premières notes, à voir avec les oreilles. On est au cinéma, ou devant son petit écran, au choix. Mais pas une minute pour s’ennuyer. Que l’on apprécie ou pas ce style musical, force objective est de constater combien les constructions musicales déjà très rythmées en elles-mêmes – disco-funk oblige – s’animent sur une ossature scénarisée à souhait. « Meirosou No Sengeki », par exemple, est un titre qui connaît, sans jamais choquer, une évolution musicale telle que l’on part du classique étrange et vampiresque pour s’aérer en définitive en ballade disco, exprimant par sa mélodie à la trompette une émotion pleine de grâce. A vrai dire, sans être fan de ces genres musicaux, on peut se trouver très facilement dans une abstraction totale par laquelle l’impact cinématographique prend esthétiquement le dessus. C’est la puissance du travail de Kentaro Haneda. On le comprend aisément en constatant la facilité avec laquelle il croise toutes ces parties instrumentales interprétées par un groupe funk-pop au top de sa forme avec des arrangements hyper classieux et symphoniques jamais en contradiction ni opposition. Un programme qui s’écoute, qui se regarde, qui se lit. Le visuel de pochette suffit à en faire la synthèse imaginaire.

KENTARO HANEDA

Cet article a été rédigé par :

Avatar

De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *