« Autant En Faire Quelque Chose Plutôt Que Rien ». Jean-Louis Murat assure avec une pochette d’album dont l’originalité est à l’image d’une réputation inédite pour un artiste français. Un agricultureur que l’on ne comparera à aucun autre, sinon, pourquoi pas Neil Young et sa capacité créatrice apte à frayer tellement de chemins différents sans pour autant perdre son identité.  Ce disque est un album enregistré en public pour les huit premiers titres, le 23 novembre 2018 au Toboggan à Décines, lors de la tournée Il francese. L’amoureux (Innamorato en italien) est sur ce répertoire le glorieux guitariste du trio. Avec Fred Gimenez à la basse, et Stéphane Raynaud à la batterie, Jean-Louis dès l’intro, s’exprime d’abord en formule guitare solo. On pensera régulièrement à Jimi Hendrix par l’utilisation d’accords dans l’esprit « Little Wing ». Mais Murat joue Murat. Pas d’effet démonstratif recherché, juste ce prolongement émotif accouplé aux mots d’une poésie nostalgique engagée. La tournée « Muragostang », période « Mustango » et « Le Moujik Et Sa Femme » avait mis les synthés à l’honneur, écrin passionnel pour la guitare et la voix de l’artiste. Cette fois, la sobriété met à nu la fleur de peau torturée d’un artiste égal à lui-même dans sa réputation, paradoxale, mais ô combien sans concession, eu égard à la profession dans son ensemble (maison de disque, journalistes…) Il se concentre sur la vibration, sur l’artistique. A trois, juste trois, Jean-Louis Murat démontre comment ses talents de guitaristes prolongent cette capacité à dire. Il y a les mots, et il y a le courant qu’impulsent des notes jouées d’une façon « amoureuse ». Le jeu de guitare, le son de l’ampli, quelques effets. Les phrases se prolongent au-delà du sens. Très beaux « Kids », « Il Neige », très long et lancinant « Marguerite de Valois », récitatif (sans guitare pour le coup) « Je Me Souviens », puis violence des accords  pour « Les Jours Du Jaguar ». Concert-portrait complet d’un Jean-Louis Murat au faîte de son art. Les quatre titres studio qui suivent, sont des inédits qu’il aurait été malheureux de manquer. A commencer par « Ben », où JLM semble allusionner autour de l’autotune, mais bien loin des dérives générales. On en réentendra un peu dans « Cœur D’Hiver », chanson qui n’est pas sans nous rappeler aux bons souvenirs de « Cheyenne Autumn ». Puis terminus avec un « Par Toi-Même Hideux » dont la lancinance et la longueur rapproche encore une fois Jean-Louis de Robert (Bob Dylan), l’homme aux interminables couplets. Murat-Zimmerman, s’il s’agissait d’autant en faire quelque chose, c’est largement gagné.

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR :

Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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