France-Liban. Arno et Eliz. Guitare, voix et basse. Arabe, français, anglais. Trois langues pour un duo pratiquant une musique les combinant avec adresse et précision. Trois langues qui génèrent ce style particulier, que l’on place très volontiers dans la continuité créative Carte de Séjour – Rachid Taha. « Blood Orange Sirop », titre entendu comme un symbole – celui d’un fruit qui a voyagé entre Orient et Occident, qualifié ici de sanguin, d’humain et de rock -, est le second album du groupe. Les douze titres proposés ici affirment l’aboutissement d’un style. Les sonorités musicales arabisantes, par ces mélodies parsemées entre les phrases chantées par Eliz, apparaissent au naturel en imposant un sentiment nouveau. Nous ne sommes pas ici dans quelque chose qui se définirait dans un cadre World-Music, mais bel et bien comme une nouvelle inspiration rock. Ce n’est pas la musique traditionnelle de différents pays qui se croisent. Le mariage est déjà parfaitement consommé. Prenons par exemple « So Many Lovers », son intro de basse, son chant suivi par l’entrée d’une guitare quasi new-wave et d’une batterie très franche, placé en milieu d’album. Il sera quasiment le seul titre sans consonance purement orientales, mais s’imposera admirablement avec chacun des autres morceaux détenant cette vibration particulière, comme ce cymbalum que l’on entend derrière les trompettes de « You Are Poetry », ces notes jouées à la manière des doigts sur les cordes d’un oud dans « Cheveux Denses », et tous ces petits solos glissés comme des gimmicks entre les phrases chantées (« Sarr Lezim », « Aloule »). Les guitares d’Arno sont purement rock’n roll, claquantes et compressées (« Queen Of The Harem »), alors que la basse d’Eliz appuis fortement sur l’empreinte d’une new-wave de circonstance, apportant cette couleur mystérieuse complémentaire et bienvenue dans cet épatant et remarquable collier de perles. Qui résistera à « Khalina N Shouf », son rythme et son refrain implacables ? Qui refusera de croire au dépaysant « Believe » ? Allons voir « De L’Autre Côté », tout y est ! Encore un disque à garder à portée de main.

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