Bien gâtés ces jours-ci en matière de riffs qui tuent. Parlor Snakes est de ceux qui cognent les murs à grands coups d’accords frappés, transpirant sous la chaleur des lampes de l’ampli. Est-ce qu’il est question de destruction ou d’édification, au vu du nom du groupe et du titre de l’album ? Parlor Snakes est un groupe dont le noyau essentiel est constitué du duo franco-américain Eugénie Alquezar et Peter K. Il s’agit déjà ici de leur troisième album. On sent l’expérience de la scène ainsi que la maîtrise de la puissance des consonances du rock’n roll. Difficile en plus de classer dans une case précise ce répertoire qui se joue en transfigurations stylistiques.  « Wonderland » s’appuie sur une ligne de basse aux trépidantes rondeurs saccadées. « Marc Bolan’s 5th Dream » (titre phare du groupe) démarre comme un slow, belle ballade appropriée, dont les vocaux doux entraînent vers l’extase auditive. La guitare en écho complète de ses saveurs l’émotion qui s’impose sans tension, jusqu’au final. Comme quoi, Parlor Snakes sait aussi retenir ses pulsions. On pouvait penser, avec l’intensité de « Darkness Rises » en ouverture, que l’on allait plonger dans un contenu en ébullition et sans retenue. Mais cela est tout à l’honneur du groupe, car ses écarts sont sans faille, additionnant des atouts sans jamais perdre le sens d’une réelle identité. « Serpent », chanté en français, combine sensualité et nervosité. Les nappes de synthé adoucissent la coda du décomplexé « End Of Love », comme pour provoquer l’enchaînement avec « Nylon & Milk », autre ballade très réussie et point fort du répertoire, sans même l’appui de la batterie dans ce cas. Toujours est-il que Parlor Snakes rappelle au final que c’est bien l’énergie qui détermine son avancée musicale. « Frequency » additionne tout ce qu’il y a de plus nerveux. Rythmique de guitare, vrombissements de batterie, lâché d’envolées de basse, mini solos à l’arrachée, pour se perdre dans les suspensions animales d’un larsen sous contrôle, avant de marquer un grand coup rock’n roll en guise de point final.

PARLOR SNAKES – PARIS – La Maroquinerie – 2018-02-05

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