Il aime Jimi Hendrix et tout le monde le sait. Et quand on dit tout le monde… Dès qu’il est question d’un  événement sur l’artiste, il est toujours là, pas loin. Une ombre en pleine lumière… Sa mère lui avait demandé pourquoi il « s’occupait d’un mort » ? A l’instar d’Obélix tombé petit dans le chaudron de potion magique, c’est un peu plus âgé que Yazid Manou a succombé à l’univers hendrixien. Quelques décennies plus loin, l’homme est toujours là, gardien du temple. Comme l’écrit Stéphane Koechlin, dès les premières pages de ce livre consacré tant à Yazid qu’à Jimi, ou plutôt sur Jimi à travers Yazid – ou l’inverse : « Pour Yazid, la mort n’existe pas ». Parce que la musique est intemporelle, certainement. Mais pas n’importe quelle musique. Un impact intérieur tellement fort qu’il en est prioritaire sur tout le reste. Au point de rendre à Yazid cette forme exceptionnelle de jeunesse éternelle. L’importance de ce « Blues for… » est de souligner à quel point la passion permet de transcender peur et incertitude. A quel point elle peut pousser et donner des ailes à l’individu qui la porte. Appuyé en partie sur l’organisation du vingtième anniversaire de la mort de l’artiste à l’Olympia – événement joliment détaillé et retranscrit dans ses moindres joies et difficultés -, on tient ici l’évidente démonstration de ce pouvoir. La ténacité de Yazid, qui alors n’avait aucune entrée dans le milieu, est une succession de rencontres qui auraient été impossibles s’il n’y avait eu cette lueur au fond des yeux du garçon. Et s’il n’y avait aussi des attentes d’autres parts. Du coup, l’histoire se prolonge et l’ange, dans une stupide opposition avec la demi-sœur de Jimi (où il n’y est strictement pour rien – jalousie quand tu nous tiens : il connaît mieux le héros que la propre famille du fulgurant guitariste !) est devenu la référence incontournable en la matière. Besoin d’un conseil, une question sur la validité d’une bande retrouvée… Yazid trouvera la bonne réponse. Un livre original qui démontre bien que la musique ne vit pas que de ses créateurs, mais aussi de ses auditeurs. Preuve du pouvoir de la passion. Bravo Yazid et merci Stéphane d’avoir eu l’idée de rendre hommage à quelqu’un qui, finalement, est lui aussi, à sa manière, un grand artiste !

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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