Encore une belle bande d’excités. Avec des titres comme « Bastard Song », « Bullet », « Dr House », un répertoire truffé de riffs killers, comment Skip The use ferait-il pour passer inaperçu ? Ce qui est évidemment très loin d’être son but. Bien au contraire. Leur truc est de placer dans leur rock déjanté des refrains combinant des essences relevant de la soul et du disco (« Dr House »). S’ils ne sont pas les premiers à tenter ce diable – qui est loin d’être une constante dans leur répertoire -, les Skip conservent visible et directe l’opportunité rock’n roll. Dès les premières notes de « Bastard Song », titre quasiment signature, les choses sont nettes et claires, précises, transparentes. Aucun compromis entre rigueur, puissance et détermination. Les guitares s’inscrivent dans la tradition rock : riffs plaqués ou râpeux, soutiens et compléments d’un chant volontaire doublés de chœurs concernés (« Give Me »). « She’s like a bullet in my head », (« Bullet »), donne une idée du développement philosophique des énergumènes. Ils ne font rien de neuf avec cette  ancienne matière. Mais ils le font tellement bien qu’on ne peut les placer que sur le dessus de la gigantesque mêlée déferlante du milieu de la première décennie d’un siècle à volonté mutante. Même le reggae est abordé à leur façon (« Antislavery »), ainsi que le crasseux boogie avec un « Don’t Want To Be A Star” éloquent. L’énergie souvent retenue, les espoirs déçus, l’attente tellement frustrée font partie d’un autre monde que le leur. Comme les Shakaponk, Skip The Use a brisé la glace et brille d’une présence irradiante.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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