Partons sur une base de Telecaster, d’un très joli bleu si possible, et jouons le blues. Celui qui clean ou qui crunch, celui qui mérite sa couleur. Lableue Guitare est un quatuor breton formé de Jean-Claude Durand à la guitare slide et à l’harmonica, de Stéphane Raffray à la batterie, de Guy Riou à la basse, et du héros Pascal Eliot, le dragon auteur-compositeur, à la guitare – pardon, aux guitares -, et au chant. Cela donne forcément le son d’un bayou de Brocéliande, ce territoire  unique entre USA et Grande Bretagne, à la pointe de l’Europe, soit donc le « Brayou » ! Et pour prouver qu’il ne s’agit pas d’une terre perdue au bout d’un monde incertain, Lableue Guitare a choisi de se montrer sur les rails, au devant de la locomotive – rétro, certes -, mais élément mobile permettant toutes les traversées. C’est ainsi que va la musique offerte sur cet album de six titres. Un premier essai carte de visite confirmant le savoir-faire du combo qui commence à avoir une belle réputation, écumant bars, salles et festivals, et fin prêt à sortir des frontières locales. Le titre éponyme qui ouvre cet EP s’impose comme le cachet d’un groupe qui est blues, mais qui veut aller de l’avant, et faire de ce blues un outil créatif ouvert. La rythmique est funky, alors que l’harmonica va signifier un goût de l’authenticité évident. Et les solos de guitare, de ce morceau ou des suivants, vont tout simplement imposer l’idée du plaisir de jouer. C’est une musique qui coule de source, même si Pascal chante « I’m gonna loose control ». Il perdra le contrôle tout en le conservant savamment. « Noo York City Blues » prescrit ses saveurs sonores empreintes de tradition, avec ce son de résonateur très particulier qui ajoute, avec celui de l’harmonica, ce piment propre au style musical. On apprend à mi-parcours que le groupe est en manque de carburant (« No More Fuel »), mais c’est complètement faux. Avec « Don’t Need To Be Born In Mississipi », nous y voilà, c’est confirmé, le blues est universel. Alors ça swingue joyeusement vers des hauteurs bien plaisantes grâce à un solo joliment envoyé sur un tempo qui est une véritable invitation à la dégingande des jambes. « Cotton Candy Girl » se la joue slow et langueurs sensuelles. Il faut dire que Pascal a, dans son chant, quelque chose du Mick Jagger de « Bridges To Babylon » (« Flip The Switch » ou « Out Of Control » pour exemple, ou même « Saint Of Me ») et cela n’est pas dit pour contrarier notre Pascal chanteur fan des Beatles, soit précisé en passant. Le très bon goût du groupe est confirmé par une coda en forme d’ouverture avec « Highway 56 » que les amateurs d’énigmes ne cesseront d’ausculter sous tous les angles car, au-delà des qualités artistiques évidentes défendues tout au long de ces quatre minutes cinquante très électrisées (encore la voix de Jagger), une foule de questions vont torturer les esprits. De quelle autoroute 56 s’agit-il ? Celle qui traverse le Texas ? Est-ce tout bonnement une allusion au département du Morbihan qui porte le même numéro ? Ou s’agit-il du groupe de musiciens de bluegrass portant le même nom ? Ou est-ce la départementale 56 qui relie Plougastel-Daoulas à Guéméné-Penfao ? … Ah, excusez-nous, il paraît qu’elle n’existe pas. De toutes les façons, voici un disque qui s’écoute aussi bien au volant que dans son salon. Bravo les gars ! Continuez comme ça.

Un petit lien Soundcloud avant les vidéos :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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