Deux titres, comme à l’époque des 45 tours, voire un peu plus tard le CD single, avec une opportunité, puisqu’en prévision de la sortie d’un nouvel album, la « face B » est inédite. Alors on va commencer par elle, « Anxiogen », pour faire peur, intro claquée, puis synthé terrifique, comme un orgue saturé qui chercherait à assombrir toute lueur provocante de bienfait. « Pour moi c’est anxiogène, comme le sang  qui coule dans mes veines, comme le poids sur moi de ta peine, une ride sur un visage que j’aime ». Noël énonce « savourer la moindre heure de bonheur, l’impuissance face au temps qui avance », comme prisonnier dans la salle d’attente d’un service d’urgence bondé. Quant au titre phare, « H.E.L.P. », lettres à prononcer séparément et à l’anglaise, il s’agit d’une discussion, d’un appel au secours, là où le sentiment le plus fort, celui qui s’imprime au plus profond, dérape soudain, détruisant l’osmose. Pas si loin du « Cold Heart » de Fiona Walden car, dans les deux cas, le clip à l’appui est dans cet amour décroché soudainement après tant de complicité naturelle et spontanée. Un syndrome semblant  prendre une ampleur abusive dans une époque où les repères se perdent et où les sentiments existent, fragilement retenus par des fils de soie tellement fins. Musicalement, ça commence par la lourdeur expressive d’une basse qui n’est pas sans rappeler le dernier album de Dominik Nicolas – dont Noël Mattéï, l’homme aux deux trémas, a écrit la quasi-totalité des textes -, mais, dès l’entrée de la petite mélodie synthétique, déroulée sur une forme d’arpège à la guitare, les deux voix se positionnent dans un chassé-croisé amoureux subtil et harmonieux : « – C’est une urgence – Moi aussi j’entends l’ambulance… », amoureux dans le sens de respectueux, puisque l’éloignement s’annonce. La bande-son est parfaite, pointant une nostalgie prégnante que précède cet appel au secours perdu d’avance. Si ça finit mal, l’osmose vocale n’en est pas moins remarquable.

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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