Quand la country s’appuie sur un chant proche du gospel, puis laisse s’exprimer la guitare avec une pesanteur tout en nuances émotionnelles, c’est que l’on vient de se mettre entre les oreilles le dernier album de Courtney Marie Andrews. Premier titre de chanson éponyme de l’album, celui qui signifie que cette country-là ne sera pas aussi traditionnelle qu’on pourrait le croire. « Lift The Lonely from My Heart » enchaîne avec un son de six cordes en harmonie avec celui que l’on vient de décrire. En fond, la rythmique acoustique maintient un doux tempo marqué par le battement d’un tambourin, avec la belle présence d’un orgue donnant une profondeur ambiante supplémentaire, couleur que l’on retrouvera, notamment sur « This House ». « Two Cold Nights in Buffalo » reprend ensuite un chemin plus conventionnel, mais avec classe, sur un tempo plus enlevé, où l’on retrouve toutes les sonorités de guitares propres au genre, sans oublier quelques passages de pedal-steel. Envie de se permettre un rapprochement avec Lindy Ortega, pour certains accents vocaux et l’inspiration musicale. Courtney Marie Andrews raconte qu’au travers des rencontres faites lors des tournées, beaucoup de choses lui ont fait repenser à son enfance – elle a aujourd’hui vingt-huit ans. Et le regard qu’elle porte sur le monde qui l’entoure, particulièrement en Amérique, a fini par se focaliser sur les effets de la pauvreté, engendrant mal-être et instabilité mentale, tristesse et dépression. C’est tout cela qu’elle évoque dans les dix chansons de cet album. Ce qui explique cette gravité souvent prégnante imposée par la saturation des guitares (« Took You Up »). Cette country est loin de celle qui se formalise sur les clichés et le folklore. Elle appartient aux paysages, ceux des grands espaces et de la nature, confrontés à la pression urbaine et ses tensions, ses limites. « Kindness of Strangers » apparaît presque comme une prière, avec ses chœurs puissants et sa mélodie immédiate. Des chansons qui évoquent la vie, les saisons, le chaud et le froid, et donne l’envie de s’attarder au bar en savourant un excellent whisky. Paradoxe des clichés, peut-être, mais c’est vraiment ce que l’on ressent. Le piano  entendu sur « I’ve Hurt Worse » ajoute encore plus à ce parfum. L’album se termine avec « Long Road Back To You », avec une introduction typique, évoquant encore plus la distance et l’ambiance toute particulière, telle celle du film « Into The Wild » et sa musique, en partie signée par Eddie Vedder.

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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