Extendedplayer : Comment est-ce que ton travail est perçu à l’étranger ? Peux-tu donner des précisions sur les réactions du public ?

 

Rachid Taha : Je reviens d’Espagne où je remplis les salles. En Angleterre ça marche très bien parce que là-bas je suis considéré comme un rocker. En regardant sur internet on s’aperçoit qu’ils parlent différemment de moi. Il n’y a pas le côté arabe, raï et Algérie. Je suis un rocker pour eux. Je suis allé aussi en Russie avec Brian Eno et en Australie. Je vais aux Etats-Unis tous les ans. Je suis perçu de manière assez différente. En février ou mars, je crois, il y a le festival d’Austin par exemple. Dans tous les cas je tourne avec le même groupe, je ne change pas d’équipe. Les gens connaissent mes chansons, ils connaissent le dernier album qui a de très bonnes critiques en Angleterre et aux Etats-Unis. Il sort en Espagne et en Tchéquie. J’ai du faire deux mille concerts en dix ans.

 

Extendedplayer : Si tu compares avec le public français, y a-t-il des remarques particulières ?

 

Rachid Taha : C’est le même qu’ailleurs. Tout dépend de ce qu’on lui donne. Si tu lui donnes pareil que les autres il réagit de la même manière, spontanément. Il fait la fête en général.

 

Extendedplayer : Et comment s’est fait le travail avec Gaëtan Roussel et Mark Plati, ensemble déjà sur le « Bleu Pétrole » d’Alain Bashung, avec qui on ne peut s’empêcher de faire le parallèle ?

 

Rachid Taha : Cela s’est fait tout à fait naturellement. C’est une rencontre. C’est le bonjour qui s’est prolongé. J’avais beaucoup de titres et le choix a été fait d’une façon assez rapide et agréable. On s’est entendu tout de suite sur les morceaux, autant avec Mark qu’avec Gaëtan et l’équipe autour de moi. C’est pour ça que ça a été très vite.

 

Extendedplayer : Le disque met de bonne humeur l’auditeur. On l’écoute du début à la fin. La pochette est elle aussi en osmose avec cet état d’esprit.

 

Rachid Taha : Oui. Je te remercie.

 

Extendedplayer : Tu as travaillé aussi avec ton fils. Quelle importance cela revêt-il pour toi ?

 

Rachid Taha : Il a fait de la programmation. Il est dans le rap, lui. C’est agréable d’avoir fait ça. C’est toujours bien de travailler en famille. C’est ma femme aussi qui a fait la photo. Je fais travailler la famille.

 

Extendedplayer : Symboliquement, tu as troqué le béret contre le stetson et la bio fait allusion au far-west algérien. Qu’est-ce que ça représente pour toi ?

 

Rachid Taha : C’est juste que j’aime bien les westerns, quand au far-west algérien, c’est une blague.

 

Extendedplayer : Finalement, il n’y a que dix titres sur l’album. A l’heure où on profite de l’espace disponible sur le cd pour faire du remplissage, c’est une option contraire qui permet d’avoir un album très cohérent et écoutable d’une traite, sans ennui.

 

Rachid Taha : C’est fait pout ça. Au départ on voulait plein de morceaux et puis finalement on s’est dit qu’il y en avait marre de faire trente six mille titres on ne sait pas pourquoi. Il vaut mieux en mettre dix que l’on a envie de réécouter que d’en  mettre une quinzaine.

 

Extendedplayer : Tu as travaillé avec Rodolphe Burger. Tu as craqué sur son jeu de guitare ?

 

Rachid Taha : Oui. On se voit souvent avec Rodolphe. Parfois il joue de la guitare avec moi sur scène. C’est un ami.

 

Extendedplayer : Les chansons sont en partie écrites en arabe et transcrites ainsi dans le livret. Il ne figure à chaque fois qu’une petite phrase de synthèse en français pour donner l’esprit du texte. Il semblerait que cela donne plus de force aux titres.

 

Rachid Taha : C’est ma manière de voir les choses. Souvent lorsque l’on veut adapter ou traduire on trahi le texte. Là j’ai trouvé une espèce de lien philosophique qui puisse donner le sens du texte tout en laissant à chacun sa façon de comprendre. C’est ce que j’ai voulu faire.

 

Extendedplayer : Merci beaucoup et bonne continuation.

 

Rachid Taha : Merci. Tchao !

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Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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