Habitué au premier album aux consonances très acoustiques du duo Robin Feix-Anna Berthe, on se laisse cette fois surprendre par un genre sonore presque aux antipodes. En entrée, « Genesis » semble taillé dans l’ombre d’un « Closer » signé Joy Division. C’est l’impression imposée par une dominante d’apparence froide, métallique et réverbérée. Les titres sont portés davantage sur les ambiances que sur les rythmiques et les phrasés vivants et sautillants qu’amenait auparavant la basse, même si cette dernière conserve sa belle vitalité. En fait le duo est très vite devenu quatuor pour les tournées. Michael Garçon, échappé d’AS Dragon, aux claviers, et Gérard Gacoin à la batterie. Du coup, la complicité rapidement établie en tournée entre les musiciens a permis au style d’évoluer avec les complémentarités de chacun. La voix d’Anna conserve son calme mélodique, mais s’inscrit dans des volutes éthérées, souvent aériennes. Il faut laisser passer un peu de temps avant de se laisser happer. Ensuite, on entre dans le conceptuel. L’album s’impose dans sa globalité. Les couleurs apportées par les claviers dynamisent la machine rythmique qui a largement gagné en puissance. Exemple avec les interventions instrumentales bien senties de « Cocktail ». Certains passages touchent au sublime. Il suffit de le gagner en acceptant cette étonnante évolution musicale. Et puis, référence oblige, c’est Martin Rushent qui accompagne le groupe dans la réalisation du disque.

CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ PAR :

Marc Sapolin
De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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