Ma guitare est rouge, j’ai du sang sur les mains… » Ainsi débute l’album de Mathis Haug avec les mots de « Playing My Dues » un disque de blues, donc de guitare(s). La définition indiquée sur la pochette semble convenir à merveille : folk-blues contemporain. L’acoustique se mêle des univers d’arpèges et l’électrique au crunch sensuel se pose en guide émotionnel. Un équilibre dont la sobriété révèle la maîtrise artistique. Dès le second titre, « Birthday Cake », les guitares, dont la slide, sont comme l’écume à l’arrivée des vagues sur les roches d’un rivage abrupte. Soutenues par un tempo de batterie enlevé et aéré. La densité est dans l’épure. Un strict nécessaire rendu possible grâce à l’exceptionnel grain de voix de Mathis Haug. Toute comparaison serait idiote est malvenue, des graves et une légère nasillance caractéristique suffisent à la rendre unique. Néanmoins, avec « Pickpocket », il devient difficile de retenir un parallèle pour le moins valorisant : ce morceau – une pure merveille -, fait de Mathis Haug un Otis Reding du XXIème siècle, à l’image pénétrante de sa musique. Comme quoi il est évident que la surenchère n’est pas nécessaire pour que l’émotion pointe sur la partition, avec une voix superbe, qu’elle soit chantée ou use du spoken word (« 5mn Conspiracy »). L’interprétation des titres compte quatre musiciens grand maximum, et ce sur seulement deux morceaux. Le blues allemand existe ! La preuve avec Mathis Haug : « My guitar is burning, I have blood in my hands… »

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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