Ce qu'il y a là-haut couv C’est avec « Vies Sucrées » que l’on a fait connaissance de l’auteur (voire chronique sur la page littérature/romans d’leasapolin.fr/EP/). Après un petit tour sur son site naît l’envie urgente de lire « Ce qu’il y a là-haut », en raison de sa thématique et de l’aspect tout en positivité de sa présentation. Contact est pris avec Dolomites Editions pour en savoir plus. Le roman entre les mains, c’est parti. Contrairement à la représentation projetée initialement, on découvre que le roman a une autre ambition que celle de vouloir montrer ce qu’il y a après la vie. L’entrée en matière est progressive. D’abord la réalité. Une réalité tout ce qu’il y a de plus ordinaire. Un  couple en perdition, des projets contrariés, envisageables alors sous d’autres angles. Joseph Ingrassia pose d’abord ses personnages, leur donnant corps là où la vie s’emballe généralement, vers la cinquantaine, alors que remontent en surface nouveaux projets, vieux démons, frustrations et incrédulité. Juste un couple qui n’est plus sur la même longueur d’onde, chacun devant alors prendre des décisions pour continuer d’avancer autrement. Mais déjà, à ce point de l’histoire, le mari trompé montre, malgré sa peine, une étonnante capacité à rebondir avec philosophie, comme une fuite en avant salvatrice. Alors qu’en parallèle – et cela est très bien rendu, rappelons que l’auteur est médecin -, une autre douleur s’empare insidieusement du « héros ». Discrète d’abord, mais de plus en plus régulière, à en devenir inquiétante, au point de nécessiter une série conséquente d’examens. Bien sûr, il s’agit d’un cancer. Le traitement adéquat va être envisagé. Tout l’attrait de ce roman tient dans cette capacité à affronter – bien que le mot soit bien loin d’être idéal en ces circonstances -, le mal, la douleur, le rapport aux autres… Ce n’est pas une « lutte pour la survie » qui s’organise, mais tout simplement la vie qui s’éveille à la conscience. Confrontée aux doutes de l’après, le présent revêt soudain une autre importance. La réalité du passage sur terre nécessite un recul qui se doit d’être associé à toute implication active. Les interférences sont complémentaires, développant ensemble une capacité à s’éloigner des peurs et envisager différemment jusqu’à ses plus profonds ressentiments. Passé le cap de la compréhension et de l’acceptation, envisager le futur et son après implique l’adoption d’une attitude autre, qu’il n’est possible de tenir que si l’on détient le sésame de ce tout que sont ensemble la vie et la mort. C’est bien au-delà des clichés que Joseph Ingrassia veut transporter le lecteur, plus avant l’idée simplissime que « la vie vaut d’être vécue », cela tout en reconnaissant et souffrant de l’imminence funeste. Le rôle de l’entourage, de l’accompagnement professionnel, tout a son importance, sachant toutefois que cela ne tient qu’à la condition que la personne concernée soit en état de percevoir, de comprendre et d’assimiler toutes ces informations auxquelles nous ne sommes absolument pas préparés. « Ce qu’il y a là-haut » montre un homme qui va conserver jusqu’au bout son instinct de survie, à force de mener à bien ses projets. Et, à l’intérieur même de ces fameux projets, il va progressivement intégrer la disparition imminente et en tirer de bénéfiques atouts. L’humour du personnage, très présent dans le roman, s’il sert à dédramatiser, démontre surtout un pouvoir et une capacité à  « combattre » tout en acceptant la finalité. Et l’auteur dispose, parmi ses qualités, de cette incroyable propension à bâtir, avec cette impressionnante maitrise du détail, une œuvre chronologiquement aboutie et réussie.

 

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De l’organisation de concerts aux interviews d’artistes il n’y avait qu’un pas. Plus de vingt-cinq ans de rencontres avec les artistes et toujours la passion de la découverte.

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