Les chansons de Gisèle Pape se caractérisent par un important travail d’ambiances, la musique en véritable complémentarité des paroles. « Sirène » a cette fluidité aquatique écaillée qui donne finalement un ton reconnaissable retrouvé dès « Moissonner », le titre suivant. Est-ce que l’influence de Claire Diterzi vaut pour Gisèle ? On y pense ici, par le travail entre autre des chœurs voluptueux intensifiant couplets et refrains, et par cette manière de faire scander beaucoup de petites interventions musicales échappées de sa fourmilière inventive. Le rythme global est plutôt down tempo, assez lent dans l’ensemble, et affirme une recherche de profondeur. Le violoncelle de « Nuit » par exemple, y contribue à loisir. Ainsi se présentent ces six morceaux, rêverie solitaire et baroque, la concision des détails permettant de se plonger à loisir dans ces titres, en découvrant à chaque fois de nouvelles petites surprises mélodiques.

